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Société - Explosions De Beyrouth

« Classez les silos au patrimoine national ! » plaident des ONG

Les signataires d’une lettre à la présidence du Conseil et au ministère de la Culture mettent en avant la tendance mondiale à préserver des bâtiments témoins de grandes tragédies.

« Classez les silos au patrimoine national ! » plaident des ONG

De la fumée jeudi dernier au-dessus des silos à blé partiellement détruits au port de Beyrouth. Photo João Sousa

Trois ONG spécialisées dans le patrimoine et l’Université arabe de Beyrouth (BAU) ont adressé une lettre le 20 juillet à la présidence du Conseil des ministres et au ministère de la Culture, demandant de réactiver la décision du ministre datant du 18 mars de classer les silos sur la liste du patrimoine national. Cette décision du ministre de la Culture, Mohammad Mortada, était intervenue deux jours après que le gouvernement de Nagib Mikati eut approuvé leur démolition, et avait eu pour effet de freiner le processus. Toutefois, le 14 avril, le cabinet était revenu à la charge, confiant au Conseil du développement et de la reconstruction la démolition de la structure, gravement endommagée durant la double explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, et qui prend feu régulièrement depuis début juillet.

Dans leur lettre, les trois ONG – Biladi, l’Association libanaise pour la conservation de l’archéologie et du patrimoine (Alcap) et le Comité national de Blue Shield – et la BAU expliquent longuement pourquoi la préservation des silos est essentielle et comment cela peut être fait. Les signataires de la lettre mettent en avant les faits que les silos sont une partie intégrante du port et de la ville depuis 50 ans, que leur construction avait requis cinq ans, qu’il s’agit d’un bâtiment architectural très caractéristique de la façade maritime de la capitale et très lié à l’histoire de celle-ci depuis plus d’un demi-siècle, et, surtout, qu’il concentre en lui la mémoire de la tragédie du 4 août.

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Sur un plan plus pratique, les organisations font remarquer que la préservation des silos n’a aucun impact sur une éventuelle reconstruction de la partie détruite du port. Elles donnent des exemples sur des structures en béton qui, dans le monde, ont été préservées et consolidées en raison de leur forte symbolique dans les guerres, à l’instar du dôme de Genbaku à Hiroshima, cette structure qui a été la seule à rester debout près de l’hypocentre de l’explosion de la première bombe atomique en 1945 dans cette ville japonaise, et qui a été transformée en mémorial de la paix, ou encore les tours de défense construites par les nazis à Vienne pour faire face aux bombardements alliés, et qui ont elle aussi été consolidées et maintenues en place après une première intention de les démolir.

Afin de faire bénéficier les silos du port de la tendance mondiale à la préservation de ces bâtiments-témoins, encore faut-il savoir dans quel état ils se trouvent actuellement. La lettre des ONG et de la BAU se base sur des études-références telles que celle d’Emmanuel Durand, spécialiste dans la construction des silos et propriétaire d’une société de consultation, qui s’est penché sur le cas du port, celle de Yehia Temsah publiée par la BAU, un document dont il doit finaliser une seconde partie, et celle du bureau Khatib et Alami. Les conclusions sont les suivantes : les silos de la partie sud sont stables. Dans la partie nord, les silos penchent de manière plus ou moins rapide, mais il semble que les deux plus instables soient les deux premiers. Par conséquent, les signataires estiment que l’État libanais peut prendre des décisions se basant sur ces données, en préservant la partie stable et consolidant ce qui peut l’être. Mais il est « possible de préserver le bâtiment en tant que tel », insistent-ils. Ils rappellent que la société civile et le monde de l’architecture ont déjà lancé plus d’un concours pour la transformation des silos en mémorial, et que plusieurs idées proposent de les intégrer de manière consolidée et sûre dans le paysage.

Mikati « suit la situation »

De son côté, au regard des incendies dans les silos ces derniers jours, le Premier ministre désigné Nagib Mikati a mis en garde hier contre une « augmentation des risques d’effondrement de certaines parties » de la structure.

Dans un communiqué, M. Mikati a indiqué « suivre la situation » des silos, qu’il s’agisse de l’incendie ou des « fissures » sur leur structure. « Des rapports préparés par les ministères de l’Intérieur, de l’Économie, des Travaux publics et de l’Environnement font état d’une augmentation des risques d’effondrement de certaines parties des silos, dans le côté nord », a indiqué M. Mikati, dont le gouvernement avait préconisé la démolition.

Il a dès lors exhorté les parties concernées à « surveiller constamment les silos » et appelé à ce qu’« aucun membre de la Défense civile et des pompiers ne s’en approche, afin de ne pas mettre sa vie en danger ». Le Premier ministre a ajouté que la reprise du feu observée la veille était due à la combustion de câbles électriques proches, ce qui en expliquait la couleur noire, différente de la fumée observée ces deux dernières semaines, indiquant que les pompiers se sont rendus rapidement sur place pour l’éteindre.

Trois ONG spécialisées dans le patrimoine et l’Université arabe de Beyrouth (BAU) ont adressé une lettre le 20 juillet à la présidence du Conseil des ministres et au ministère de la Culture, demandant de réactiver la décision du ministre datant du 18 mars de classer les silos sur la liste du patrimoine national. Cette décision du ministre de la Culture, Mohammad Mortada, était intervenue deux jours après que le gouvernement de Nagib Mikati eut approuvé leur démolition, et avait eu pour effet de freiner le processus. Toutefois, le 14 avril, le cabinet était revenu à la charge, confiant au Conseil du développement et de la reconstruction la démolition de la structure, gravement endommagée durant la double explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, et qui prend feu régulièrement depuis début juillet. Dans leur...
commentaires (3)

Ces ONG devraient être interdites pour imbécillité manifeste et parasitisme.

M.E

16 h 11, le 27 juillet 2022

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Commentaires (3)

  • Ces ONG devraient être interdites pour imbécillité manifeste et parasitisme.

    M.E

    16 h 11, le 27 juillet 2022

  • Nous n’avons pas besoin de voir les silos pour nous souvenir de l’horreur du 4aout!!!!!

    MONA RIZK

    17 h 40, le 24 juillet 2022

  • Comme si on avait besoin de voir les silos pour se souvenir de l’horreur du 4aout. Mona rizk

    MONA RIZK

    11 h 33, le 24 juillet 2022

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