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Monde - Religion

Au Canada, le pape en mission de réconciliation auprès des autochtones

François « demande pardon pour le mal commis » dans les pensionnats pour enfants amérindiens gérés par l’Église.

Au Canada, le pape en mission de réconciliation auprès des autochtones

Le pape François a rencontré hier des dirigeants des peuples autochtones, lors de sa première journée au Canada. Patrick T. Fallon/AFP

Le pape François a demandé lundi « pardon pour le mal commis » contre les autochtones au Canada, notamment dans les pensionnats pour enfants amérindiens gérés par l’Église, et a déploré que certains de ses membres aient « coopéré » à des politiques de « destruction culturelle ». « Je suis affligé. Je demande pardon », a déclaré le pape devant des milliers d’autochtones à Maskwacis, dans l’ouest du Canada.

Évoquant une « erreur dévastatrice », il a reconnu la responsabilité de certains membres de l’Église dans ce système dans lequel « les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels ».

Les paroles du pape, traduites en anglais, ont été accueillies par des applaudissements nourris après la demande de pardon.

Au total, le souverain pontife a demandé « pardon » à trois reprises, « avec honte et clarté », lors de ce premier discours très attendu, prononcé en espagnol sur le site de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, en présence de nombreux survivants et membres des communautés autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits).

« L’endroit où nous sommes maintenant fait résonner en moi un cri de douleur, un cri étouffé qui m’a accompagné ces derniers mois », a-t-il insisté, évoquant les « traumatismes » subis par des générations d’autochtones et les « blessures encore ouvertes ».

Ces violences, qualifiées de « génocide culturel » par une commission d’enquête, ont fait au moins 6 000 morts entre la fin du XIXe siècle et les années 1990 et créé une onde de choc sur plusieurs générations, ravivée par la découverte de milliers de sépultures anonymes en 2021.

« Les politiques d’assimilation ont fini par marginaliser systématiquement les peuples autochtones (...) Vos langues et vos cultures ont été dénigrées et supprimées », a encore affirmé François.

Insistant sur la nécessité de « faire mémoire », le jésuite argentin de 85 ans, arrivé dimanche au Canada pour cette visite de six jours, a également affirmé que « les excuses (n’étaient) pas un point final », mais « seulement la première étape » sur la voie de la « guérison ».

Cette visite du souverain pontife était attendue depuis des années par ces peuples qui représentent aujourd’hui 5 % de la population canadienne.

Le gouvernement canadien, qui a versé des milliards de dollars en réparation à d’anciens élèves, s’est officiellement excusé il y a 14 ans d’avoir créé ces écoles mises sur pied pour « tuer l’Indien dans le cœur de l’enfant ». L’Église anglicane avait ensuite fait de même. Mais l’Église catholique, en charge de plus de 60 % de ces pensionnats, avait toujours refusé de le faire jusqu’ici.

En avril, tout a changé avec les excuses du pape François. Des milliers d’autochtones attendaient maintenant des excuses sur leurs terres.

C’est Maskwacis, une réserve autochtone à une centaine de kilomètres au sud d’Edmonton, que le pape a choisi pour son premier déplacement. Il s’est recueilli sur le site de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, l’un des plus grands du Canada, ouvert de 1895 à 1975. François devait se rendre ensuite à l’église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples d’Edmonton.

Pour le recevoir, plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées, sous une pluie fine et dans une ambiance de recueillement. De nombreux autochtones sont venus en groupes, certains portent des habits avec le nom ou le logo de leur communauté. D’autres, le tee-shirt orange symbole des autochtones.

Journée spéciale

« Pour moi, c’est une journée très spéciale, car j’ai survécu à des abus d’un prêtre catholique quand j’avais sept ans », a confié André Carrier, de la Fédération Métis du Manitoba, chapeau sur la tête et médaillon autour du cou. « C’est une grande peine que nous avons subie (...) C’est un temps pour pardonner et travailler ensemble avec l’Église catholique pour le futur de la communauté. Plusieurs générations n’ont pas été respectées, donc c’est un moment très important pour la réconciliation », ajoute-t-il.

« J’espère que cette visite est le début d’un changement dans l’histoire et une façon pour nous de commencer notre parcours de guérison », a déclaré George Arcand Jr, grand chef de la Confédération des Premières Nations du traité n.6.

En avril, le saint-père avait pour la première fois présenté ses excuses au Vatican pour le rôle joué par l’Église dans les 130 pensionnats du pays, fustigeant la « colonisation idéologique » et l’« action d’assimilation » dont « tant d’enfants ont été victimes ».

Génocide culturel

Quelque 150 000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans ces écoles, où ils étaient coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, et souvent victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Petit à petit, le Canada ouvre les yeux sur ce passé qualifié aujourd’hui de « génocide culturel » : la découverte de plus de 1 300 sépultures anonymes en 2021 près de ces pensionnats a créé une onde de choc.

Mardi, le pape célébrera une messe au Commonwealth Stadium d’Edmonton et se rendra au lac Sainte-Anne, site d’un important pèlerinage annuel. Il rejoindra ensuite Québec mercredi avant une dernière étape vendredi à Iqaluit (Nunavut), ville du Grand Nord canadien dans l’archipel arctique.

Toujours affaibli par des douleurs au genou, le jésuite argentin circule en fauteuil roulant. Son programme a été aménagé pour limiter ses déplacements.

Source : AFP

Le pape François a demandé lundi « pardon pour le mal commis » contre les autochtones au Canada, notamment dans les pensionnats pour enfants amérindiens gérés par l’Église, et a déploré que certains de ses membres aient « coopéré » à des politiques de « destruction culturelle ». « Je suis affligé. Je demande pardon », a déclaré le pape devant des milliers d’autochtones à Maskwacis, dans l’ouest du Canada.Évoquant une « erreur dévastatrice », il a reconnu la responsabilité de certains membres de l’Église dans ce système dans lequel « les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels ».Les paroles du pape, traduites en anglais, ont été accueillies par des applaudissements nourris après la demande de...
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