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Économie - Liban

Le PDG de Creditbank finalement toujours retenu par la justice

Selon son conseil, le banquier s’était acquitté d’une caution « de 1,8 milliard de livres » payée par chèque bancaire.

Le PDG de Creditbank finalement toujours retenu par la justice

Une agence de Creditbank a Dékouané (banlieue est de Beyrouth). Photo P.H.B.

Appréhendé par les autorités à son arrivée lundi à l’Aéroport international de Beyrouth dans le cadre d’un mandat de recherche émis à son nom, le PDG de Creditbank Tarek Khalifé était encore retenu mercredi soir par la justice libanaise et pourrait encore l’être plusieurs jour le temps que l’appel à sa libération sous caution soit examiné.

Selon ses conseils, que nous avons contactés et qui ont confirmé les premières informations que nous avions recueillies, le banquier s'est acquitté d’une caution « de 1,8 milliard de livres » payée par chèque bancaire (environ 60 000 dollars au taux de change du jour qui gravite autour de 30 000 ou 31 000 livres pour un dollar). Un montant « plus élevé que la moyenne pour ce type de procédure », selon une source judiciaire.

La relaxe initiale, dont les effets ont donc été suspendus jusqu’à l’examen de l’appel, avait été ordonnée par le juge d'instruction du Mont-Liban Bassam el-Hajj. Le mandat avait, lui, été émis par l’avocate générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Nazek el-Khatib, dans le cadre d’une plainte au pénal pour une affaire concernant des actions préférentielles émises par la banque, ciblée au même titre que son PDG, selon des informations communiquées par une autre source judiciaire. La plaignante, Nada Abousleiman Etyemezian, a également communiqué sur le sujet sur sa page Facebook. Contactée, elle n’a pas souhaité fournir plus d’informations.

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Dans un message publié mardi sur le même réseau social, Creditbank avait, pour sa part, jugé que la procédure était sans fondement. La seconde source judiciaire, que nous avions contactée en journée, avait, elle, indiqué que Nazek el-Khatib avait fait appel de la libération sous caution décidée par Bassam el-Hajj. Si ce recours pourrait ne pas aboutir, notamment parce que la plaignante ne serait finalement pas opposée à ce que le banquier soit relâché, les conseils du PDG ont confirmé en milieu de soirée, mercredi, que celui-ci était resté aux arrêts. Une situation qui pourrait durer jusqu’à mercredi prochain selon leurs estimations basées sur leurs informations concernant la disponibilité des magistrats d’ici là, à la veille notamment d’un 4 août chômé en raison des commémorations des deux ans de l’explosion meurtrière au port de Beyrouth. L'instruction n'est, de plus pas close pour autant.

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Selon une des sources contactées, qui est investie dans la protection des déposants face aux restrictions bancaires en place depuis le début de la crise en 2019, certaines banques ont vendu pendant les années 2010 des actions préférentielles – qui confèrent à leurs détenteurs des droits différents de ceux rattachés aux actions ordinaires – à des acheteurs non initiés et sans présenter clairement les risques liés à ce type d’instrument considéré comme « sophistiqué ». La source bancaire considère de son côté que la procédure lancée à l’encontre du PDG de Creditbank est abusive dans la mesure où elle s’est faite au mépris de nombreuses conditions « de fond et de forme ».

Avant la crise qui a démarré en 2019, Creditbank faisait partie des banques alpha, à savoir les plus importants établissements du pays en termes de dépôt et d’actifs selon la classification de Bankdata. L’enseigne fait partie de celles ciblées par des procédures lancées par la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, contre plusieurs enseignes suite à une autre plainte, cette fois pour « abus de confiance et escroquerie à l’égard des déposante » émise par un collectif d’avocats. Les autres banques étaient Bank Audi, BLOM Bank, Bank of Beirut, Bankmed, et la Société générale de banque au Liban (SGBL). La procureure avait émis en mars une interdiction de voyager à l’encontre de Tarek Khalifé, et gelé tous les actifs de CreditBank, dans un contexte de bras de fer entre certains magistrats et le secteur bancaire dans une crise marquée par des restrictions informelles sur l’accès des déposants à leurs fonds en devises, sans loi de contrôle des capitaux.


Appréhendé par les autorités à son arrivée lundi à l’Aéroport international de Beyrouth dans le cadre d’un mandat de recherche émis à son nom, le PDG de Creditbank Tarek Khalifé était encore retenu mercredi soir par la justice libanaise et pourrait encore l’être plusieurs jour le temps que l’appel à sa libération sous caution soit examiné.Selon ses conseils, que nous avons...

commentaires (4)

C’est curieux de voir l’efficacité de ce poulailler dont les frontières sont tenues par des renards qui s’avèrent efficaces lorsqu’ils décident de cibler leurs proies. Il sont les maîtres et choisissent d’appliquer leur justice qui n’arrange que leurs affaires toujours aidés par les chapons à leur disposition dans tous les domaines pour faire exécuter leurs sentences sans jamais être montrés du doigt. Akh y’a baladna.

Sissi zayyat

12 h 53, le 05 août 2022

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Commentaires (4)

  • C’est curieux de voir l’efficacité de ce poulailler dont les frontières sont tenues par des renards qui s’avèrent efficaces lorsqu’ils décident de cibler leurs proies. Il sont les maîtres et choisissent d’appliquer leur justice qui n’arrange que leurs affaires toujours aidés par les chapons à leur disposition dans tous les domaines pour faire exécuter leurs sentences sans jamais être montrés du doigt. Akh y’a baladna.

    Sissi zayyat

    12 h 53, le 05 août 2022

  • Finalement, ils ont decide de le garder ? Au suivant !

    Michel Trad

    11 h 55, le 04 août 2022

  • le pov mec n'a pas une couverture assez puissante au sein mafieuse intitulee Kellon !!

    Gaby SIOUFI

    10 h 58, le 04 août 2022

  • Le jour ou on commence a s attaquer penalement aux hommes d affaire, les investissments areteront dans le pays.

    Le Liban d'abord

    09 h 16, le 04 août 2022

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