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Politique - Présidentielle

Sleiman Frangié surfe sur la vague du consensus

« Je ne suis pas le candidat du Hezbollah, mais le parti chiite me fait confiance », affirme le chef des Marada.

Sleiman Frangié surfe sur la vague du consensus

Le chef des Marada, Sleiman Frangié, lors de son interview télévisée jeudi soir. Photo tirée de sa page Facebook

C’est en candidat « rassembleur » et ouvert à tous les protagonistes que s’est efforcé de se présenter, jeudi soir, le chef des Marada, Sleiman Frangié, à près d’un mois de la fin du sexennat de Michel Aoun. Au lendemain de l’appel conjoint de la France, des États-Unis et de l’Arabie saoudite en faveur de l’élection d’un président « qui puisse unir le peuple libanais et travailler avec les acteurs régionaux et internationaux », le leader de Zghorta a saisi la perche tendue. Lors d’une entrevue de plus de deux heures accordée à la chaîne locale MTV, M. Frangié s’est attelé à nuancer ses orientations et ses allégeances politiques au camp du 8 Mars pour mieux se rapprocher du profil consensuel souhaité. D’emblée, M. Frangié a voulu balayer certains « préjugés » en affirmant qu’il n’est pas le candidat du Hezbollah, bien qu’il revendique sa proximité avec le parti chiite et le régime syrien de Bachar el-Assad. « Je ne suis pas le candidat du Hezbollah, mais le parti chiite me fait confiance parce que je ne le poignarde pas dans le dos, et je n’ai pas peur d’être sanctionné » internationalement, a déclaré M. Frangié, dans une pique à l’un de ses concurrents, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, allié du parti chiite pro-iranien qui fait l’objet de sanctions américaines pour corruption. Prié de réagir aux propos du chef du parti orange qui, le même jour, avait déclaré dans un entretien au quotidien an-Nahar qu’il ne voterait pas pour lui même si Hassan Nasrallah le lui demandait, Sleiman Frangié a répondu sur un ton badin : « Mon cher Gebran a donné aujourd’hui (hier) cet entretien pour que je réagisse à ses propos. Eh bien je vais m’abstenir. » Dans un podcast diffusé sur le site an-Nahar, le chef du CPL avait déclaré : « Personne ne peut me demander quoi que ce soit qui ne soit pas en conformité avec mes convictions. »

L'éditorial de Issa GORAIEB

Concerto pour un président

À près d’un mois de la fin du mandat de Michel Aoun, M. Frangié a estimé que « les choses s’accélèrent » et que la tendance est pour un compromis. « Cela pourrait contribuer à créer un climat d’entente qui serait en ma faveur », a-t-il estimé. Et d’ajouter : « J’ai appris des Français qu’ils m’apprécient et qu’ils ne vont pas interférer. » Le leader des Marada s’est dit plus optimiste que la dernière fois quant à ses chances d’être élu, « bien que les circonstances n’inspirent pas cet optimisme ». Et de rappeler que la fois précédente, à l’élection de 2016, le Hezbollah avait promis la présidence à Michel Aoun. Ce n’est pas le cas cette fois-ci, a-t-il ajouté, avant de souligner que le parti chiite n’a fait de promesse à personne. Il a justifié cette attitude par « une approche pragmatique que le parti adopte par rapport à ce dossier ». Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’est prononcé, en effet, en faveur d’une candidature de compromis afin d’élire un président dans les délais constitutionnels. « Quoi qu’il en soit, le camp du 8 Mars se présentera au Parlement avec un seul candidat », a dit M. Frangié.

« Libanais arabe et non syrien »

« Je suis ouvert et consensuel et crois dans le dialogue », a encore dit M. Frangié, précisant toutefois qu’il n’est pas « centriste » puisqu’il se revendique clairement proche du Hezbollah. « Je veux être un président rassembleur et non un président de défi. Le Liban traverse aujourd’hui une période exceptionnelle et fait face à une guerre économique destructrice. C’est une situation pire que celle de l’après-guerre civile », a-t-il indiqué.

Portrait

Sleiman Frangié, au nom du grand-père

Dans une tentative de mettre au clair les rapports amicaux qu’il entretient depuis longtemps avec la famille Assad en Syrie, le chef des Marada s’est évertué à expliciter les nuances qui entourent cette relation et que d’aucuns jugent ambiguë. « Je n’ai jamais été (politiquement) syrien », s’est-il défendu, assurant vouloir entretenir de bonnes relations tant avec l’Orient qu’avec l’Occident. Le candidat a souligné en substance n’avoir jamais mis à profit ses bonnes relations avec le régime syrien aux dépens de l’intérêt du Liban ou pour obtenir des faveurs personnelles. Et d’enchaîner : « Il n’y a pas de veto américain sur moi ni même français, et d’après les échos qui me sont parvenus, les Saoudiens n’ont aucun problème avec moi », a assuré M. Frangié.

Le leader de Zghorta s’est défini comme étant « libanais, arabe, maronite, chrétien et non syrien ». « Je suis en faveur de l’arabisme et suis attaché à Taëf depuis le premier jour », a-t-il insisté, comme pour rassurer les Saoudiens qui font du respect de cet accord leur principale exigence. Selon lui, « la neutralité n’implique pas l’hostilité à l’égard de la Syrie ou de l’Arabie saoudite ».

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Forcing international pour une présidentielle « dans les délais »

Le chef des Marada a enfin démenti toute volonté de « livrer le Liban au Hezbollah », estimant que « discuter des armes du parti chiite nécessite des conditions internes, régionales et internationales propices ». Toutefois, il a clairement affirmé qu’« aucun président ne peut parvenir à Baabda sans avoir préalablement obtenu l’accord du tandem chiite, Amal et le Hezbollah ». Selon M. Frangié, « la résistance n’a pas besoin de couverture chrétienne ou autre vu qu’elle a protégé le Liban », une affirmation qui sonne comme une nouvelle critique adressée au CPL, allié chrétien du Hezbollah. Il a par ailleurs considéré que le patriarche maronite, Béchara Raï, « n’est contre aucun candidat à la présidence ». « Nous sommes sur la même longueur d’onde. Et si je suis élu, il n’en sera que plus content », a-t-il dit.Mais ce sont surtout ses propos au sujet de sa relation avec le commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun, qui ont surpris. « Je ne suis pas son adversaire. Mais c’est plutôt lui qui me considère ainsi. Dès qu’il s’agit de briguer la présidence, les choses s’enlaidissent. Je souhaite qu’il annonce son programme », a-t-il dit dans ce qui est apparu être comme un défi. Bien qu’il ne se soit jamais déclaré candidat, le général Joseph Aoun fait partie des figures potentiellement présidentiables et bénéficiant de la confiance des Occidentaux.


C’est en candidat « rassembleur » et ouvert à tous les protagonistes que s’est efforcé de se présenter, jeudi soir, le chef des Marada, Sleiman Frangié, à près d’un mois de la fin du sexennat de Michel Aoun. Au lendemain de l’appel conjoint de la France, des États-Unis et de l’Arabie saoudite en faveur de l’élection d’un président « qui puisse unir le...

commentaires (12)

le Liban mérite et a besoin urgent de beaucoup mieux que "ça".. !

OBEGI CHARLES

14 h 53, le 25 septembre 2022

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Commentaires (12)

  • le Liban mérite et a besoin urgent de beaucoup mieux que "ça".. !

    OBEGI CHARLES

    14 h 53, le 25 septembre 2022

  • A éviter à tout prix , analphabète , inculte eta la remorque de la Syrie et de l iran

    Robert Moumdjian

    05 h 51, le 25 septembre 2022

  • Candidat de compromis. Il est serieux ?????

    Michel Trad

    22 h 13, le 24 septembre 2022

  • Des ados qui se présentent présidentiables

    william semaan

    14 h 23, le 24 septembre 2022

  • Dans tout ce baratin il n’y a pas l’ombre d’un programme pour sauver le pays à part sa soumission aux deux fossoyeurs qu’il veut amadouer à tout prix pour réussir à occuper le poste pour les aider à achever le pays. Désolée mais ce ne sont pas des éléments qui nous poussent à croire à sa mission patriotique qui consiste à sauver notre pays et à réunir les libanais. Cela ne relève plus de consensus mais d’un asservissement total et inconditionnel aux ennemis de la république dont on veut à tout prix combattre pour récupérer la dignité de la nation. NEXT…

    Sissi zayyat

    13 h 33, le 24 septembre 2022

  • Commençons par le début: diplômes? Non non, "petit-fils" ça compte pas…

    Gros Gnon

    12 h 01, le 24 septembre 2022

  • Accordons lui le bénéfice du doute et disons qu’il est sincère. Cependant il oublie une chose essentielle, IL N’A AUCUNE COMPÉTENCE MAIS ALORS ABSOLUMENT AUCUNE POUR PRÉTENDRE ÊTRE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. Sauf le fait d’être maronite mais ils sont plus d’un million de candidats dans ce cas.

    Liberté de penser et d’écrire

    11 h 31, le 24 septembre 2022

  • Il restera toujours fidèle aux Syriens et à la milice iranienne. Il a toujours fait état de son positionnement sous la bannière de la moumanaa. Il n’a aucune réalisation à son actif. Il y a au Liban des milliers de personnes qui ont brillé dans pratiquement tous les domaines. Pourquoi toujours choisir les moins doués ?!

    Goraieb Nada

    08 h 07, le 24 septembre 2022

  • Tout son discours est du baratin. Une seule phrase à retenir : "Le Hezbollah me fait confiance ". Autrement dit: "Le Hezbollah sait qu'avec moi, il pourra conserver tranquillement ses armes et sa mainmise sur le pays ". Voilà qui devrait suffire à l'écarter. Qui n'est pas un candidat de défi au Hezbollah est un candidat de défi au Liban et aux libanais.

    Yves Prevost

    06 h 54, le 24 septembre 2022

  • "… Le Liban fait face à une guerre économique destructrice …" - Mon Dieu, il n’a rien compris aux raisons de la crise!…

    Gros Gnon

    06 h 25, le 24 septembre 2022

  • KAMAL JOUMBLATT NOUS A AMENÉ SLEIMAN FRANGIÉ 1ER ET WALID VA NOUS AMENER SLEIMAN FRANGIÉ 2. LES MARADA DU PREMIER ET À LEUR TÊTE TONY ONT SACCAGÉ LE PAYS. LES MARAD DU 2ÈME VONT FAIRE QUOI AVEC LE 2ÈME TONY ?

    Gebran Eid

    03 h 40, le 24 septembre 2022

  • QU,ATTENDEZ-VOUS D,UN CANDIDAT QUI DECLARE QUE PERSONNE NE PEUT ETRE ELU PRESIDENT SANS L,ACCORD PREALABLE DU TANDEM CHIITE. IL DIT EN MEME TEMPS QU,IL N,EST PAS PROCHE DU HEZBOLLAH PLIS PLUS LOIN QU,IL EN EST PROCHE. IL VEUT JOUER LE CONSENSUEL. LES LIBANAIS ET LES INTERNATIONAUX NE GOBENT PAS DES PAROLES EN L,AIR. CELUI QUI RENIE SON APPARTENANCE AU 8 MARS ET SA COOPERATION AVEC LE HEZBOLLAH ET SA SOUMISSION A BACHAR SE RENIE SOI-MEME. ON NE GOBE PAS. ON A DIT : PAS DE PYGMEE ! QU,IL SOIT GENDRE OU PETIT FILS. JE PEUX M,ETENDRE ENCORE PLUS SUR L,ANALYSE DE CES DECLARATIONS QUI SE CONTREDISENT MAIS JE CEDE LA PLACE AUX AUTRES INTERNAUTES QUI VONT LES DETECTER ET LES DISSEQUER.ET LES EPLUCHER SANS RESERVE CAR IL N,Y A PAS QU,UNE SEULE LIBRE EXPRESSION DANS CE FORUM.

    LA LIBRE EXPRESSION.

    01 h 20, le 24 septembre 2022

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