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Moyen-Orient - Repère

Contexte, timing, enjeux : que se passe-t-il à Gaza ?

Le Jihad islamique accuse Israël de vouloir « déclencher une guerre » contre le peuple palestinien. Elle n’a en fait jamais vraiment cessé sur cette langue de terre exsangue et sous blocus depuis quinze ans.

Contexte, timing, enjeux : que se passe-t-il à Gaza ?

Des personnes courent pour se mettre à l'abri lors d'un bombardement aérien israélien dans la ville de Gaza le 6 août 2022. Photo ANAS BABA / AFP

Depuis vendredi après-midi, l’armée israélienne conduit des frappes contre l’enclave palestinienne, visant, selon ses dires, le groupe armé Jihad islamique. Ce dernier accuse de son côté l’État hébreu de vouloir « déclencher une guerre » contre le peuple palestinien. Guerre qui en fait n’a jamais vraiment cessé sur cette langue de terre exsangue et sous blocus depuis quinze ans.

Contexte

● Depuis vendredi après-midi, l’armée israélienne mène une offensive contre la bande de Gaza.

● Après avoir visé un bâtiment dans un quartier résidentiel niché au cœur de la ville de Gaza, l’État hébreu a éliminé dans la nuit Tayssir Al-Jabari, à la tête des Brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, qui exerce avec le Hamas, mais dans une bien moindre mesure, son contrôle dans cette enclave sous blocus israélien depuis quinze ans.

● D’après les autorités gazaouies, ces raids ont jusqu’ici fait au moins 15 morts, dont une fillette de cinq ans, et 125 blessés. De leur côté, les autorités israéliennes disent avoir tué 15 combattants.

● Pour l'État hébreu, cette nouvelle offensive relève d’une « guerre préventive ». Point de départ de cette nouvelle agression ? L’arrestation lundi de Bassem Saadi, l’un des chefs du Jihad islamique en Cisjordanie occupée.

● Depuis, les autorités israéliennes craignent des représailles en provenance de l’enclave palestinienne.

● Hier, les brigades Al-Qods ont dit avoir lancé « plus de cent roquettes » vers Israël. Une « première réponse » à l’assassinat de Tayssir Al-Jabari.

● Côté israélien cependant, aucune victime n’a été identifiée pour l’instant.

● Israël dispose d’un système antimissile - le Dôme de fer - qui lui permet d’intercepter les roquettes lancées depuis la bande de Gaza.

● Le Jihad islamique a accusé l’État hébreu d’avoir « déclenché une guerre ». « L'ennemi sioniste a commencé cette agression et doit s'attendre à ce que nous nous battions sans relâche », a déclaré le secrétaire général de l’organisation, Ziad al-Nakhala, dans un entretien avec la télévision libanaise Al-Mayadeen, alors qu’il était en déplacement à Téhéran.

● Dans la matinée de samedi, l’armée israélienne a annoncé l'arrestation de 19 membres du Jihad islamique en Cisjordanie.

● L'Égypte joue en ce moment les go-betweens et pourrait accueillir aujourd’hui une délégation du Jihad islamique. Celui-ci a cependant exclu l’option d’un cessez-le-feu pour le moment.

● Ces derniers jours, responsables égyptiens et qataris ainsi que des diplomates de l'ONU ont tenté de désamorcer la situation en dialoguant avec le Hamas, le Jihad islamique et Israël dans le but d'éviter une escalade. En vain.

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Timing

● Cette nouvelle attaque israélienne contre le Jihad islamique intervient dans un contexte d'accélération de la guerre de l’ombre qui oppose Israël et Téhéran depuis deux décennies, avec, ces dernières années, une série d’assassinats conduits en Iran même. Or le Jihad islamique est parrainé par Téhéran et, contrairement au Hamas, épouse sans aucune ambiguïté ses positions dans l’arène régionale et internationale.

● Jeudi dernier, les négociations indirectes sur le nucléaire entre Washington et Téhéran ont repris à Vienne, dans un climat de hautes tensions, avec peu d’espoir - même si cela est encore possible - d’aboutir à un accord.

● Elle intervient également trois semaines après la tournée de Joe Biden au Moyen-Orient, où le président US a été accueilli en grande pompe par l’État hébreu dans le cadre d’un voyage visant entre autres à marginaliser Téhéran sur la scène diplomatique et au cours duquel Biden a explicitement déclaré que sans deal, Washington n’hésiterait pas à recourir à la force.

● Les bombardements sur Gaza ont lieu alors qu’Israël traverse une crise politique en interne. Fin juin, le parlement israélien a voté en faveur de sa dissolution et décidé de renvoyer le pays aux urnes en novembre pour la cinquième fois en moins de quatre ans.

● La dernière attaque israélienne intervient plus d’un an après la guerre de mai 2021 - dans laquelle le Hamas était cette fois-là impliqué - qui avait fait près de 260 morts côté palestinien, plus de 100 000 déplacés et détruit totalement ou partiellement près de 1770 foyers, selon les Nations unies. Depuis, la reconstruction est à la peine.

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Enjeux

Pour Israël : alors que les élections de novembre approchent, c’est le « centriste » Yaïr Lapid qui assume la gouvernance du pays en tant que Premier ministre par intérim. Israël vire chaque jour un peu plus à l’extrême-droite et dans ces circonstances, l’offensive israélienne permet à Yaïr Lapid de jouer la carte du tout-sécuritaire pour galvaniser ses chances au prochain scrutin.

Pour le Hamas:

● Le mouvement qui contrôle la bande de Gaza se tient pour l’heure à distance. Certes, il a publié un communiqué dans lequel il affirme « qu’Israël sera tenu responsable et aura à payer le prix pour son nouveau crime » et que « les ailes militaires de la résistance sont unies et répondront avec force ». Mais il semble opter pour une stratégie similaire à celle de 2019, lorsqu’il est resté à l’écart du « conflit » qui opposait alors Israël au Jihad islamique.

● S’ils partagent tous deux officiellement le même objectif, à savoir l’élimination d’Israël, le Jihad islamique est beaucoup plus intimement lié à Téhéran que ne l’est son partenaire et concurrent.

● Mais c’est surtout par pragmatisme que le Hamas semble pour le moment rester en retrait. Contrairement au Jihad islamique, il a des responsabilités politiques.

● L’enclave palestinienne est exsangue du fait du blocus israélien et des guerres successives auxquelles l’État hébreu l’a soumise et ne peut se permettre un nouveau bain de sang et de nouvelles attaques d’envergure contre ses infrastructures.

● Les livraisons de diesel à destination de l'unique centrale électrique de Gaza ont été bloquées et celle-ci ne fonctionne plus à cause d’une pénurie. La fermeture des passages frontaliers depuis mardi contraint en outre des milliers de Gazaouis travaillant en Israël à rester chez eux, dont, selon l’organisation mondiale de la Santé, une cinquantaine de personnes qui quittent d’ordinaire quotidiennement l'enclave pour recevoir des soins.


Depuis vendredi après-midi, l’armée israélienne conduit des frappes contre l’enclave palestinienne, visant, selon ses dires, le groupe armé Jihad islamique. Ce dernier accuse de son côté l’État hébreu de vouloir « déclencher une guerre » contre le peuple palestinien. Guerre qui en fait n’a jamais vraiment cessé sur cette langue de terre exsangue et sous blocus depuis quinze...

commentaires (2)

Quelle horreur ! Enfer et damnation ! Nous n'en finirons donc jamais !

Chucri Abboud

12 h 18, le 07 août 2022

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Commentaires (2)

  • Quelle horreur ! Enfer et damnation ! Nous n'en finirons donc jamais !

    Chucri Abboud

    12 h 18, le 07 août 2022

  • Il faut arrêter les attaques de part et d'autre, car on connaît le résultat. Toujours des destructions et des morts palestiniens, mais, aucun gain

    Esber

    18 h 52, le 06 août 2022

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