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Moyen-Orient - Droits Humains

Arrestation de l’ancien avocat de Khashoggi aux Émirats arabes unis

Arrestation de l’ancien avocat de Khashoggi aux Émirats arabes unis

L’ancien avocat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 à Istanbul, a été arrêté jeudi dernier à Dubaï. Ozan Kose/Archives AFP

L’ancien avocat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, brutalement assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul, est actuellement en détention à Abou Dhabi. Un représentant du gouvernement émirati a confirmé l’arrestation d’Asim Ghafoor le 14 juillet, alors qu’il était en transit à l’Aéroport international de Dubaï. M. Ghafoor devait se rendre à Istanbul pour un mariage. Son incarcération a été justifiée par des accusations portées contre lui dans le cadre d’une condamnation par contumace pour blanchiment d’argent et évasion fiscale, sur la base de preuves présentées aux tribunaux émiratis. Condamné à trois ans de prison et à une amende de plus de 800 000 dollars, selon l’agence officielle émiratie WAM citée par l’agence Associated Press, le citoyen américain devrait être déporté après avoir purgé sa peine.

Abou Dhabi a dépeint l’arrestation comme une action coordonnée avec Washington pour la lutte contre des « crimes transnationaux », alléguant que les autorités américaines avaient demandé l’aide émiratie dans une enquête sur une évasion fiscale présumée et des transferts de fonds suspects dans le pays. Selon Associated Press, les États-Unis ont pourtant réfuté hier avoir cherché l’arrestation aux Émirats arabes unis d’Asim Ghafoor, contredisant l’explication officielle fournie par Abou Dhabi. Samedi, alors que Joe Biden concluait sa tournée au Moyen-Orient avec une étape en Arabie saoudite, assistant à Djeddah au sommet élargi du Conseil de coopération du Golfe, un haut responsable de l’administration américaine avait confié à des journalistes que les États-Unis étaient au courant de l’arrestation et que « rien n’indiquait qu’elle était liée à l’affaire Khashoggi ». Si les services de renseignements américains accusent le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, d’avoir approuvé l’opération ayant visé le journaliste assassiné, ce dernier nie toute implication. La perspective de la rencontre entre Joe Biden et le dauphin saoudien qui a eu lieu vendredi dernier avait ainsi provoqué une levée de boucliers de la part des organisations de défense des droits de l’homme et d’activistes saoudiens en exil.

Cité par l’Associated Press, le département d’État a déclaré depuis avoir soulevé la question de la détention de l’avocat « avec les autorités émiraties aux plus hauts niveaux », affirmant lui avoir apporté un soutien consulaire à travers des représentants américains, qui l’ont vu notamment dimanche dernier. « Nous avons fait part de nos attentes à ce que le droit de M. Ghafoor à une audience publique et équitable, ainsi qu’à un procès équitable, soit entièrement respecté et à ce qu’il doive être traité humainement », ajoute la déclaration. Un officiel émirati a confié à Reuters que l’avocat est autorisé à demander un nouveau procès étant donné qu’il a été jugé la première fois par contumace. « Une requête a été reçue et approuvée, entraînant la réouverture du cas, et les procédures légales correspondantes sont en cours », a-t-il déclaré.

Avocat spécialiste des droits civils basé dans l’État américain de Virginie, Asim Ghafoor siège au conseil d’administration de l’organisation de défense des droits de l’homme DAWN (Democracy for the Arab World Now) qu’il a cofondée en 2018 avec Jamal Khashoggi, dont il était un ami proche. L’association, citant des officiers consulaires américains, a affirmé que l’avocat n’a pas connaissance d’une quelconque procédure judiciaire à son encontre, dénonçant une condamnation irrégulière et appelant à sa libération immédiate. Malgré les dénégations des EAU, Abou Dhabi est souvent pointé du doigt par les associations de défense des droits de l’homme pour l’incarcération de centaines d’activistes, de chercheurs ou d’avocats sur des bases juridiques vagues et souvent sans procès équitable.

Sources : L’OLJ et agences

L’ancien avocat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, brutalement assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul, est actuellement en détention à Abou Dhabi. Un représentant du gouvernement émirati a confirmé l’arrestation d’Asim Ghafoor le 14 juillet, alors qu’il était en transit à l’Aéroport international de Dubaï. M. Ghafoor devait se rendre à Istanbul pour un mariage. Son incarcération a été justifiée par des accusations portées contre lui dans le cadre d’une condamnation par contumace pour blanchiment d’argent et évasion fiscale, sur la base de preuves présentées aux tribunaux émiratis. Condamné à trois ans de prison et à une amende de plus de 800 000 dollars, selon l’agence officielle émiratie WAM citée par l’agence Associated Press, le citoyen américain devrait être...
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