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Monde - Sommet

À Tokyo, le Quad met en garde contre l’emploi de la force en Asie-Pacifique

À Tokyo, le Quad met en garde contre l’emploi de la force en Asie-Pacifique

Les dirigeants du Quad, réunis à Tokyo, le 24 mai 2022. Saul Loeb/AFP

Les dirigeants des États-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde ont mis en garde hier à Tokyo contre tout « changement du statu quo par la force », préoccupés par l’activité et l’influence militaire croissante de la Chine en Asie-Pacifique.

À l’issue de leur sommet dans la capitale nippone, les quatre pays regroupés dans l’alliance informelle appelée « Quad » ont semblé dresser un parallèle entre les ambitions territoriales de Pékin et l’invasion russe de l’Ukraine qui « ébranle les principes fondamentaux de l’ordre international ».

Aucun « changement du statu quo par la force » ne sera « jamais toléré nulle part, particulièrement » en Asie-

Pacifique, a prévenu le Premier ministre japonais Fumio Kishida lors d’une conférence de presse.

Des bombardiers chinois et russes ont volé mardi ensemble à proximité du Japon, et un avion de reconnaissance russe a survolé la zone située au nord de l’île de Hokkaido, a annoncé après le sommet le ministre nippon de la Défense Nobuo Kishi qui y a vu une provocation de Pékin et Moscou contre le Quad.

« Alors que la communauté internationale répond à l’agression de l’Ukraine par la Russie, le fait que la Chine ait entrepris une telle action en collaboration avec la Russie (...) est préoccupant. Cela ne peut être sous-estimé », a dit M. Kishi.

Pékin a confirmé ces vols, affirmant qu’ils entraient dans le cadre du « plan annuel de coopération militaire » entre la Chine et la Russie.

Le président américain Joe Biden avait affirmé lundi que les États-Unis seraient prêts à utiliser leurs moyens militaires en cas d’invasion de Taïwan par la Chine. Il a cependant précisé mardi que « l’ambiguïté stratégique » restait inchangée. Cette doctrine américaine consiste à ne reconnaître diplomatiquement que la Chine continentale tout en s’engageant à donner à Taïwan les moyens militaires pour se défendre en cas d’invasion.

« Je veux rappeler à la partie américaine qu’aucune force au monde, y compris les États-Unis, ne peut empêcher le peuple chinois d’accomplir une unification nationale complète », a réagi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Wang Wenbin. Si Washington « persiste sur la mauvaise voie, cela aura non seulement des conséquences irrémédiables pour la relation sino-américaine, mais aussi un coût insupportable pour les États-Unis », a-t-il ajouté.

La Chine omniprésente

Les membres du Quad s’inquiètent régulièrement des manœuvres militaires et des tentatives chinoises de « grignotage » autour d’îles du Pacifique. Dans leur déclaration hier, MM. Biden et Kishida, ainsi que le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese et l’Indien Narendra Modi, ont fait spécifiquement référence à « la militarisation » de secteurs contestés, à « l’utilisation dangereuse de navires de garde-côtes et de milices maritimes et aux efforts visant à perturber les activités d’exploitation des ressources offshore d’autres pays », autant d’activités que la Chine est accusée de mener dans la région. Ils ont également dévoilé un programme de surveillance maritime visant à « promouvoir la stabilité et la prospérité dans nos mers et nos océans ».

Leurs déclarations ont cependant évité toute mention explicite de la Chine ou de la Russie, alors que l’unité du Quad est compliquée par des désaccords avec l’Inde, seul membre à n’avoir pas condamné l’invasion russe de l’Ukraine, augmentant même ses importations de pétrole russe malgré les critiques. Mais M. Biden avait souligné plus tôt que ce sommet était celui « des démocraties contre les autocraties ».

La stratégie américaine vise une région Asie-Pacifique « libre, ouverte, connectée, sûre et résiliente. L’attaque de la Russie contre l’Ukraine ne fait que souligner l’importance de ces objectifs, les principes fondamentaux de l’ordre international », avait-il ajouté.

Investissements en Asie-Pacifique

Les pays de la région s’inquiètent également des efforts de Pékin pour nouer des alliances avec de petites nations du Pacifique. Après un accord de sécurité conclu le mois dernier avec les îles Salomon, la Chine pourrait, selon certains médias, vouloir l’étendre à d’autres pays de la région. Pékin a confirmé hier que son ministre des Affaires étrangères se rendrait dans une série de pays du Pacifique dont les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Fidji et Kiribati, et aurait des échanges vidéo avec la Micronésie et les îles Cook.

Les membres du Quad ont aussi annoncé mardi vouloir investir au moins 50 milliards de dollars dans des projets d’infrastructures en Asie-Pacifique au cours des cinq prochaines années.

Joe Biden est reparti mardi pour Washington, achevant ainsi sa tournée asiatique qui avait démarré par un séjour en Corée du Sud où planait la possibilité que l’imprévisible Corée du Nord tire un nouveau missile ou procède à un essai nucléaire.

Source : AFP


Les dirigeants des États-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde ont mis en garde hier à Tokyo contre tout « changement du statu quo par la force », préoccupés par l’activité et l’influence militaire croissante de la Chine en Asie-Pacifique.À l’issue de leur sommet dans la capitale nippone, les quatre pays regroupés dans l’alliance informelle appelée...

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