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Monde - Élections

Une campagne des législatives atone en France

Le scrutin est menacé d’une très large abstention; Macron appelle à choisir une « majorité stable et sérieuse ».

Une campagne des législatives atone en France

Marine Le Pen durant son discours dans son fief d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, hier. Denis Charlet/AFP

À une semaine du premier tour, la campagne des législatives entre dans sa dernière ligne droite dans une relative indifférence, avec les macronistes qui espèrent conserver la majorité malgré la pression de l’alliance de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon.

Un avant-goût avec une semaine d’avance ? Les Polynésiens, qui votaient dès samedi, ont placé en tête les candidates investis par la majorité présidentielle dans la première (Nicole Bouteau, 41,9 %) et la deuxième circonscription (Tepuaraurii Teriitahi, 33,2 %). Dans la troisième circonscription, c’est en revanche le sortant Moetai Brotherson, qui siégeait avec les communistes à l’Assemblée, qui est arrivé en tête (34,2 %), deux points devant le candidat macroniste. Dans l’Hexagone, les candidats ont sillonné leurs circonscriptions tout le week-end.

Plus encore qu’à la présidentielle, l’abstention, attendue à un niveau record pour un premier tour de législatives (52 ou 53 % selon les sondages contre 51,3 % en 2017), devrait jouer un rôle-clé dans le scrutin des 12 et 19 juin.

« Il y a une atonie générale qui n’est pas une surprise, parce que les élections législatives qui suivent l’élection présidentielle, c’est toujours un moment d’un peu de faux plat sur le terrain », a estimé dimanche le marcheur Christophe Castaner dans l’émission Questions politiques (France Inter/FranceInfo/Le Monde).

L’abstention des jeunes et des classes populaires pourrait avantager la majorité actuelle, qui s’appuie sur un électorat plus âgé et plus aisé que celui du RN ou de l’alliance de la gauche (Nupes), estiment des spécialistes.

D’après un sondage IFOP mardi dernier, la majorité présidentielle (Ensemble !) arriverait en tête en nombre de sièges à l’issue du second tour (275-310 sièges), mais sans certitude d’obtenir la majorité absolue de 289 députés.

Elle devancerait l’alliance Nupes (LFI, EELV, PS, PC) autour de Jean-Luc Mélenchon qui pourrait atteindre entre 170 et 205 sièges, devant LR (35 à 55 députés) et le RN (20 à 50 sièges).

« Nos chances de gagner sont assez élevées », a lancé Jean-Luc Mélenchon mercredi à Paris pour galvaniser ses troupes, s’indignant de l’« inaction climatique » du gouvernement ou de la « montée de la pauvreté » dans le pays.

Suspense pour Manuel Valls

À l’extrême droite, Marine Le Pen, candidate dans le Pas-de-Calais où elle a prononcé un discours dimanche, s’est d’abord montrée très discrète dans cette campagne malgré ses 41,5 % à la présidentielle.

« Il a fallu digérer l’élection présidentielle, mais surtout, il n’y avait en face personne sur le ring », s’est défendu sur RMC dimanche le député et porte-parole du RN Sébastien Chenu, en déplorant qu’Emmanuel Macron se soit « planqué » depuis sa réélection.

Mme Le Pen a tenté de reprendre l’offensive médiatique dans la dernière ligne droite et rehaussé l’ambition du RN, traditionnellement pénalisé par le mode de scrutin aux législatives, passant d’un objectif de 60 élus à la « capacité de gagner 150 circonscriptions ».

Marine Le Pen a appelé hier, depuis son fief d’Hénin-Beaumont, à « vaincre » aux législatives « la malédiction » d’un « système vermoulu », en renvoyant dos à dos Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, les « deux mamelles de la déconstruction de la nation ». Dans un message vidéo publié auparavant, la chef d’extrême droite appelle aux côtés du président du parti, Jordan Bardella, à « aller voter ». La veille, il avait déjà conjuré « les patriotes » de « ne pas disperser leurs voix », en pleine guerre fratricide avec le camp d’Éric Zemmour (Reconquête !).

Ce dernier a également été étrillé par l’un de ses anciens « amis », le maire de Béziers Robert Ménard, qui s’est dit sur BFMTV « fâché, et pas à moitié », avec l’ancien polémiste qui a selon lui « caricaturé » leurs idées lors d’une campagne « folle furieuse » et qui « fait le jeu aujourd’hui de Mélenchon ».

Côté macroniste, 15 ministres, dont Mme Borne, sont candidats et jouent leur poste, selon la règle tacite qui impose à un membre du gouvernement de renoncer à son maroquin en cas de défaite électorale.

La secrétaire d’État chargée de la Mer Justine Bénin (MoDem) a une partie très difficile à mener en Guadeloupe. Et dans la 7e circonscription de Paris, Clément Beaune, ministre chargé de l’Europe, est sous la menace de l’insoumise Caroline Mécary, qu’un sondage (IFOP-Fiducial pour le JDD) donne gagnante d’un cheveu, mais dans la marge d’erreur.

Le score du ministre des Solidarités et ex-LR Damien Abad sera aussi scruté de près dans l’Ain, après des accusations par voie de presse de violences sexistes et sexuelles, qu’il récuse.

Cette polémique suivie de celle du fiasco autour de la finale de la Ligue des champions au Stade de France ont parasité la campagne des macronistes.

Emmanuel Macron a fini par s’engager avec deux déplacements mardi et jeudi et une interview dans la presse régionale vendredi soir, pour appeler les Français à choisir une « majorité stable et sérieuse » face au « projet de désordre et de soumission de Jean-Luc Mélenchon ou de Madame Le Pen ».

Après la Polynésie, les résultats du premier tour des 11 circonscriptions des Français de l’étranger sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi.

Avec une attention particulière pour la 5e (Espagne, Portugal, Andorre et Monaco), où l’ancien Premier ministre Manuel Valls se présente sous les couleurs de la majorité présidentielle.

Source : AFP

À une semaine du premier tour, la campagne des législatives entre dans sa dernière ligne droite dans une relative indifférence, avec les macronistes qui espèrent conserver la majorité malgré la pression de l’alliance de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon.Un avant-goût avec une semaine d’avance ? Les Polynésiens, qui votaient dès samedi, ont placé en tête les candidates investis par la majorité présidentielle dans la première (Nicole Bouteau, 41,9 %) et la deuxième circonscription (Tepuaraurii Teriitahi, 33,2 %). Dans la troisième circonscription, c’est en revanche le sortant Moetai Brotherson, qui siégeait avec les communistes à l’Assemblée, qui est arrivé en tête (34,2 %), deux points devant le candidat macroniste. Dans l’Hexagone, les candidats ont sillonné leurs circonscriptions...
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