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Politique - Présidentielle libanaise

La machine mise en marche : à la recherche du candidat consensuel

Les députés de la contestation entament leurs discussions avec tous les protagonistes; l’échéance a récemment figuré au menu d’une réunion franco-saoudienne à Paris.

La machine mise en marche : à la recherche du candidat consensuel

Des députés de la contestation réunis avec leurs collègues Kataëb, hier, à Saïfi. Photo Twitter @samygemayel

On passe aux choses sérieuses. À sept semaines de la fin du mandat du président Michel Aoun, une dynamique locale et internationale est engagée à la recherche de son successeur. Sur la scène interne, les treize députés relevant du mouvement de contestation ont entamé hier une tournée auprès de tous les protagonistes, espérant pouvoir arriver à un terrain d’entente concernant le futur chef de l’État. Parallèlement, la France et l’Arabie saoudite semblent s’impliquer un peu plus dans le processus, dans une tentative de faire élire un candidat consensuel et d’éviter une vacance à la magistrature suprême, à l’heure où la formation d’un gouvernement de pleins pouvoirs semble reléguée aux calendes grecques.

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C’est dans ce cadre qu’il conviendrait d’inscrire la réunion tenue récemment à Paris entre des responsables français et saoudiens. Il s’agit notamment de Patrick Durel, conseiller du président français pour les Affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, d’Inès ben Karim, responsable du département du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, ainsi que d’un représentant des services de renseignements. Du côté saoudien, ce sont Nizar Alaoula, représentant de la cour royale saoudienne, et l’ambassadeur d’Arabie à Beyrouth, Walid Boukhari, ainsi qu’un membre des SR qui ont pris part à la réunion qui sera suivie par une autre prévue à la fin du mois.Une source informée de la teneur des discussions indique à L’Orient-Le Jour que les participants ont discuté des aides fournies au Liban dans le cadre du fonds commun franco-saoudien établi à la suite du sommet de Djeddah (4 décembre 2021) entre le président français, Emmanuel Macron, et le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane. Concernant la présidentielle, la source précitée croit savoir que les Français ont invité les Saoudiens à presser pour la tenue de l’échéance dans les délais, et donc avant la fin du sexennat Aoun, le 31 octobre. C’est-à-dire à faire pression sur leurs alliés locaux, notamment les Forces libanaises qui menacent de bloquer l’échéance afin de barrer la voie à l’élection d’un candidat du camp opposé. Ce à quoi les représentants du royaume ont rétorqué en faisant valoir que l’important n’est pas le timing de l’élection, mais plutôt d’empêcher l’arrivée à Baabda d’un allié du Hezbollah ou d’une personnalité proche du 8 Mars. Toujours de même source, les deux parties ont convergé sur la nécessité de faire élire un président consensuel. « Ils ne veulent plus répéter l’expérience Michel Aoun. Ils s’attendent à un candidat qui rendrait au Liban sa place sur la scène arabe », souligne un député du camp de l’opposition qui a requis l’anonymat. Quelle incidence pourrait avoir cette réunion sur l’élection présidentielle, dont la date de la première séance n’a toujours pas été fixée par le président du Parlement? Pour Achraf Rifi, député de Tripoli et fervent soutien de Riyad, il est encore tôt pour répondre à cette question. « Nous n’avons encore rien vu concrètement, souligne-t-il à L’Orient-Le Jour. Pour le moment, nous faisons notre devoir pour nous entendre autour d’un candidat. »

La contestation passe à l’acte

M. Rifi faisait référence aux contacts en cours entre les forces de l’opposition dans la perspective de la présidentielle. Hier, le chef des FL, Samir Geagea, qui se veut le rassembleur de cette opposition et qui fait de la confrontation avec le Hezbollah et ses alliés son cheval de bataille, a réitéré son appel à former un camp soudé dans la perspective de cette échéance, d’autant plus qu’une majorité parlementaire étriquée est née des dernières législatives. Lors d’un point de presse tenu à Meerab à l’issue d’une réunion de son groupe parlementaire, le leader maronite a déclaré : « Les protagonistes (de l’opposition) ont la responsabilité de s’entendre sur un candidat unique à la présidentielle. » Le chef des FL renvoie ainsi clairement la balle dans le camp des députés de la contestation qui, dans un premier temps, rechignaient à lui tendre la main. Dans des propos accordés samedi au site web de la chaîne MTV, le chef des FL s’était montré optimiste, affirmant que « les opposants s’entendront sur un candidat d’ici à quelques semaines ». Un avis que plusieurs parlementaires opposants ne partagent pas. « Nous sommes d’accord pour nous entendre. Mais pour accorder nos violons, le plus dur reste à faire », confie l’un d’eux sous couvert d’anonymat.

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De leur côté, les députés de la contestation ont entamé hier leurs pourparlers avec les divers protagonistes afin de leur présenter leur initiative lancée début septembre, axée sur la nécessité d’élire « un président de sauvetage » qui puisse sortir le pays du chaos actuel. La délégation a entamé sa tournée auprès du Tachnag. « L’atmosphère était très positive et le parti s’est dit prêt à nous aider dans notre démarche », souligne Paula Yaacoubian, députée contestataire de Beyrouth ayant pris part à la réunion. Seconde étape à Saïfi pour un entretien avec les quatre parlementaires Kataëb. Là aussi, Melhem Khalaf, également député de Beyrouth, a fait état de « discussions positives ». « Cette initiative nous permettra d’élire un président de sauvetage rassembleur », a-t-il déclaré. Prenant la parole, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a mis l’accent sur l’importance pour les opposants de coordonner dans la perspective d’une « confrontation vers laquelle nous pourrions être menés si certains insistent pour nous imposer leur volonté », dans une pique au camp du Hezbollah. « Nous avons clairement indiqué que lors de cette première étape, il n’est pas question de noms. Il faut d’abord s’entendre sur une approche commune », souligne Mark Daou, député contestataire de Aley, qui était présent à Saïfi.

La délégation est attendue aujourd’hui à Sin el-Fil pour un entretien avec le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, qui avait salué leur initiative. Une réunion est également prévue avec le tandem chiite Amal-Hezbollah, ainsi qu’avec Jamil Sayed, député indépendant de Baalbeck-Hermel. Au programme de la journée aussi, un entretien avec le bloc du Renouveau, regroupant les députés Michel Moawad, Adib Abdel Massih, Achraf Rifi et Fouad Makhzoumi.

Les messages de Raï à Aoun

Dans ses grandes lignes, la démarche des députés de la contestation se recoupe avec les multiples appels lancés par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, pour l’élection d’un chef de l’État capable de sortir le pays de sa crise. Dans une interview télévisée dimanche soir, le prélat a assuré vouloir un président « qui fédère et qui ne présente pas d’intérêts personnels ». Tout en confiant ne pas être convaincu par l’idée du président fort, slogan brandi par le camp de Baabda tout au long du mandat Aoun, Mgr Raï a demandé au chef de l’État de ne pas s’accrocher à son poste après le 31 octobre. « Je conseille au président Aoun de quitter le palais de Baabda avec honneur, tout comme il y est entré », a-t-il plaidé, notant que le président ne pourra plus s’armer de ses prérogatives après le terme de son mandat. Les propos du patriarche sonnent comme une réponse indirecte aux menaces lancées la semaine dernière par Michel Aoun et par son gendre Gebran Bassil dans le cas où un gouvernement de pleins pouvoirs n’est pas formé. « Si un nouveau président n’est pas élu et qu’une équipe ministérielle n’est pas mise sur pied avant le 31 octobre, et s’ils (le Premier ministre désigné Nagib Mikati et ses soutiens) me mettent le dos au mur, plusieurs interrogations entoureront le prochain pas que je vais alors devoir faire », avait lancé le premier dans une interview au quotidien al-Joumhouriya. Le second avait de son côté brandi la menace d’un « chaos constitutionnel ». Évoquant la question des candidatures, Mgr Raï a déclaré : « Il ne revient pas à l’Église de proposer des présidentiables. » Et de préciser que contrairement à 2014, il ne compte pas réunir sous sa houlette les leaders chrétiens à Bkerké. « Je préfère réunir les Libanais », a-t-il dit.

On passe aux choses sérieuses. À sept semaines de la fin du mandat du président Michel Aoun, une dynamique locale et internationale est engagée à la recherche de son successeur. Sur la scène interne, les treize députés relevant du mouvement de contestation ont entamé hier une tournée auprès de tous les protagonistes, espérant pouvoir arriver à un terrain d’entente concernant le...

commentaires (11)

Nous devons etre realistes. Apres trois mandats et demi PRO Hezb, et des elections largement trafiquees, on ne peut pas esperer d'un coup faire elire un president anti Hezb a 100 % (meme si c'est ce qui serait souhaitable dans l'absolu). Force est de composer pour eviter le vide comme la derniere fois (qui a dure 2ans et demi - merci Nabih). En esperant que le Hezb acceptera un president "centriste" qui ne lui soit pas infeode, sans lui etre hostile. Sinon, nous entrerons dans une nouvelle phase de tension et d'incertitude qui ne servira que les interets de la canaille mafieuse qui a mene le pays a la ruine. Kellon ya3ne kellon. Wel Hezb miliciat al mafia....

Michel Trad

21 h 02, le 13 septembre 2022

Tous les commentaires

Commentaires (11)

  • Nous devons etre realistes. Apres trois mandats et demi PRO Hezb, et des elections largement trafiquees, on ne peut pas esperer d'un coup faire elire un president anti Hezb a 100 % (meme si c'est ce qui serait souhaitable dans l'absolu). Force est de composer pour eviter le vide comme la derniere fois (qui a dure 2ans et demi - merci Nabih). En esperant que le Hezb acceptera un president "centriste" qui ne lui soit pas infeode, sans lui etre hostile. Sinon, nous entrerons dans une nouvelle phase de tension et d'incertitude qui ne servira que les interets de la canaille mafieuse qui a mene le pays a la ruine. Kellon ya3ne kellon. Wel Hezb miliciat al mafia....

    Michel Trad

    21 h 02, le 13 septembre 2022

  • Les électeurs de ces clowns d’un genre nouveau doivent se mordre le doigt encore trempé d’encre

    Liberté de penser et d’écrire

    13 h 16, le 13 septembre 2022

  • L’ambiguïté des soi- disants opposants est énervante et contre productive. Réunissez vous tous avec les FL contre le projet obscur iranien archaïque. Point barre !

    Wow

    12 h 09, le 13 septembre 2022

  • Arrêtons pour commencer avec cette expression de « président consensuel ». A force de concessions et de marchandages nous avons fini avec une constitution dissoute et des institutions étatiques inexistantes grace aux fossoyeurs qui n’ont cure de notre nation qui nous ont ramené à l’âge de pierre sous prétexte de résistance alors qu’ils ont toujours résister au sauvetage de notre pays en l’enfonçant dans l’abîme et le chaos pour bien le dominer et en faire une province iranienne. Ces opposants vont ils enfin se réveiller et agir au plus vite pour affronter les seuls ennemis de notre état disloqué et dissolu par leurs soins afin de prendre le contrôle de toutes ses institutions étatiques pour pouvoir un jour profiter des ressources enfouies dans ses profondeurs pour s’armer toujours plus et transformer notre pays en un état voyou à la solde d’autres pays? De quelle preuves ont ils encore besoin pour lutter tel un seul homme face à ce cancer que tout être sensé connaît le remède qui est l’amputation suivie d’une radiothérapie pour l’éradiquer et ainsi brûler toute ramification pour empêcher une métastase. Vu la vitesse à laquelle il se propage, il faut être plus rapide que le mal c’est à dire hier avant aujourd’hui pour sauver Le Liban, ce patient malade qui ne peut plus souffrir de tergiversations et attend la décision de sa famille qui est maintenant l’opposition pour prendre une décision rapide avant qu’il ne rendre l’âme. Au boulot, et soyez à la hauteur de la tâche.

    Sissi zayyat

    11 h 45, le 13 septembre 2022

  • " « Cette initiative nous permettra d’élire un président de sauvetage rassembleur », a-t-il déclaré. Oui! Il faudrait me faire un croquis détaillé de ce "président de sauvetage rassembleur"! Il est tout à fait clair qu'un président de sauvetage doit être approuvé par les pays du Golfe et les Européens, et donc il ne peut être rassembleur....

    Georges MELKI

    10 h 26, le 13 septembre 2022

  • Ridicule leur attitude des contestataires a l'envers des forces souverainistes. Il y a une seul ennemi pournle Liban c'est le Hezbollah et ses alliés. Qu'ils aretent de tergiverser et quils s'allient avec les souverainistes contre les Irano Syriens. Sinon l'episode "election nabih berri" se repetera

    Le Liban d'abord

    09 h 45, le 13 septembre 2022

  • Pourquoi les 13 petits nouveaux traitent de la même façon avec le camp national (FL, Kataëb) qu’avec le camp anti-national (CPL, « duo chiite ») ? Sur injonction de quelle ambassade ? Ils n’ont donc pas compris pourquoi ils ont été élus ?

    Citoyen libanais

    07 h 30, le 13 septembre 2022

  • « un président de sauvetage » devra obligatoirement, pour pouvoir agir, œuvrer à libérer l'Etat de la tutelle hezbollahie. C'est donc Geagea qui a raison en faisant de la confrontation avec la milice iranienne, le premier critère de choix du futur président.

    Yves Prevost

    07 h 26, le 13 septembre 2022

  • Ce n'est pas clair tout ça. Qu'est-ce qu'un candidat de sauvetage versus un candidat consensuel? Nous savons déjà qu'un consensuel aura toutes les caractéristiques du personnage qui ne pourrait rien faire à défaut d'être accusé de ne plus être consensuel, mais plus proche du sionisme. Un candidat de sauvetage serait plutôt celui qui deviendrait en confrontation à la première proposition de réforme. Au moins Geagea a le mérite d'être clair.

    Zovighian Michel

    06 h 48, le 13 septembre 2022

  • "... à la recherche DU candidat consensuel ... arriver à un terrain d’entente concernant LE futur chef de l’État ..." - Donc il est déjà décidé que ni Tracy ni May n'ont leurs chances?

    Gros Gnon

    06 h 16, le 13 septembre 2022

  • JE N,AIME PAS CES REUNIONS DES DITS OPPOSANTS ET CONTESTATAIRES AVEC LES DIVERSES FORMATIONS CAR ILS S,EXPOSENT A L,ACHAT ET A LA VENTE ET EN TANT QUE LIBANAIS JE CONNAIS CETTE PRATIQUE FOLKLORIQUE DES ASPIRANTS AU POUVOIR QUEL QU,IL SOIT DANS NOTRE PAYS. QUE VA-T-ON CHERCHER CHEZ JAMIL SAYYED LE SUPPOT DE DAMAS ? - QUAND AU PATRIARCHE RAI IL A TROP TERGIVERSE POUR COUVRIR LES INCOMPETENTS, CORROMPUS ET VOLEURS DE SA BERGERIE QUI ONT ACCEDE A TOUR DE ROLE A LA PRESIDENCE LES PYGMEES ETANT LES DERNIERS ET LES PLUS GLOUTONS ET ONT DETRUIT COMPLETEMENT LE PAYS. QUE BKERKE SE MELE DIRECTEMENT ET REUNISSE TOUS LES DEPUTES QUI SE PRETENDENT NATIONAUX DE TOUTES LES COMMUNAUTES ET PROPOSE OU TRAVAILLE AVEC EUX A CHOISIR LE CANDIDAT COMPETENT ET INCORRUPTIBLE QUITTE A CE QU,IL SOIT VRAI LIBANAIS AVEC LE LIBAN AWALAN ET LES INTERETS DU LIBAN SACRES. IL DOIT RESPECTER LA CONSTITUTION ET L,APPLIQUER DANS TOUTES SES CLAUSES... SEULE FORCE ARMEE L,ARMEE NATIONALE ET DISSOLUTION DES MILICES. - JE VOIS QUE LE HAKIM EST LE PLUS COMPETENT POUR MENER A BIEN ET A TERME CE TRAVAIL D,HERCULE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    01 h 08, le 13 septembre 2022

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