C’est la baisse en glissement annuel des investissements directs étrangers (IDE) au Liban à fin 2021, totalisant 273,1 millions de dollars, contre 1,31 milliard de dollars l’année précédente, selon les chiffres fournis par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED, ou UNCTAD dans son acronyme anglais), rapportés par le Lebanon This Week de la Bank Byblos. Il s’agit de la plus forte baisse des IDE en glissement annuel au Moyen-Orient. À titre de comparaison, les IDE vers la Palestine ont augmenté de 221 %, mais restent faiblement inférieurs à ceux du Liban (256 millions de dollars). Les IDE vers « les pays de l’ouest de l’Asie, dont fait partie le Liban, ont eux augmenté de 42,7 % durant la même période, et ceux vers les pays arabes de 59 %. C’est l’Arabie saoudite qui a connu la plus forte hausse durant cette période, de l’ordre de 257,2 %, passant de 5,4 milliards de dollars à 19,28 milliards.
Cet écart de tendance s’explique par le fait que le Liban traverse une crise aux multiples facettes : économique, financière et de confiance envers les banques, en raison des restrictions sur les comptes en devises imposées de manière illégale depuis la fin de l’été 2019. Sans oublier la cris politique, avec des réformes identifiées de longue date mais que les autorités tardent à mettre en place.
Tout cet environnement n’est pas propice aux affaires et n’encourage donc personne à investir au Liban, même si la monnaie a perdu 95 % de sa valeur et que ses exportations pourraient donc être plus compétitives.

Entre 2018 et 2019, les IDE ont diminué de près de moitié (48,1 %), passant de 2,7 milliards de dollars à 1,4 milliard. La chute entre 2020 et 2021 a été encore plus brutale, de 76,9 % (de 1,3 milliard de dollars à 273,1 millions), portant alors la diminution des IDE entre 2018 et 2021 à 88,9 %. Alors qu’entre 2016 et 2018, les IDE vers le Liban avaient augmenté de 3,84 %.
Ces chiffes se basent sur les chiffres officiels publiés par la Banque du Liban, qui elle suit la méthodologie définie par le Fonds monétaire international pour mesurer ces flux. Toutefois, ces flux ne permettent pas de financer des investissements en capital ou en capital humain pour développer des industries ou des commerces, mais sont plutôt transférés vers les banques commerciales libanaises afin de financer le secteur immobilier. En avril dernier, Guillaume Boudisseau, du cabinet de conseil immobilier Ramco, indiquait dans nos pages que les ventes à Beyrouth sont quasiment à l’arrêt, les propriétaires imposant des paiements en dollars frais, soit en espèces, soit en transfert de l’étranger. Il indiquait également qu’en moyenne, les prix de l’immobilier sont en moyenne inférieurs de 10 à 30 % par rapport à leur niveau de 2019.
D’un autre côté, les IDE depuis le Liban ont atteint 65,5 millions de dollars en 2021, en hausse de 527,5 % par rapport à leur niveau de 2020. Ainsi, les IDE nets ont atteint 207,6 millions de dollars en 2021, contre 1,3 milliard un an plus tôt.


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Il faut être fou pour investir au liban... ali baba aurait été un partenaire plus respectable que nos polichinelles
17 h 00, le 20 juin 2022