Le cratère d'un missile russe qui a frappé des résidences dans le village de Chuguiv, le 26 juillet 2022. Sergey Bobok / AFP
Les régions du sud de l’Ukraine ont fait l’objet mardi de bombardements russes « massifs » qui ont notamment visé un village balnéaire près d’Odessa et le port de Mykolaïv, ont annoncé les autorités ukrainiennes.
Les frappes russes interviennent malgré un accord avec Moscou signé la semaine passée pour débloquer les exportations de céréales ukrainiennes, cruciales pour la sécurité alimentaire mondiale, par trois ports de la région d’Odessa.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a publié mardi sur ses réseaux sociaux une vidéo montrant des maisons détruites à Zatoka, station balnéaire populaire au bord de la mer Noire, près d’Odessa. « C’est le matin. Un village ordinaire de Zatoka. Les gens se reposaient et vivaient. Pas de bases, pas de troupes. Les terroristes russes voulaient juste tirer », a-t-il écrit en commentaire.
Le commandement sud de l’armée ukrainienne a fait état mardi de « frappes massives de missiles dans le sud de l’Ukraine avec l’utilisation d’avions venus de la mer Noire ». « À Odessa, des bâtiments résidentiels des agglomérations côtières ont été touchés sans faire de victimes, selon les premières informations », a indiqué l’armée dans un communiqué sur Facebook. « L’infrastructure portuaire a été visée dans la région de Mykolaïv », selon la même source. Le gouverneur régional de Mykolaïv Vitali Kim a fait état d’une « frappe massive » sur la ville mardi matin en publiant une vidéo où l’on voit de nombreuses explosions et de la fumée noire. « Une installation d’infrastructure critique et une entreprise automobile ont été touchées sans faire de victimes, selon les informations préliminaires », écrit-il sur Telegram. « Des missiles ont également visé la périphérie de la ville, et il y a eu des tentatives d’endommager l’infrastructure portuaire », selon la même source.
Sur le front est, trois civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans la région de Donetsk (Est), a annoncé mardi le gouverneur Pavlo Kyrylenko. « Il ne reste plus une seule localité dans la région de Donetsk qui n’ait pas été frappée et soit relativement sûre », a déclaré M. Kyrylenko dans une interview à la télévision nationale ukrainienne. Dans la région de Donetsk, les localités de « Toretsk, Avdiïvka, Mariïnka, Krasnogorivka ont été frappées dans la nuit de lundi à mardi », selon le gouverneur. Bakhmout « a été l’objet de tirs d’artillerie et de frappes aériennes. On a observé des tirs d’artillerie aux abords de Sloviansk ».
Selon Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région voisine de Lougansk, presque entièrement occupée par les Russes, les forces ukrainiennes ont repoussé quatre assauts russes au cours des dernières 24 heures et « les combats se poursuivent dans la cinquième direction ». « Cela fait presque un mois que l’ennemi est arrivé pratiquement à la frontière de notre région, et, pour la traverser, il sacrifie toutes ses réserves et brûle des villages dans les régions de Donetsk et de Lougansk », écrit-il mardi matin sur son compte Telegram. « Ils ont besoin d’un référendum » sur une annexion de cette zone à la Russie, « peu importe le nombre d’habitants qu’ils tuent ou laissent sans abri », a accusé le responsable ukrainien.
Recontre Erdogan-Poutine à Sotchi le 5 août
Sur le plan diplomatique, le président turc Recep Tayyip Erdogan se rendra le 5 août en Russie pour y rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine à Sotchi (Sud), a annoncé mardi la présidence turque. Les deux dirigeants se sont rencontrés pour la dernière fois le 19 juillet à Téhéran, trois jours avant la signature d’un accord entre Moscou, Kiev, Ankara et les Nations unies pour permettre la reprise du commerce des céréales ukrainiennes via la mer Noire, bloqué depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le centre de coordination pour cette reprise du commerce des céréales doit ouvrir officiellement mercredi à Istanbul.
Cette rencontre surprise sur les bords de la mer Noire intervient également alors que le président turc menace depuis mai de conduire une offensive dans le nord-est de la Syrie pour établir une zone de sécurité de 30 km à sa frontière afin d’éloigner les combattants kurdes du PKK et leurs alliés.
Macron en Afrique
Par ailleurs, Emmanuel Macron a dénoncé mardi « l’hypocrisie », entendue « en particulier sur le continent africain », consistant à ne pas reconnaître clairement « une agression unilatérale » de la Russie contre l’Ukraine, comme le fait l’Union européenne. « Le choix qui a été fait par les Européens premièrement n’est en aucun cas de participer à cette guerre, mais de la reconnaître et de la nommer, là où je vois trop souvent de l’hypocrisie, en particulier sur le continent africain (...) à ne pas savoir qualifier une guerre » lancée par la Russie « parce qu’il y a des pressions diplomatiques ; je ne suis pas dupe », a affirmé le président français dans une conférence de presse commune à Yaoundé avec son homologue camerounais Paul Biya. Il a souligné que l’Union européenne avait décidé de « tout faire pour stopper cette guerre sans y participer », et sanctionner « la Russie pour bloquer son effort de guerre » et « l’isoler diplomatiquement ».
Dans ce contexte, le Royaume-Uni a annoncé mardi cibler le ministre russe de la Justice et des oligarques russes aux importants intérêts financiers sur son sol, dans le cadre d’une nouvelle vague de sanctions en représailles à l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Parmi la quarantaine de personnes visées, figurent le ministre russe de la Justice Konstantin Tchouïtchenko et son adjoint Oleg Sviridenko, accusés « de renforcer leur pouvoir pour réprimer la liberté d’expression des Russes », détaille la diplomatie britannique dans un communiqué. Outre 29 gouverneurs régionaux de Russie, Londres a étendu ses sanctions à Vitali Khotsenko et Vladislav Kouznetsov, nommés par Moscou à des postes à responsabilité dans les régions ukrainiennes séparatistes prorusses de Donetsk et de Lougansk. Londres ajoute avoir sanctionné des Syriens « responsables d’avoir recruté des mercenaires pour combattre dans la guerre de la Russie en Ukraine » ou « soutenant le régime syrien » de Bachar el-Assad, grand allié de Moscou qui intervient depuis 2015 en Syrie.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
il sait bien de quoi il parle e macron, lorsqu'il "accuse" d'hypocrisie ! Nous autres libanais en patissons encore a ce jour !
11 h 13, le 27 juillet 2022