Le bathyscaphe dépêché au Liban, avec son équipage, en vue de remonter à la surface le bateau échoué le 23 avril dernier. Photo João Sousa
Le bathyscaphe chargé de rechercher des corps de victimes naufragées en avril dernier au large de Qalamoun, au Liban-Nord, a pu être immergé hier matin afin d’entamer sa mission, a affirmé une source militaire à L’Orient-Le Jour. « Le sous-marin a bien été immergé à 8h ce matin (hier matin), la météo nous a aidés », a déclaré cette source, qui n’a pas pu donner d’estimation sur la durée des opérations. « Cela dépendra de l’appareil et de l’eau, et nous prendrons le temps qu’il faut pour extraire les corps », a-t-elle ajouté. Les familles des victimes n’étaient pas présentes lors de l’immersion. « L’équipage a repêché deux pièces de vêtements déchirés », a annoncé la troupe hier en fin d’après-midi, au terme du premier jour des recherches, assurant que le sous-marin « poursuivra sa mission ultérieurement ».
Achraf Rifi, député de Tripoli qui avait lancé l’initiative de la location de ce sous-marin, face à l’incapacité matérielle de l’État et de l’armée d’extraire l’épave et les corps des disparus, qui se trouveraient à environ 400 mètres de profondeur, a confirmé à L’OLJ l’immersion du bathyscaphe. Il précise que l’appareil a été loué pour sept jours de plongée et que chacune de ces plongées durera huit heures. Ce projet est financé par des Libanais expatriés en Australie.
Le lancement des opérations devait avoir lieu lundi matin, en présence des proches des disparus et de la presse, mais avait été reporté en raison des mauvaises conditions météorologiques. La mission de ce sous-marin est de récupérer l’épave de l’embarcation qui avait coulé peu après son départ de Tripoli en direction des côtes européennes, ainsi que les dépouilles mortelles de passagers toujours portés disparus.
Près de 85 passagers avaient embarqué sur un bateau clandestin en avril pour échapper à la crise économique au Liban, mais celui-ci avait été intercepté par l’armée à environ 5,5 kilomètres des côtes libanaises, avant de faire naufrage. Les causes de ce naufrage font l’objet de deux versions contradictoires : l’armée affirme que le bateau de fortune a coulé à cause de la surcharge des passagers à son bord. Les rescapés, quant à eux, assurent que le bateau des militaires est entré en collision avec l’embarcation.
Arrestation de migrants
Ce naufrage dramatique n’a pas découragé les candidats à l’émigration illégale par voie de mer. Les tentatives d’émigration illégale se multiplient depuis des mois dans un Liban en plein effondrement socioéconomique. Les départs sont parfois déjoués par les forces de l’ordre, notamment ceux qui sont prévus à partir du littoral nord, et plus particulièrement au niveau des côtes du Akkar, depuis que les départs de Tripoli passent plus difficilement inaperçus. Les migrants cherchent à atteindre en priorité les côtes italiennes, et parfois grecques.
Ainsi hier, l’armée a arrêté dans la région de Bebnine-Abdé, au Akkar, 113 personnes de nationalités libanaise, syrienne et palestinienne qui s’apprêtaient à prendre clandestinement la mer afin de se rendre en Europe. Ces arrestations ont eu lieu lors de plusieurs perquisitions, rapporte notre correspondant local Michel Hallak. L’embarcation que devaient utiliser ces personnes pour leur traversée était ancrée sur la côte de Abdé. Parmi ces candidats à l’émigration illégale, dont la plupart se trouvaient dans un même entrepôt, figuraient principalement des familles avec enfants. Une enquête est en cours afin d’identifier les instigateurs de cette traversée clandestine.


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