Ciro Immobile, l’avant-centre de la Lazio Rome (à droite sur la photo), aborde toujours aussi affamé la nouvelle saison de Serie A. Il veut égaler un record, être le meilleur buteur du championnat d’Italie de football pour la cinquième fois, et montrer qu’il a digéré le fiasco de la Nazionale sur la route du Mondial au Qatar en fin d’année. Vincenzo Pinto/AFP
Ciro Immobile, l’avant-centre de la Lazio Rome, aborde toujours aussi affamé cette nouvelle saison de football où il veut égaler un record – être meilleur buteur de Serie A pour la cinquième fois – et montrer qu’il a digéré le fiasco de la Nazionale sur la route du Mondial.
« Que Ciro Immobile continue de marquer beaucoup de buts... » C’est le premier vœu exprimé par Roberto Mancini quand il a été interrogé dans la presse sur ses attentes avant la reprise du championnat d’Italie. Le sélectionneur italien et ex-attaquant de la Lazio (1997-2000) a été entendu : « Ciro il Grande » a sorti les Laziali d’un mauvais pas en marquant le but décisif de la victoire inaugurale contre Bologne (2-1) dimanche dernier.
Rejoindre Nordahl
Ce début tonitruant est une habitude pour Immobile, buteur lors du premier match de la saison pour la cinquième fois de suite. Mais cela ne l’a pas empêché de laisser exploser sa joie sous le virage nord du Stadio olimpico, celui des ultras laziali. « Ce but est pour le peuple lazial », a confié le capitaine romain qui avait démontré son attachement au maillot avant le match en publiant une vidéo pour soutenir la campagne d’abonnement (23 000 abonnés pour le moment). « Cette équipe a montré un grand caractère, ce qui nous avait un peu manqué jusqu’ici. On a fini cinquièmes la saison dernière, avec un changement de dispositif. Cette année, pas d’excuses. Beaucoup de bons joueurs sont arrivés, il y a un grand potentiel », a-t-il ajouté sur la chaîne Sky Sport.
Même si plusieurs autres gâchettes de Serie A ont marqué dès la 1re journée (Vlahovic, Lukaku, Osimhen, Jovic), Immobile montre qu’il entend bien défendre sa couronne de meilleur buteur du championnat de 1re division, conquise en mai dernier pour la quatrième fois de sa carrière : trois fois avec la Lazio (2018, à égalité avec Mauro Icardi, 2020 et 2022) après l’avoir été en 2014 avec le Torino, adversaire de la Lazio cette nuit. S’il y parvenait, Immobile égalerait le record de cinq titres, exploit que seul le Suédois Gunnar Nordahl a jusqu’ici réussi en Italie, dans les années 1950, avec l’AC Milan.
Meilleur buteur en activité du championnat avec deux buts d’avance sur Fabio Quagliarella (183 contre 181), l’avant-centre de la Sampdoria Gênes, le capitaine romain est aux portes du top 10 historique des buteurs. Actuellement douzième, il n’a plus que six buts à mettre pour dépasser le trio Del Piero-Signori-Gilardino qui le devance, ce qui pourrait aller vite pour un attaquant qui tourne à une moyenne de 25 buts par championnat sur ses six saisons à Rome.
Mancini compte sur lui
Au-delà des chiffres, Immobile a aussi un blason à redorer auprès des Italiens, qui n’ont pas oublié le zéro pointé des attaquants azzurri contre la Macédoine du Nord (0-1) en mars dernier, privant la Nazionale de Mondial au Qatar. Dans la foulée de ce « crash », plusieurs médias avaient suggéré à Mancini de tourner la page Immobile, lui qui était déjà l’avant-centre titulaire lors du précédent fiasco de 2017 contre la Suède en barrages du Mondial 2018 (0-1, 0-0).
Face aux critiques, l’attaquant des champions d’Europe (55 sélections, 15 buts) s’est posé la question d’une éventuelle retraite internationale à 32 ans. Blessé, il n’a pas disputé les matches internationaux de juin. Mais Mancini compte toujours sur lui : « Nous nous sommes parlé et il ne m’a rien dit. Pour moi, il n’y a donc aucun problème », a assuré le sélectionneur à la Gazzetta dello Sport. Le « Mancio » n’a de toute façon pas beaucoup d’alternatives : à l’exception de la Lazio, les grandes équipes de Serie A s’appuient toutes sur des avant-centres étrangers. Andrea Belotti pourrait se contenter d’un rôle de joker de luxe à la Roma. Moise Kean stagne à la Juventus. Et le jeune Gianluca Scamacca (23 ans) doit encore grandir, ce qu’il est parti faire en Premier League à West Ham. De quoi inciter Mancini à répéter encore souvent son vœu : « Que Ciro Immobile continue de marquer... »
La « révolution des portiers »
En prouvant au monde entier que les gardiens savaient se servir de leurs pieds, le Colombien René Higuita a contribué à révolutionner ce poste et ouvert la voie à une génération de portiers devenus indispensables dans la construction du jeu. Aujourd’hui, Manuel Neuer, Marc-André ter Stegen, Ederson et Allison apparaissent comme des prototypes de gardiens modernes, capables de dribbler balle au pied et de relancer proprement. Une évolution liée à l’interdiction de prendre le ballon à la main sur une passe d’un coéquipier, imposée par la FIFA en 1992 après de trop nombreux abus.
« Les grands du football comme Pelé et (Diego) Maradona (étaient) de très bons joueurs, mais ils n’ont pas fait changer une règle à la FIFA », déclare, avec un brin de désinvolture, René Higuita lors d’une vidéoconférence. Surnommé « El Loco » (« Le Fou ») à cause de ses raids balle au pied loin de sa surface et, surtout, de son mythique coup du scorpion contre l’Angleterre en 1995 (un arrêt acrobatique des deux pieds jetés au-dessus de sa tête), l’ancien international colombien a montré que les gardiens n’avaient pas tous les pieds carrés et pouvaient participer au jeu.
En 1992, juste avant les Jeux olympiques de Barcelone, la FIFA amende la règle de la « passe en retrait » au gardien et décide que récupérer le ballon à la main serait une faute donnant lieu à un coup franc indirect dans la surface. La seule solution fut dès lors d’utiliser les pieds. Higuita estime avoir « inspiré » ce changement majeur, qui a révolutionné un football à l’époque, très critiqué pour sa lenteur. Le Mondial 1990 en Italie avait en effet été douloureux pour les fans. « La FIFA a mis fin à une chose horrible (...), presque toutes les équipes jouaient vers l’arrière pour donner la balle au gardien », rappelle l’historien du sport Luciano Wernicke. L’Argentin Sergio Goycochea, le Costaricain Luis Gabelo et l’Italien Walter Zenga « retenaient la balle dans leurs mains pendant une éternité » pour gagner du temps, ajoute-t-il.
Attention aux bourdes
Higuita était habile de ses pieds. Tireur de penalty et de coups-francs, il a inscrit 43 buts au cours de sa carrière et participait à l’animation offensive. Un style de jeu que ne partageaient pas ses homologues... « El Loco » s’en amuse : lors des premiers matches après l’entrée en vigueur de cette norme, certains gardiens continuaient « d’attraper le ballon avec les mains ». « Pour nous, ce fut une grosse surprise (...). Nous n’étions pas habitués », confirmait récemment l’ex-gardien international espagnol Santiago Canizares.
D’autres, comme la légende barcelonaise Andoni Zubizarreta, étaient opposés à cette loi. Elle « limite le gardien », disait-il au quotidien espagnol El País en 1992. Pas sûr que la génération actuelle l’entende de cette oreille. Ederson à Manchester City, Alisson à Liverpool et Neuer au Bayern Munich ne se privent pas de dribbler un attaquant au pressing ni de délivrer des passes décisives... Le football « est aujourd’hui plus rapide, (il y a) plus de mobilité, chaque jour le gardien doit travailler un peu plus avec ses pieds pour soutenir l’équipe », estime Higuita.
Cependant, attention à ne pas trop se prendre pour un joueur de champ !
Contrôle raté, sortie balle au pied incontrôlée, relance hasardeuse... Les bourdes de gardien se sont multipliées depuis la réforme. Higuita lui-même a commis une grosse boulette au Mondial 1990 en perdant le ballon au milieu du terrain face à Roger Milla. Le Camerounais a ensuite marqué dans la cage vide et éliminé la Colombie de la compétition en 8es de finale. « El Loco » continue malgré tout de plaider le changement trente ans après. « On parle beaucoup d’instaurer un temps réel (de jeu) comme au basket », dit-il. Voilà une idée moins périlleuse qu’un dribble devant sa ligne de but...
Barrages aller de C3 et C4
Par ailleurs, jeudi tard la nuit en barrages aller de la Ligue Europa (C3), les Moldaves du Sheriff Tiraspol, qui avaient réussi à se hisser en phase de groupes de la Ligue des champions (C1) lors de la saison 2021-2022 où ils avaient notamment battu le Real Madrid, ont été tenus en échec (0-0) par les Arméniens de Pyunik. Tout comme l’Olympiakos contre le club chypriote de Limassol (1-1). Le Fenerbahçe a en revanche, lui, pris l’ascendant sur l’Austria Vienne (2-0).
Dans les autres rencontres de la soirée, en barrages aller de la Ligue Europa Conférence (C4), Nice s’est fait surprendre (1-0) par le Maccabi à Tel-Aviv, en Israël. Les Aiglons, peu convaincants pour le moment en championnat de France (12es avec seulement 2 points après deux journées), avaient pourtant dominé le premier acte, mais ont fini par céder au retour des vestiaires. Le club français devra se surpasser le 25 août à domicile pour espérer disputer la phase de poules. Villarreal, qui avait atteint la saison passée les demi-finales de la C1, est en position beaucoup plus favorable après sa nette victoire (4-2) face aux Croates du Hajduk Split. Autre club de renom, West Ham a aussi dominé (3-1) ses modestes adversaires du soir, les Danois de Viborg, qui n’ont jamais disputé une phase de poules européenne. Le Slavia Prague a été dominé (2-1) par les Polonais de Czestochowa. Anderlecht a en revanche de quoi être plus optimiste après sa victoire (1-0) face aux Young Boys de Berne.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine