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Sport - Éclairage

Dans l’ombre des Jeux olympiques, les Jeux du Commonwealth veulent continuer à exister

La multiplication des forfaits relance le débat sur la légitimité de tels événements sportifs régionaux, qui sont souvent perçus comme une relique des temps anciens et qui peinent à cohabiter avec un calendrier international déjà surchargé.

Dans l’ombre des Jeux olympiques, les Jeux du Commonwealth veulent continuer à exister

Les Anglaises ont remporté la médaille d’or de gymnastique artistique par équipe lors des Jeux du Commonwealth. De gauche à droite : Ondine Achampong, Georgia-Mae Fenton, Claudia Fragapane, Alice Kinsella et Kelly Simm. Paul Ellis/AFP

Héritage de l’ancien empire britannique, les Jeux du Commonwealth, dont la XXIIe édition a été inaugurée vendredi dernier à Birmingham (Angleterre) et se tiendra jusqu’au 9 août, misent sur les petits pays et les sports atypiques pour exister dans l’ombre des Jeux olympiques et autres grands rendez-vous internationaux.

Pas facile de passer un an après les Jeux olympiques de Tokyo (Japon) et seulement cinq jours après la fin des Mondiaux d’athlétisme à Eugene (États-Unis) : depuis quelques jours, les forfaits se multiplient pour les Jeux du Commonwealth, organisés tous les quatre ans et qui rassemblent cette année 5 000 sportifs représentant 72 nations et territoires, la plupart d’anciennes colonies britanniques, s’affrontant dans 19 disciplines. Dernière défection en date, l’Australienne Kelsey-Lee Barber, tout juste sacrée championne du monde du lancer de javelot pour la seconde fois. La médaillée de bronze des derniers Jeux olympiques rejoint sur la liste des absents de marque les champions olympiques André De Grasse, Kirani James, Neeraj Chopra ou la sprinteuse britannique Dina Asher-Smith. Et ce n’est peut-être pas fini : des doutes planent sur la participation du trio en or mondial du sprint jamaïcain Shelly-Ann Fraser-Pryce, Shericka Jackson et Elaine Thompson-Herah.

Des absences – contrebalancées par d’autres grands noms comme les nageurs Emma McKeon, Ariarne Titmus, Kaylee McKeown, Adam Peaty ou les cyclistes Geraint Thomas et Mark Cavendish – qui relancent le débat sur la légitimité de tels jeux régionaux qui, à l’image des Jeux méditerranéens ou des Jeux de la francophonie, sont souvent perçus comme une relique de temps anciens (la première édition remonte à 1930) et peinent à exister dans un calendrier sportif international déjà surchargé.

« Ces autres jeux ne sont pas les Jeux olympiques, mais ils ont tendance à essayer de les imiter en termes d’apparence, de ressenti et d’impact. Ce n’est tout simplement pas possible ni crédible », explique Terrence Burns, ancien responsable du Comité international olympique (CIO). « Je pense qu’un événement qui aspire à être mondial mais qui, par définition, limite sa base de participation à un ensemble limité de nations et de territoires est confronté au défi de susciter l’intérêt des supporteurs à l’échelle mondiale ainsi que celui de la ville hôte », poursuit-il, en notant que par définition, « le potentiel de recettes de marketing et de parrainage est limité ».

Bowls, crosse et kabbadi

Pour Birmingham, ancienne cité manufacturière candidate malheureuse à l’organisation des Jeux olympiques 1992, et sa région, accueillir la compétition n’a certes pas une envergure olympique, mais n’est toutefois pas anodin d’un point de vue économique, avec des recettes globales estimées à un milliard de livres sterling (1,2 milliard d’euros). Pour Terrence Burns, l’enjeu pour les Jeux du Commonwealth est qu’ils doivent trouver leur propre niche afin de « construire (...) leur identité en conséquence ».

Un travail auquel se sont attelés les organisateurs de l’événement. Parmi leurs propositions, le programme pourrait ne plus comporter que deux sports obligatoires – la natation et l’athlétisme –, le reste des épreuves étant laissé au choix des villes hôtes. L’objectif ? Attirer un public plus large et renforcer la particularité des Jeux du Commonwealth, qui font déjà la part belle à plusieurs sports non olympiques comme le squash, le netball et les « bowls », version britannique de la pétanque. Avec cette année aussi, pour la première fois, du cricket féminin. D’autres disciplines confidentielles mais particulièrement populaires dans certaines régions du monde, comme la crosse au Canada ou le kabaddi en Inde, pourraient être ainsi intégrées à terme.

« Je pense que ce serait une situation gagnant-gagnant pour tout le monde car cela ouvrirait alors les Jeux du Commonwealth à d’autres pays plus petits et, pour moi, c’est la voie à suivre », estimait en 2021 la présidente de la Fédération des Jeux du Commonwealth (CGF), Dame Louise Martin. Car l’autre atout de la compétition, c’est de permettre à des petites nations du sport mondial d’exister, ce qui ne leur est pas possible lors des grands événements, estime Michael Payne, ancien responsable marketing du CIO. « Pour beaucoup, c’est leur seul moment sur la scène sportive mondiale avec une opportunité de briller. (...) Car aux Jeux olympiques, ils n’ont aucune chance d’obtenir une médaille », souligne-t-il.

En témoignent les efforts consentis par le Sri Lanka (2 médailles aux Jeux olympiques en 17 participations contre 23 aux Jeux du Commonwealth), plombé par une grave crise économique, pour être présent à Birmingham. « Nous voulons nous tenir comme les autres nations devant notre drapeau, en nation fière, droite, tête haute », a ainsi déclaré le chef de la délégation de l’île Dampath Fernando.

Le podium du marathon des Jeux du Commonwealth. De gauche à droite : le Tanzanien Alphonce Felix Simbu (argent), l’Ougandais Victor Kiplangat (or, malgré avoir fait fausse route) et le Kényan Michael Mugo Githae (bronze). Ben Stansall/AFP

Kiplangat remporte le marathon

Entre-temps, samedi à Birmingham, Victor Kiplangat a dû rebrousser chemin après s’être brièvement trompé de route lors du marathon, mais ce léger détour ne l’a pas empêché d’offrir à l’Ouganda sa première médaille d’or dans la discipline. Face à l’absence de barrière, à environ un kilomètre et demi de l’arrivée, l’Ougandais de 22 ans a été induit en erreur par un véhicule qu’il a suivi sur la mauvaise voie pendant une quarantaine de mètres avant de faire demi-tour. « Les gens qui conduisaient les motos m’ont embrouillé. Puis ils m’ont dit de faire demi-tour et j’ai quand même réussi à atteindre l’arrivée », a-t-il déclaré. Ce léger faux pas lui a peut-être coûté le record des Jeux du Commonwealth, détenu par Ian Thompson (2 h 9 min 12 sec) depuis 1974, mais Kiplangat a tout de même remporté l’épreuve en 2 heures 10 minutes et 55 secondes, avec plus d’une minute et demie d’avance sur son dauphin, le Tanzanien Alphonce Felix Simbu, médaillé de bronze du marathon des Mondiaux de Londres en 2017. Le Kényan Michael Mugo Githae a complété le podium.

Source : AFP


Héritage de l’ancien empire britannique, les Jeux du Commonwealth, dont la XXIIe édition a été inaugurée vendredi dernier à Birmingham (Angleterre) et se tiendra jusqu’au 9 août, misent sur les petits pays et les sports atypiques pour exister dans l’ombre des Jeux olympiques et autres grands rendez-vous internationaux.Pas facile de passer un an après les Jeux olympiques de Tokyo...

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