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Politique - Crise au Liban

Raï insiste sur l'élection d'un président avant la fin du mandat Aoun

Le chef de l'Eglise maronite appelle à "protéger le pouvoir judiciaire contre toute politisation ou compromis".

Raï insiste sur l'élection d'un président avant la fin du mandat Aoun

Le chef de l'Eglise maronite Béchara Raï. Photo d'archives Bulent/Kilic/AFP/Getty Images

Le chef de l'Eglise maronite, Béchara Raï, a une nouvelle fois insisté dimanche sur la nécessité de former un nouveau gouvernement et d'élire un successeur au président Michel Aoun avant la fin de son mandat, le 31 octobre, le risque d'une vacance totale de l'Exécutif continuant de planer sur le Liban en raison du bras de fer opposant le Premier ministre désigné Nagib Mikati à M. Aoun.

Le patriarche a également appelé à protéger le pouvoir judiciaire contre toute "politisation ou compromis" et à "préserver l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth", notamment après une décision du ministre sortant de la Justice, Henri Khoury, de nommer un juge suppléant au dossier, interprétée comme une volonté d'écarter le magistrat en charge, Tarek Bitar.

Les tractations gouvernementales stagnent toujours, bien que M. Mikati ait promis, jeudi dernier depuis Baabda, de se réunir de nouveau avec le chef de l'État à son retour d'un déplacement à l'étranger prévu pour plusieurs jours. "Je ne quitterai pas le palais avant d'avoir formé un gouvernement", a-t-il assuré, alors que son équipe ministérielle gère les affaires courantes depuis le 22 mai. Plusieurs observateurs craignent que M. Aoun ne veuille rester au palais de Baabda après la fin de son mandat, sous prétexte qu'un cabinet sortant ne peut exercer les prérogatives du président.

"La résistance ne se limite pas aux armes"

"Nous haussons la voix pour réclamer la formation d'un nouveau gouvernement capable et l'élection d'un nouveau président de la République qui dispose de qualités autour desquelles il y a une entente parmi les Libanais, avant la fin du mandat du président Michel Aoun, le 31 octobre", a plaidé Mgr Raï dans son homélie dominicale prononcée lors d'une messe pour les "Martyrs de la résistance libanaise" à Mayfouq, dans le caza de Jbeil. 

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Le cardinal Raï a par ailleurs estimé que "la résistance ne se limite pas aux armes", dans une critique implicite de l'arsenal du Hezbollah, seule faction à avoir conservé ses armes après la fin de la guerre civile en 1990. La 'résistance' "englobe la préservation de l'unité interne et la fidélité absolue au Liban (...), a-t-il noté.

Plus tôt dans la journée, le cheikh Nabil Kaouk, membre du Conseil central du Hezbollah, a déclaré que son parti a fait "d'importants efforts au cours des derniers jours pour lever les obstacles et accélérer les efforts pour la formation du gouvernement", exprimant l'espoir qu'un cabinet sera formé avant fin septembre.

Protéger le pouvoir judiciaire 

Le patriarche Raï a également appelé à "protéger le pouvoir judiciaire contre toute politisation, compromis, ou prise d'otage effectuée par des personnes influentes", et a mis en garde contre "toute décision portant atteinte à l'entité" de ce pouvoir. Il a demandé à "préserver l'enquête" sur le drame du 4 août 2020 "afin que justice soit faite et que les coupables rendent des comptes". 

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Ces propos interviennent après que le ministre Khoury a souhaité la nomination d'un juge suppléant dans ce dossier et alors que l'enquête est suspendue en raison des maints recours présentés contre le magistrat Bitar par des responsables et élus poursuivis par la justice. L’Orient-Le Jour a appris de sources judiciaires concordantes que M. Khoury a proposé il y a quelques jours au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) le nom de Samaranda Nassar, 1ère juge d’instruction du Liban-Nord réputée proche du camp Aoun.

Des proches des victimes du drame ont déposé des plaintes contre M. Khoury et son homologue aux Finances, Youssef Khalil, qui n'a toujours pas signé les nominations judiciaires permettant une reprise de l'enquête. Réunis sous l’égide du Rassemblement du 4 août, les familles des victimes ont également réclamé vendredi la formation d’une commission internationale d’établissement des faits sous l’égide de l’ONU.


Le chef de l'Eglise maronite, Béchara Raï, a une nouvelle fois insisté dimanche sur la nécessité de former un nouveau gouvernement et d'élire un successeur au président Michel Aoun avant la fin de son mandat, le 31 octobre, le risque d'une vacance totale de l'Exécutif continuant de planer sur le Liban en raison du bras de fer opposant le Premier ministre désigné Nagib Mikati à M....

commentaires (3)

Pourquoi Aoun veut s’accrocher à Baabda ? Es-ce pour poursuivre son glorieux programme de réformes et de développement .? Ou tout simplement parceque l’idée de voir ses minables adversaires Mikati et Berri maintenus au Pouvoir alors que lui devra dégager lui est tout à fais insupportable ?! La politique au Liban est malheureusement une perpetuelle querelle d’épiciers.

Goraieb Nada

08 h 06, le 20 septembre 2022

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Commentaires (3)

  • Pourquoi Aoun veut s’accrocher à Baabda ? Es-ce pour poursuivre son glorieux programme de réformes et de développement .? Ou tout simplement parceque l’idée de voir ses minables adversaires Mikati et Berri maintenus au Pouvoir alors que lui devra dégager lui est tout à fais insupportable ?! La politique au Liban est malheureusement une perpetuelle querelle d’épiciers.

    Goraieb Nada

    08 h 06, le 20 septembre 2022

  • Le clergé est une partie et non la moindre de la pourriture’ , tous sectes confondus

    Robert Moumdjian

    03 h 55, le 20 septembre 2022

  • LA POURRITURE QU,ELLE SOIT DANS LES RANGS PRESIDENTIELS, DE L,EXECUTIF OU DE LA MAGISTRATURE NE FINIT QUE PAR UN CHANGEMENT TOTAL DE TOUS CES POURRIS.

    LA LIBRE EXPRESSION.

    18 h 19, le 18 septembre 2022

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