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Culture - Concerts

Les Musicales du Liban clôturent en beauté l’édition du printemps à Paris


Les Musicales du Liban clôturent en beauté l’édition du printemps à Paris

La chanson libanaise revisitée par le jeune et talentueux compositeur Wajdi Abou Diab et interprétée par le Beirut Contemporary Ensemble. Photo DR

Clôture en beauté de l’édition du printemps des Musicales du Liban en la cathédrale Notre-Dame du Liban à Paris. Ce festival qui en est à sa quatrième édition et dont le but est de diffuser et de faire connaître la musique savante libanaise, est le seul du genre à présenter un programme presque exclusivement consacré aux compositeurs libanais. Deux concerts étaient à l’affiche, deux concerts totalement différents, montrant, s’il en est encore besoin, la diversité et la multiplicité de la musique libanaise, pont entre les cultures, oscillant sans cesse entre Orient et Occident, entre tradition et modernité.

Le premier concert était intitulé « Voyage à travers la chanson libanaise ». Mais la chanson libanaise revisitée, par le jeune et talentueux compositeur Wajdi Abou Diab qui s’empare de ce patrimoine et le retravaille à sa façon, avec son langage musical très moderne, le restituant de manière totalement originale et novatrice. Comment ne pas dénaturer une musique, ne pas créer de contresens musicaux en « réorganisant » la mélodie ou le rythme ? C’est le défi que lance Wajdi Abou Diab en nous faisant entendre quelque chose que nous connaissons, mais que nous redécouvrons sous une forme nouvelle.

Le programme présentait également un cycle de six mélodies composées par Wajdi Abou Diab sur des poèmes en langue arabe. Les interprètes, regroupés sous le nom de Beirut Contemporary Ensemble, ont porté avec grâce et virtuosité un répertoire réputé difficile, le rendant accessible à tous. La soprano Lara Jokhadar au timbre inimitable, chaleureuse et téméraire, prend la musique à bras-le-corps, l’explique et la chante avec un goût et un respect qui lui permettent d’en affronter avec naturel les difficultés techniques. La pianiste Betty Salkhanian Courtian, exceptionnelle de vélocité et de sensibilité, aborde la complexité, notamment rythmique, de la partition en se montrant pleinement maîtresse du sujet. Zeinab Mawassi apporte à l’ensemble de l’œuvre la touche technologique indispensable aujourd’hui, par une vidéo qui accompagne le tout.

Hommage au père fondateur de la musique savante libanaise, Wadia Sabra. Photo DR

Une fine équipe de « sabraïstes »

Le second concert était un hommage au père fondateur de la musique savante libanaise, Wadia Sabra (1876-1952) dont les Musicales du Liban tenaient à célébrer les 70 ans de la disparition. Ici aussi une fine équipe, tous « sabraïstes » distingués. Le pianiste Georges Daccache, fidèle « porte musique » de ce répertoire qu’il connaît aujourd’hui à fond et qu’il interprète avec finesse et subtilité ; le baryton Fady Jeanbart qui, en plus d’interpréter brillamment les œuvres de Sabra, effectue un remarquable travail d’édition sur ses partitions ; la soprano Marie-José Matar dont la voix de cristal résonnait, bouleversante sous les voûtes de la cathédrale ; et la soprano Joumana Amiouni, de l’Opéra de Paris, prêtant sa voix chaude et veloutée à ce répertoire encore très méconnu. Cette dernière ayant été l’élève de Badia Haddad, la fille adoptive de Sabra, ressentait une émotion particulière en « ressuscitant », le mot n’est pas trop fort, les œuvres du maître. Le programme était surtout composé d’extraits des trois opéras de Wadia Sabra. Les Bergers de Canaan (1917), Les Deux rois (1928) et l’Émigré (1931). Une incursion dans la musique française du XIXe siècle (Saint-Saëns et Gounod) rappelait que Sabra avait côtoyé lors de ses années parisiennes (1893-1908) la fine fleur des compositeurs français de l’époque. Pour clôturer, la Marche orientale n°3, magistralement interprétée par Georges Daccache. Le langage musical de cette œuvre est un exemple typique du dialogue des cultures, emblématique de la musique savante libanaise dont Wadia Sabra a posé la première pierre. Et enfin un trio léger et primesautier, extrait de l’Émigré où les trois chanteurs et le pianiste se retrouvaient dans un bouquet final jubilatoire.

Beau moment musical et solidaire (la recette des deux concerts était offerte au collège de La Sagesse Saint-Jean Brasilia) et rendez-vous au mois de novembre pour l’édition d’automne avec une programmation inédite et beaucoup de belles surprises.

Clôture en beauté de l’édition du printemps des Musicales du Liban en la cathédrale Notre-Dame du Liban à Paris. Ce festival qui en est à sa quatrième édition et dont le but est de diffuser et de faire connaître la musique savante libanaise, est le seul du genre à présenter un programme presque exclusivement consacré aux compositeurs libanais. Deux concerts étaient à l’affiche,...
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