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Monde - Guerre En Ukraine

Moscou vise des cibles militaires à Odessa alors que le conflit entre dans son 6e mois

La région de Kherson sera « définitivement libérée » d’ici à septembre, affirme un responsable local.

Moscou vise des cibles militaires à Odessa alors que le conflit entre dans son 6e mois

Des pompiers tentent d’éteindre un incendie causé par des frappes russes sur le port d’Odessa, le 24 juillet courant. Odessa City Council Telegram Channel/AFP

L’invasion russe de l’Ukraine est entrée dimanche dans son sixième mois, au lendemain de frappes sur le port d’Odessa qui menacent l’application de l’accord sur la reprise des exportations des céréales bloquées par la guerre.

Moscou a assuré dimanche que ses frappes avaient détruit un navire militaire ukrainien et des missiles livrés par les États-Unis dans le port d’Odessa, vital pour l’exportation de céréales ukrainiennes.

« Des missiles de haute précision et de longue portée lancés depuis la mer ont détruit un navire militaire ukrainien à quai et un stock de missiles antinavires Harpoon livrés par les États-Unis au régime de Kiev », a déclaré le ministère russe de la Défense. « Une usine de réparation et de modernisation de navires de l’armée ukrainienne a aussi été mise hors d’usage », a poursuivi le ministère dans un communiqué publié sur Telegram. Plus tôt, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova avait affirmé qu’une « vedette militaire » ukrainienne avait été détruite lors de cette frappe. « Des missiles Kalibr ont détruit des infrastructures militaires du port d’Odessa avec une frappe de haute précision », a-t-elle écrit sur Telegram.

Après les tirs sur Odessa, l’Ukraine a accusé Vladimir Poutine d’avoir « craché au visage » de l’ONU et de la Turquie, et de compromettre l’application de l’accord signé vendredi à Istanbul sur la reprise des exportations des céréales bloquées par le conflit. Samedi, la Russie avait pourtant démenti auprès de la Turquie avoir été impliquée dans ces frappes.

Un porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne avait affirmé que « le port d’Odessa, où les céréales sont traitées en vue d’être expédiées, a été bombardé. Nous avons abattu deux missiles, et deux autres missiles ont touché le territoire du port ».

L’invasion de l’Ukraine par la Russie –deux pays qui assurent notamment 30 % des exportations mondiales de blé – a conduit à une flambée des cours des céréales et des huiles, frappant durement le continent africain.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie russe en visite en Égypte a tenu dimanche à rassurer ses partenaires égyptiens après l’accord sur des « couloirs sécurisés » pour les exportations de grains d’Ukraine et de Russie, qui doit éloigner les risques d’insécurité alimentaire en Afrique notamment. « Nous avons confirmé l’engagement des exportateurs russes de produits céréaliers à respecter toutes leurs obligations », a déclaré Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse après des pourparlers avec son homologue égyptien Sameh Choukri. « Le président Vladimir Poutine a également souligné cela lors d’une récente discussion téléphonique avec le président égyptien (Abdel Fattah) al-Sissi », a poursuivi M. Lavrov, qui doit également visiter la semaine prochaine l’Ouganda, l’Éthiopie et le Congo.

L’accord signé vendredi à Istanbul entre la Russie et l’Ukraine, sous l’égide de l’ONU, prévoit l’instauration de « couloirs sécurisés » afin de permettre la circulation en mer Noire des navires marchands, que Moscou et Kiev s’engagent à ne pas attaquer. Il doit permettre d’exporter 20 à 25 millions de tonnes de grains bloqués en Ukraine et de faciliter les exportations agricoles russes, réduisant ainsi le risque d’une crise alimentaire mondiale. La Russie a obtenu la garantie que les sanctions occidentales ne s’appliqueront pas, ni directement ni indirectement, à ses exportations de produits agricoles et d’engrais.

Pas de répit sur le front

La guerre en Ukraine, qui entre dans son sixième mois, ne connaît pas de répit sur les fronts de Mykolaïv (Sud), dans la région de Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays située dans le Nord-Est, dans la région de Kherson (Sud), et dans les deux territoires séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk, dans l’est de l’Ukraine, selon la présidence ukrainienne.

« Mykolaïv a de nouveau été bombardée » dimanche matin après avoir été visée samedi soir par quatre missiles de croisière de type Kalibr, qui ont fait cinq blessés, dont un adolescent, et endommagé plusieurs immeubles, selon cette source.

La présidence ukrainienne a également fait état de bombardements dans la région de Kharkiv, où « plusieurs bâtiments résidentiels ont été endommagés et des bâtiments résidentiels ont été incendiés ».

En outre, Kiev fait état d’une situation préoccupante dans la région largement occupée de Kherson par les forces russes depuis leur invasion de l’Ukraine le 24 février, même si les Ukrainiens y mènent une contre-attaque. La région de Kherson sera « définitivement libérée » des forces russes d’ici à septembre, a ainsi assuré dimanche le conseiller du chef de l’administration militaire régionale de Kherson fidèle à Kiev Sergiy Khlan. Les Russes ont pris le contrôle de Kherson le 3 mars. Il s’agissait alors de la première grande ville à céder à l’offensive de Moscou.

Pyongyang accuse

La Corée du Nord, qui vient de reconnaître officiellement deux régions séparatistes prorusses autoproclamées dans l’est de l’Ukraine, a accusé dimanche Washington de fabriquer des armes biologiques en Ukraine, faisant écho à une accusation déjà formulée par la Russie et rejetée par l’ONU en mars. Washington a « installé de nombreux laboratoires biologiques dans des dizaines de pays et de régions, dont l’Ukraine, au mépris des traités internationaux », écrit l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, faisant référence à des éléments « détectés » par la Russie.

Washington et Kiev réfutent l’existence de laboratoires destinés à produire des armes biologiques en Ukraine. Les États-Unis craignent que ces allégations indiquent une intention de Moscou de bientôt utiliser de telles armes en Ukraine.

Enfin, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a appelé samedi à des négociations entre Washington et Moscou pour mettre fin à la guerre en Ukraine, fustigeant une nouvelle fois des sanctions inefficaces et la stratégie de l’Union européenne. « Nous sommes assis dans une voiture dont les quatre pneus sont crevés », a-t-il lancé au sujet du conflit, jugeant qu’il « n’aurait jamais éclaté si Donald Trump était encore à la tête des États-Unis et Angela Merkel chancelière allemande ». Les sanctions, à l’impact économique dévastateur, « ne modifieront pas la donne » et « les Ukrainiens ne sortiront pas victorieux », a estimé M. Orban. Idem pour les livraisons de matériel militaire : « Plus l’Occident envoie des armes puissantes, plus la guerre s’éternise. » L’UE, a-t-il insisté, « ne doit pas se ranger du côté des Ukrainiens, mais se positionner » entre les deux camps.

Source : AFP

L’invasion russe de l’Ukraine est entrée dimanche dans son sixième mois, au lendemain de frappes sur le port d’Odessa qui menacent l’application de l’accord sur la reprise des exportations des céréales bloquées par la guerre.Moscou a assuré dimanche que ses frappes avaient détruit un navire militaire ukrainien et des missiles livrés par les États-Unis dans le port d’Odessa, vital pour l’exportation de céréales ukrainiennes.« Des missiles de haute précision et de longue portée lancés depuis la mer ont détruit un navire militaire ukrainien à quai et un stock de missiles antinavires Harpoon livrés par les États-Unis au régime de Kiev », a déclaré le ministère russe de la Défense. « Une usine de réparation et de modernisation de navires de l’armée ukrainienne a aussi été mise hors...
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