Stephen Ayres, un trumpiste repenti, et Jason Van Tatenhove, un ancien porte-parole des Oath Keepers, lors de la septième audition menée par la commission parlementaire chargée d’enquêter sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, à Washington, le 12 juillet 2022. Shawn Thew/AFP
L’extrême droite a coordonné l’assaut du Capitole après un message de Donald Trump perçu comme un « appel aux armes », a affirmé mardi un groupe d’élus enquêtant sur la manière dont l’ancien président a tenté de se maintenir au pouvoir. Cette commission parlementaire – sept démocrates et deux républicains répudiés par leur parti – a détaillé lors de sa septième audition les pressions exercées par le milliardaire, de l’élection présidentielle de 2020 jusqu’à l’assaut du Capitole par ses partisans, le 6 janvier 2021.
Au cœur de l’exposé des enquêteurs, un tweet de l’ex-homme d’affaires datant du 19 décembre 2020 et dans lequel le milliardaire appelle la foule à se rassembler dans la capitale américaine le jour de la certification de la victoire de Joe Biden. « Grosse manifestation à Washington le 6 janvier. Soyez-y, ce sera fou », écrit le locataire de la Maison-Blanche sur Twitter, son mégaphone favori à l’époque. « Ce tweet a fait office d’appel à l’action et, dans certains cas, d’appel aux armes pour de nombreux fidèles partisans du président Trump », a affirmé l’élue démocrate Stephanie Murphy.
Vidéos et montages à l’appui, la commission a détaillé comment animateurs radio, youtubeurs et personnalités conservatrices ont immédiatement relayé l’appel de Donald Trump. L’un d’entre eux évoque même la possibilité d’« attaquer » le Capitole. Le message de Donald Trump a aussi « électrisé et galvanisé ses partisans, en particulier de dangereux groupes extrémistes, comme les Oath Keepers, les Proud Boys et d’autres groupes de racistes et nationalistes blancs prêts à se battre contre le gouvernement », a accusé l’élu démocrate Jamie Raskin.
Un trumpiste repenti
Le groupe d’élus a en effet détaillé comment ces groupes radicaux se sont coordonnés en amont du « 6 janvier » via des messageries chiffrées et des forums en ligne. Et échangé régulièrement avec un proche de Donald Trump, Roger Stone. « Ils n’aiment peut-être pas se qualifier de milice, mais ils le sont, a affirmé Jason Van Tatenhove, un ancien porte-parole des Oath Keepers. C’est une milice violente. »
Arrivées dans la capitale fédérale américaine avec des équipements paramilitaires, les Oath Keepers et les Proud Boys ont rapidement intéressé les procureurs fédéraux. Plusieurs de leurs membres ont été inculpés ces derniers mois de « sédition », une accusation très rare qui implique d’avoir comploté contre le gouvernement ou l’une de ses lois. La commission parlementaire a aussi reçu mardi le témoignage d’un trumpiste repenti qui avait pénétré dans l’enceinte du Capitole le 6 janvier 2021 et a depuis perdu son emploi et été contraint de vendre sa maison. « Ça a changé ma vie et certainement pas en bien », a confié Stephen Ayres, qui est allé enlacer plusieurs policiers blessés lors de l’assaut du Capitole à la fin de l’audition.
Le témoignage de John Bolton
La commission du « 6 janvier » a enfin tenu à balayer la possibilité que Donald Trump ait pu être manipulé par qui que ce soit dans ses manœuvres pour renverser le résultat de l’élection de 2020. « Le président Trump est un homme de 76 ans, pas un enfant facile à impressionner », a assuré l’élue Liz Cheney, une des rares républicaines à avoir accepté de siéger dans cette commission. « Donald Trump ne peut pas se soustraire à ses responsabilités en étant délibérément aveugle », a-t-elle alerté, à l’heure où certains appellent à ce que l’ancien président soit inculpé pour ses manœuvres postélectorales.
Invité à commenter les auditions de la commission parlementaire sur l’attaque du Capitole, John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale sous l’administration Trump, a assuré mardi avoir lui-même « participé à la planification de coups d’État » en dehors des États-Unis. Face à l’affirmation lancée par le présentateur de la chaîne CNN, que quelqu’un n’avait pas besoin « d’être brillant pour tenter un coup d’État », M. Bolton a rétorqué d’un ton naturel : « Je ne suis pas d’accord. En tant que personne qui a aidé à planifier des coups d’État, pas ici, mais vous savez, ailleurs, ça demande beaucoup de travail. » John Bolton soutient ainsi que l’assaut du 6 janvier 2021 n’était pas une tentative de coup d’État de la part de Donald Trump, qui ne faisait « que basculer d’une idée à l’autre ».
Le milliardaire républicain, qui flirte ouvertement avec l’idée de se représenter à la présidentielle de 2024, dénonce avec véhémence les travaux de la commission, qualifiant mardi ses membres de « politicards » et de « voyous ». Son parti, qu’il contrôle encore d’une main de fer, a d’ores et déjà promis d’enterrer les conclusions de cette commission si les conservateurs venaient à prendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des législatives de mi-mandat en novembre.
Sources : agences


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