Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz. Photo d'archives AFP
Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a prévenu lundi qu'une "attaque du Hezbollah contre le champ de Karish au large d'Israël pourrait mener à plusieurs jours de combats", mettant en garde contre une "tragédie" si son pays mène une guerre contre le Liban.
Ces propos interviennent trois jours après que le Hezbollah a une nouvelle fois souligné la nécessité pour le Liban d'obtenir ses droits dans le cadre du tracé de la frontière maritime avec Israël en vue d'éviter une "escalade". Ces prises de position ont été pointées du doigt par la presse israélienne, qui a dénoncé des "menaces" du parti chiite pro-iranien qui serait "prêt" à la guerre.
"Tragédie" pour le Liban
"Le gouvernement israélien a dit clairement que le gisement de Karish était situé au sud de la zone disputée, il n'y a pas débat à ce sujet. Et le gisement produira (du gaz naturel) lorsqu'il sera prêt à produire", a déclaré lundi M. Gantz dans une interview à la radio 103 FM. "L'Etat d'Israël est à la fois prêt à protéger ses actifs et prêt à arriver à un accord avec le gouvernement libanais via la médiation américaine sur le gisement de Sidon", un autre champ nommé Cana par les Libanais, a ajouté M. Gantz. "Je crois que dans le futur, il y aura deux plateformes gazières, une de notre côté, une du leur. Et j'espère que nous n'aurons pas à passer par un nouveau round d'affrontements avant cela", a ajouté le ministre.
Interrogé sur la possibilité qu'une attaque du Hezbollah contre un "champ gazier israélien" puisse mener à une "escalade" militaire, voire une "guerre", le ministre a répondu par l'affirmative. "Oui, car cela pourrait engendrer une réaction, conduire à plusieurs jours de combats et à une campagne militaire. Nous sommes forts et préparés à ce scénario, mais nous n'en voulons pas", a déclaré M. Gantz, qui a estimé qu'un tel conflit constituerait "une tragédie pour l'État libanais et les citoyens". Il a espéré que "les choses vont rentrer dans l’ordre" concernant le litige.
"Menaces" du Hezbollah
Dans la presse israélienne, l'activité et les propos menaçants du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ont été fustigés au cours des derniers jours. Vendredi, ce dernier avait une nouvelle fois souligné la nécessité pour le Liban d'obtenir ses droits en vue d'éviter une "escalade". "Les regards au Liban doivent se porter sur le champ de Karish et la frontière, et non pas sur Vienne", a estimé Hassan Nasrallah dans un discours, pointant du doigt l'émissaire américain Amos Hochstein qui, selon lui, "continue de perdre un temps de plus en plus serré". "La frontière maritime, le champ de Karish, le pétrole et le gaz ainsi que les droits du Liban ne sont pas liés à l'accord sur le nucléaire", a affirmé le dignitaire chiite. "Si ce qui est revendiqué par l'État libanais lui est accordé, nous nous dirigeons vers le calme, que l'accord sur le nucléaire soit signé ou pas", a affirmé le leader chiite. "Si le Liban n'obtient pas ses droits, nous nous dirigeons vers l'escalade", a-t-il mis en garde.
Selon une analyse publiée lundi dans le quotidien Haaretz, le Hezbollah est "prêt à prendre le risque de mener une guerre (contre Israël) pour aider le Liban à obtenir ce qu'il pense que le pays mérite", et ce avant la fin des négociations au sujet du tracé de la frontière maritime. Déjà samedi, la chaîne israélienne Kan avait affirmé que le Hezbollah a déployé une unité de forces de combat, baptisée “Unité Radwane” (Unité des gardiens du paradis), le long de la frontière libanaise méridionale. Elle a noté que les miliciens "se moquent des soldats israéliens qui se trouvent de l'autre bord de la frontière" et les "menacent".
Depuis l'arrivée début juin d'une plateforme gazière dans le champ gazier de Karish, les tensions se sont ravivées entre la formation de Hassan Nasrallah et l’État hébreu, parallèlement à une médiation sur le tracé de la frontière maritime menée par Washington. L'émissaire américain, Amos Hochstein, était revenu à Beyrouth au début du mois d’août avant de se rendre directement à Tel-Aviv.
Alors que les responsables semblaient optimistes quant à une résolution de ce litige d'ici septembre, un report du début des extractions du champ de Karish semble être envisagé côté israélien, afin d’éviter une escalade, à condition que les négociations se poursuivent. L’accord pourrait ainsi être repoussé à après la fin du mandat du président libanais Michel Aoun, fin octobre, mais aussi après les élections législatives en Israël, qui doivent se tenir en novembre.




["les miliciens "se moquent des soldats israéliens qui se trouvent de l'autre bord de la frontière" et les "menacent".]... avec pieds-de-nez et grimaces??? Ça semble sérieux! Les miliciens qui se sont déployés pour provoquer l'ennemi à coup de grimaces et de langue tirée... Prions que les autres ne fassent pas de même, mdr. Quelle scène de théâtre. Ils ont besoin les uns des autres mutuellement... et se fichent de nos gueules.
05 h 46, le 24 août 2022