Un sur six : le Real Madrid, vainqueur de la Ligue des champions en mai dernier, a battu l’Eintracht Francfort (2-0) mercredi soir, à Helsinki, en Finlande, pour soulever la cinquième Supercoupe de l’UEFA de son histoire et lancer son exercice 2022-2023 avec un premier titre sur les six à rafler cette saison. Javier Soriano/AFP
Après trois années de montagnes russes, les deux mastodontes espagnols du football mondial que sont le Real Madrid et le FC Barcelone (Barça) sont revenus au sommet et promettent un bras de fer alléchant pour la couronne en LaLiga, qui débute aujourd’hui. Et en Italie, dont le championnat débute lui aussi ce week-end, l’AC Milan va avoir fort à faire pour défendre sa couronne lors d’une nouvelle saison de Serie A très ouverte, à partir de demain samedi, contre l’Inter Milan avec le revanchard Romelu Lukaku, la Juventus Turin avec l’attendu Paul Pogba ou l’AS Rome avec le « joyau » Paulo Dybala.
Lewandowski-Benzema : duel de goleadors
Que la fête commence ! Après un été haletant, qui a vu Kylian Mbappé tourner le dos au Real Madrid et le FC Barcelone enchaîner les recrues de premier rang, le championnat d’Espagne s’apprête à livrer ses premières vérités dès ce week-end. En cette saison de Coupe du monde (20 novembre-18 décembre), beaucoup de joueurs auront l’esprit tourné vers cette échéance internationale. Mais toute l’Espagne attend d’abord de voir les nouveaux visages briller en LaLiga.
Le Barça, endetté à hauteur de 1,35 milliard d’euros il y a un an, a réussi un tour de force cet été : en vendant de futures sources de revenus, en multipliant les emprunts et les contrats de sponsoring, le club catalan a réussi à renflouer sa trésorerie pour attirer cinq nouveaux joueurs. Et quels joueurs ! En tête d’affiche, Robert Lewandowski. Le buteur polonais de 33 ans, qui brillait au Bayern Munich depuis huit ans, a débarqué en Catalogne pour s’approprier le maillot n° 9
et servir de guide aux nombreuses pépites du Barça. Son duel à distance avec Karim Benzema, qui a écrasé le championnat d’Espagne par ses buts la saison passée et qui a encore offert la Supercoupe de l’UEFA au Real Madrid mercredi dans la nuit à Helsinki (2-0 contre l’Eintracht Francfort), s’annonce passionnant.
Outre le Polonais, l’Ivoirien Franck Kessié (arrivé libre de l’AC Milan), le Danois Andreas Christensen (arrivé libre de Chelsea), le Brésilien Raphinha (58 millions d’euros, en provenance de Leeds) et le défenseur international français Jules Koundé (50 millions d’euros, en provenance du Séville FC) sont venus renforcer les rangs catalans. « C’est une nouvelle ère de splendeur », a avancé Joan Laporta, le président blaugrana, début août. Mais les Catalans doivent d’abord libérer de la masse salariale pour espérer inscrire toutes leurs recrues auprès de la LaLiga avant leur premier match de la saison, demain soir au Camp Nou face au Rayo Vallecano.
L’Atlético et Séville en embuscade
Mais même avec toutes ces nouvelles têtes au Barça, il ne sera pas facile d’ôter la couronne espagnole de la tête du Real Madrid. La Maison blanche, impressionnante d’efficacité depuis le retour de Carlo Ancelotti l’an dernier, a raflé tous les trophées possibles en 2022, hormis la Coupe du roi. Cet été, le camouflet Mbappé digéré, le Real s’est renforcé en attirant Antonio Rüdiger (arrivé libre de Chelsea) et le jeune espoir français et ex-milieu de terrain de Monaco Aurélien Tchouaméni, pour lequel les Merengues ont dépensé 80 millions d’euros, la recrue la plus chère du Real depuis Eden Hazard en 2019. Hazard, justement, semble avoir laissé ses blessures derrière lui, et a promis aux supporteurs, lors de la célébration du sacre en Ligue des champions (C1) en mai dernier, de se montrer sous son meilleur jour cette saison.
Dans l’ombre de ces deux géants, d’autres clubs restent en embuscade. L’Atlético Madrid a passé un été calme, mais s’est discrètement renforcé. Il a profité des retours de prêts d’Alvaro Morata (Juventus) et de Saul Niguez (Chelsea), et a attiré l’expérimenté Axel Witsel (arrivé libre de Dortmund) et surtout l’Argentin Nahuel Molina (20 millions d’euros, en provenance de l’Udinese). Antoine Griezmann, chouchouté par Diego Simeone, devra lui aussi retrouver son niveau d’antan pour arriver lancé au Mondial au Qatar. Enfin, le Séville FC, dépouillé de sa défense durant l’été, a enregistré l’arrivée du défenseur brésilien Marcao (14 millions d’euros, en provenance de Galatasaray), le prêt du latéral gauche Alex Telles (Manchester United), et a surtout convaincu le milieu de terrain Isco, en fin de contrat au Real Madrid, de revenir dans son Andalousie natale. Treize mille personnes l’ont acclamé lors de sa présentation mercredi.
Les cartes sont redistribuées, la partie peut commencer : entre un Barça ambitieux, un Real insatiable et d’autres prétendants aux dents longues, la saison s’annonce palpitante en Espagne.
L’enthousiasme milanais
Pour la nouvelle saison de Serie A, très ouverte, les Rossoneri des internationaux français Olivier Giroud, Théo Hernandez et Mike Maignan vont étrenner leur nouveau maillot arborant l’écusson vert-blanc-rouge de champions d’Italie contre l’Udinese demain samedi en début de soirée, dans un stade San Siro probablement complet. Si Zlatan Ibrahimovic sera absent jusqu’en 2023 en raison d’une blessure au genou gauche, Milan a conservé l’ossature de l’équipe sacrée pour la 19e fois de son histoire, avec le renfort des Belges Divock Origi (ex-Liverpool) et Charles De Ketelaere (ex-FC Bruges). Stefano Pioli espère surtout pouvoir compter sur le même enthousiasme qui avait permis au printemps dernier à son équipe de souffler le titre à l’Inter, championne en 2021, au terme d’un ébouriffant sprint final. « Je vois les joueurs encore plus prêts, mieux préparés, plus méticuleux. Je suis convaincu que le cycle ne fait que commencer », assure l’entraîneur rossonero, qui s’est fait tatouer le fameux scudetto de champion sur l’avant-bras.
Comme Milan, les Nerazzurri visent un 20e titre, synonyme de seconde étoile sur le maillot, à l’heure de démarrer chez le promu Lecce demain soir. S’ils ont perdu Ivan Perisic, parti à Tottenham, les Intéristes ont frappé fort en faisant revenir – en prêt – leur artificier Romelu Lukaku (29 ans), un an seulement après son départ à Chelsea pour 115 millions d’euros. « Lukaku a énormément d’envie », constate son entraîneur Simone Inzaghi. « Nous avions déjà la meilleure attaque la saison dernière, avec Romelu, on va avoir encore quelques solutions en plus », a-t-il ajouté, bien décidé à retrouver un titre abandonné en mai dernier aux grands rivaux milanais pour seulement deux points. L’ex-entraîneur légendaire de l’AC Milan Arrigo Sacchi voit d’ailleurs l’Inter favorite sur la grille de départ, avec son « large effectif, sa grande expérience et ses joueurs de qualité ». « Ils ont deux joueurs pour chaque poste et ont ainsi les moyens de remédier aux éventuelles blessures et baisses de régime », a-t-il confié à la Gazzetta dello Sport.
La Juventus Turin, qui recevra Sassuolo lundi soir, peut-elle empêcher ce nouveau mano a mano annoncé entre Milanais ? « Après une saison sans titre, pour la première fois depuis plus de dix ans, nous avons le devoir de gagner le scudetto », clame son entraîneur Massimiliano Allegri, dont le retour l’été dernier n’a pas vraiment répondu aux attentes (4e au classement final de la saison dernière). Pour rebondir, la Vieille Dame joue elle aussi la carte du revenant, avec Paul Pogba, dont le premier passage en bianconero avait été couronné de quatre scudetti en quatre ans (2012-2016). En raison d’une blessure au genou droit, le « Pogback » est renvoyé à la mi-septembre. D’ici là, la Juve compte sur ses autres recrues estivales, principalement l’Argentin Angel Di Maria et le défenseur brésilien Gleison Bremer, pour combler le vide laissé par les départs de Giorgio Chiellini, Matthijs de Ligt, Alvaro Morata et Paulo Dybala.
Franck Ribéry capitaine
Dybala, laissé libre par la Juve, incarne désormais l’ambition retrouvée de la Roma, où il était réclamé par l’entraîneur José Mourinho. Pour de nouveau jouer les premiers rôles, les Giallorossi, éjectés du top 4 depuis quatre ans, ont aussi sérieusement densifié leur milieu avec des recrues d’expérience attirées en Serie A par la réputation de Mourinho : le Serbe Nemanja Matic (ex-Manchester United) et le Néerlandais Georginio Wijnaldum (prêté par le Paris SG). Les débuts romains sont attendus dimanche soir sur la pelouse de la Salernitana de Franck Ribéry, reparti au combat à 39 ans, avec le brassard de capitaine en prime.
Ce week-end inaugural va aussi permettre d’en savoir davantage sur un Napoli – troisième l’an dernier après avoir lutté pour le titre – contraint de se renouveler sans ses cadres Kalidou Koulibaly, Lorenzo Insigne ni Dries Mertens. L’attention va aussi se porter sur un promu pas comme les autres : le Monza de Silvio Berlusconi, pour la première fois en Serie A. Le club lombard, après un joli recrutement italien (Pessina, Sensi, Crago, Caprari), accueillera demain soir le Torino en ouverture d’une saison atypique marquée par une pause de quasiment deux mois (entre le 13 novembre et le 4 janvier) en raison du Mondial au Qatar, que les internationaux italiens suivront à la télévision car l’Italie ne s’est pas qualifiée pour la seconde édition consécutive après la Coupe du monde 2018 en Russie.
Source : AFP


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