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Monde - Guerre En Ukraine

Zelensky réclame un « tribunal spécial » à La Haye sur l’invasion russe

Les principaux combats restent concentrés sur l’est de l’Ukraine et le Donbass.

Zelensky réclame un « tribunal spécial » à La Haye sur l’invasion russe

Un immeuble détruit hier dans la ville de Popasna, dans la région de Louhansk. Alexander Ermochenko/Reuters

Au moins 20 personnes ont été tuées hier par des frappes russes sur une ville du centre de l’Ukraine, des bombardements qualifiés d’« acte ouvertement terroriste » par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ces frappes en fin de matinée sur une région du pays jusqu’alors relativement épargnée par la guerre, à plusieurs centaines de kilomètres des lignes de front, sont intervenues au moment où se préparait à La Haye une conférence sur les crimes commis en Ukraine. Dans une intervention en visioconférence lors de cet événement organisé par la Cour pénale internationale (CPI), la Commission européenne et les Pays-Bas, Volodymyr Zelensky a appelé à la création d’un « tribunal spécial » chargé de juger « les crimes de l’agression russe contre l’Ukraine ».

Selon l’armée ukrainienne, « trois missiles » ont touché un immeuble commercial et un parking de Vinnytsia, abritant des bureaux et des petits commerces. Ils avaient été tirés depuis des sous-marins en mer Noire, a précisé le porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne Iouri Ignat. « Chaque jour, la Russie tue des civils, tue des enfants ukrainiens, tire des missiles sur des cibles civiles où il n’y a rien de militaire. Qu’est-ce que c’est si ce n’est un acte ouvertement terroriste ? » a dit Volodymyr Zelensky immédiatement après les frappes. Devant la conférence à La Haye, à laquelle participaient les ministres de la Justice et des Affaires étrangères des pays de l’UE, il a précisé qu’« à cette minute, 20 personnes sont mortes, dont trois enfants. Et beaucoup, beaucoup sont blessés ».

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, présent à La Haye, a dénoncé un nouveau « crime de guerre russe ». La rédactrice en chef du groupe médiatique d’État Russia Segodnya, Margarita Simonian, a affirmé sur Telegram que l’armée russe lui avait dit avoir visé « la Maison des officiers, où des nationalistes avaient été déployés ».

Des frappes sur le Sud

Depuis plusieurs semaines, les frappes russes loin des lignes de front étaient relativement rares. Mais la guerre fait désormais rage autour de villes comme le port stratégique de Mykolaïv, proche de la mer Noire, qui a été touché tôt hier matin par une « frappe massive de missiles » pour le deuxième jour consécutif. « Deux écoles, des infrastructures de transport et un hôtel ont été endommagés », a déclaré la présidence dans son briefing matinal quotidien.

L’Ukraine a de son côté lancé depuis plusieurs semaines une contre-offensive pour reprendre Kherson, unique capitale régionale capturée par Moscou depuis le 24 février. Si la ligne de front reste relativement stable, ces attaques sont de plus en plus puissantes, avec de nouveaux systèmes de roquettes américains et européens ciblant les dépôts d’armes.

« Victoire totale »

Les principaux combats restent toutefois concentrés sur l’est de l’Ukraine et le Donbass. Selon le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, « les attaques massives d’artillerie et de mortier se poursuivent (et) les Russes tentent de percer vers Siversk et d’ouvrir la voie vers Bakhmout ». Les séparatistes prorusses soutenus par Moscou affirment de leur côté être près d’y remporter une nouvelle victoire, quelques jours après avoir pris plusieurs villes d’importance. « Siversk est sous notre contrôle opérationnel, ce qui signifie que l’ennemi peut être touché par nos tirs dans toute la zone », a déclaré un responsable séparatiste, Daniïl Bezsonov, cité par l’agence de presse russe TASS. Il n’a pas été possible de confirmer de source indépendante cette information.

Un peu plus au nord, dans la région d’Izioum, « on creuse quand c’est calme, on se cache quand ça tire », confiait un soldat ukrainien dans des tranchées labyrinthiques de plusieurs dizaines de mètres de long construites par l’armée ukrainienne, au son des tirs d’artillerie. Un des officiers déclarait toutefois que « la situation est sous contrôle », affirmant que l’armée russe n’avançait plus dans cette zone et que l’objectif pour l’Ukraine était désormais « la victoire totale ».

Espoir sur les céréales

Mercredi, au cours d’une réunion d’experts militaires à Istanbul, la Russie et l’Ukraine ont par ailleurs progressé sur l’épineuse question du blocage des exportations de céréales à partir des ports ukrainiens. Des « progrès réellement substantiels » ont été réalisés, a commenté le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui a exprimé l’espoir qu’un « accord formel » pourrait être prochainement conclu et a évoqué « une lueur d’espoir pour soulager la souffrance humaine et la faim dans le monde ». La négociation lancée il y a plus de deux mois vise à exporter par la mer Noire quelque 20 millions de tonnes de céréales bloquées dans des silos ukrainiens, en particulier à Odessa, tout en facilitant les exportations russes de grains et d’engrais.

Source : AFP

Au moins 20 personnes ont été tuées hier par des frappes russes sur une ville du centre de l’Ukraine, des bombardements qualifiés d’« acte ouvertement terroriste » par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ces frappes en fin de matinée sur une région du pays jusqu’alors relativement épargnée par la guerre, à plusieurs centaines de kilomètres des lignes de front, sont intervenues au moment où se préparait à La Haye une conférence sur les crimes commis en Ukraine. Dans une intervention en visioconférence lors de cet événement organisé par la Cour pénale internationale (CPI), la Commission européenne et les Pays-Bas, Volodymyr Zelensky a appelé à la création d’un « tribunal spécial » chargé de juger « les crimes de l’agression russe contre l’Ukraine ». Selon...
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