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Société - Francophonie au Liban

Les ateliers linguistiques de l’Institut français, pour que les enfants s’expriment mieux à l’oral

Après deux années d’arrêt pour des raisons sanitaires, les cours de français de l’IF ont repris leurs activités, cet été, à l’intention des enfants de 7 à 17 ans. 

Les ateliers linguistiques de l’Institut français, pour que les enfants s’expriment mieux à l’oral

Les ados ont certes beaucoup appris. Ils ont aussi tissé des liens d'amitié. Photo AMH

Dans les salles feutrées de l’Institut français de Beyrouth, des enfants de 7 à 17 ans apprennent l’art de la négociation, de la communication et de l’écoute, dans la langue de Molière. Répartis en quatre classes d’âge, ils participent aux ateliers d’été organisés par l’IF qui leur permettront de mieux s’exprimer à l’oral. Les benjamins se familiarisent avec les Jeux olympiques et paralympiques qui doivent se dérouler à Paris en 2024. Les pré-adolescents créent et présentent des vidéos de vacances à partir de découpages de bandes dessinées. Les plus âgés, eux, racontent la rencontre qu’ils viennent d’avoir avec une journaliste professionnelle. Leur récit écrit doit être publié sur le site de l’IF du Liban. Ils préparent aussi un livret historique sur les jeux de société. L’ambiance est à la détente. Les travaux de groupe privilégiés. On aborde des sujets sociétaux telles la vie citoyenne, la violence à l’école ou la nanotechnologie. On apprend en jouant, en regardant des vidéos, en utilisant le numérique, en visitant la médiathèque... On donne librement son avis, et tant pis si on se trompe parfois. L’essentiel est de prendre l’habitude de s’exprimer et d’argumenter en français. Les enseignantes y veillent scrupuleusement, soucieuses de faire participer chaque enfant. Elles introduisent au passage, des notions de grammaire de manière inductive.

L’aisance et l’argumentation, deux atouts de taille

Après deux années de confinement et une troisième plombée par les crises multiples que subit le pays, les élèves ont accumulé les lacunes. Leur socialisation en a également souffert. « Durant les dernières années, l’étude de certaines matières scolaires a été privilégiée par rapport au français », regrette Camille Le Gal, responsable du centre de langues de l’IF. Et comme l’oral n’était pas une priorité à l’école, « le centre de langues s’est donné pour mission de débloquer le langage oral des enfants qui en expriment le besoin », explique-t-elle.

Devant le centre de l'Institut français de Beyrouth, Marie Ghabril, Camille le Gal et Guillaume Duchemin, conseiller adjoint de coopération et d'action culturelle, à l'ambassade de France. Photo AMH

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En ces chauds mois d’été, et après deux ans d’arrêt pour raisons sanitaires, quelque 140 enfants prennent le chemin de l’IF de Beyrouth, trois matinées par semaine, pour apprendre à mieux manier la langue française. Généralement étalées sur huit semaines (4 en juillet et 4 en août), les sessions se limitent cette année à 5 semaines et une soixantaine d’heures, sur une période qui s’étale du 19 juillet au 18 août. Dans leur grande majorité, les enfants sont issus d’établissements scolaires francophones partenaires, homologués ou non. C’est sur proposition de leurs écoles et avec les encouragements de leurs parents qu’ils se sont inscrits, à titre individuel. « L’aisance et l’argumentation à l’oral sont deux atouts non seulement pour le Grand oral du baccalauréat français, mais aussi pour les examens du DELF », précise Mme Le Gal. Convaincus de la nécessité d’occuper utilement leurs vacances, les élèves sont rapidement conquis. « J’aime bien ces cours. J’apprends en m’amusant », lance Chiara, une adolescente. « Je voulais faire quelque chose d’utile durant mes vacances d’été, je ne l’ai pas regretté », avance aussi Yara. « Je réalise que je m’exprime mieux à l’oral, depuis que je participe à ces ateliers », renchérit Julien. « C’est aussi pour nous tous une opportunité pour faire des rencontres et de tisser des liens d’amitié », ajoute Christophe.

Apprendre en s’amusant même pour les élèves anglophones

Pour une poignée d’enfants anglophones, ces ateliers sont aussi l’occasion d’exercer le français qu’ils ne pratiquent pas chez eux et si peu à l’école. Avec l’espoir de devenir un jour parfaitement trilingues. Mais pour ce faire, ils doivent travailler activement. « Nos parents nous ont expliqué l’importance de posséder les trois langues, l’arabe, l’anglais, le français. Les cours sont amusants et l’ambiance très conviviale, même si les débuts sont un peu difficiles », confient en chœur May et Naya. « Les élèves des écoles anglophones présentant le Bac international (IB) ont l’obligation d’avoir une deuxième langue étrangère autre que l’anglais », précise dans ce cadre, Camille Le Gal.

Lorsqu'on apprend en s'amusant, c'est tellement mieux pour les benjamins. Quelques moments de pause pour la photo souvenir, ici avec leur institutrice. Photo AMH

Les ateliers linguistiques d’été de l’Institut français ne sont ni une école, ni une colonie de vacances, mais un mélange d’apprentissage linguistique et culturel par le jeu. Ils sont menés parallèlement aux cours de français donnés tout au long de l’année. « Nous aidons les établissements scolaires à mieux travailler avec les enfants à l’oral », explique Marie Ghabril, conseillère pédagogique, conceptrice des ateliers. « Car à l’école, il y a beaucoup d’écrit, mais l’oral est aujourd’hui indispensable. » Les objectifs sont certes fixés au départ. « Ils s’adaptent toutefois à chaque public, à chaque groupe d’enfants, en fonction de ses besoins et de ses capacités », conclut Mme Ghabril. L’essentiel étant de « valoriser les enfants, unis par le français ». 

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