83,4 % : c’est la proportion de billets de 100 000 livres libanaises en circulation dans l’économie libanaise à fin décembre dernier, selon les chiffres publiés par la Banque du Liban dans son quatrième rapport trimestriel de 2021. Leur valeur s’élevait à 40 990,25 milliards de livres, alors que la valeur totale des billets en circulation dans l’économie atteignait 49 138,34 milliards de dollars. Les autres coupures (50 000, 20 000, 10 000, 5 000 et 1 000 livres) constituaient le reste. Les billets de 50 000 livres représentaient 13,3 % de ceux en circulation, soit 6 550,8 milliards de livres. Le reste représente 0,4 % du total.

La plus grande coupure libanaise, émise pour la première fois en 1994 et dont la dernière version a été publiée en 2011, a représenté les cinq dernières années plus de la moitié des billets en circulation. Par exemple, elle représentait 66,8 % des billets en 2016, mais sa proportion a explosé à partir de 2019, allant de pair avec la masse monétaire fiduciaire (les billets et pièces en circulation). Cette dernière est passée de 7 042 milliards de livres à décembre 2018 à 49 238 milliards à fin décembre 2021, soit une augmentation de 599,2 %.
En cause, la crise économique, financière et bancaire qui a débuté à la fin de l’été 2019 et dans laquelle le Liban continue de s’enfoncer depuis, en l’absence de réformes entamées par les autorités pour redresser le pays.
De plus, en raison des restrictions bancaires illégales mises en place de manière unilatérale par les établissements bancaires depuis fin 2019, les agents économiques préfèrent l’emploi d’une monnaie sonnante et trébuchante plutôt que de payer avec des outils bancaires (chèques, cartes bancaires ou encore transferts). Il en résulte ainsi un basculement vers une économie basée sur les espèces, selon les propos du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé le 11 novembre 2019, lors d’un passage sur la chaîne MTV.

Cette augmentation de billets et de pièces dans l’économie s’est accompagnée d’une dépréciation de la monnaie nationale qui a perdu près de 95 % de sa valeur. Depuis quelques jours, le taux de change s’est stabilisé à près de 28 000 livres pour un dollar, après avoir atteint un pic de 38 000 à fin mai.
Ainsi, en considérant le taux de change du marché parallèle, le billet de 100 000 livres, qui valait au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar 66,33 dollars, n’en vaut plus à présent que 3,57. De la même manière, pour effectuer par exemple un paiement de 100 dollars en 2018, il ne fallait qu’un billet de 100 000 livres et un de 50 000 LL. À présent, il faut utiliser 28 billets de 100 000 livres pour effectuer le même paiement, soit l’équivalent de 2,8 millions de livres.


émission de papier inutile ..il faut imprimer des billets de 500,000 et 1,000,000..je me rappelle au début des années 90 notre portefeuille était rempli de billets de 250LL qui ne valaient plus rien, la seule différence c’est que les autorités de l’époque n’étaient pas dans le déni et que le taux officiel correspondait au taux réel comme dans toute économie de marché.
11 h 45, le 13 juin 2022