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Économie - Diplomatie

Sécurité alimentaire : l’ONU adopte la résolution initiée par le Liban

Le Liban entre dans la catégorie des pays pouvant bénéficier d’une action coordonnée, en tant que pays surendetté dont les filières d’importations sont perturbées par le contexte mondial et la crise qu’il traverse.

Sécurité alimentaire : l’ONU adopte la résolution initiée par le Liban

La représentante permanente du Liban auprès de l’ONU, Amal Moudallali. Photo Sylviane Zéhil

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté par consensus lundi à New York un projet de résolution axé sur « l’état de l’insécurité alimentaire mondiale », initié par le Liban, aux côtés du Brésil, de l’Égypte, des îles Fidji, du Kenya, du Pakistan, du Sénégal, de l’Afrique du Sud, ou encore de la Tunisie. Les États-Unis, qui assurent ce mois-ci la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU conformément au système de roulement en place, cosponsorisent le texte.

« Ciblée et orienté vers l’action », la résolution initiée par Beyrouth fait écho à un récent appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en demandant à la communauté internationale de soutenir, via des actions coordonnées, les pays en difficultés affectés par l’insécurité alimentaire dans le contexte de crise actuel, marqué par le conflit russo-ukrainien et l’inflation généralisée des prix des denrées. Le tout, en reconnaissant le rôle fondamental du système de l’ONU en tant que catalyseur et coordinateur d’une réponse mondiale globale sous sa direction. La résolution n’est pas contraignante, mais définit un cadre d’action sur le plan du droit international, auquel les membres pourront décider d’adhérer. Le Liban entre dans la catégorie des pays pouvant bénéficier de ce type d’action coordonnée, en tant que pays surendetté dont les filières d’importations sont perturbées par le contexte mondial et la crise qu’il traverse. La suppression des restrictions des exportations alimentaires – l’Inde a par exemple récemment suspendu ses exportations de blé suite à une baisse de sa production locale due à des chaleurs exceptionnelles – fait partie des actions coordonnées envisageables.

Nombreux défis

Seule à prendre la parole à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, la représentante permanente du Liban auprès de l’organisation, Amal Moudallali, a présenté les termes de cette résolution, suivi du vote des États membres. Répondant aux questions de L’Orient-Le Jour au Palais de verre de l’ONU, elle a indiqué qu’elle avait personnellement « lancé cette initiative, il y a un mois et demi (…) après avoir vu les pénuries de blé et de farine au Liban », pays marqué par une crise multidimensionnelle interne dont les effets empirent depuis 2019. Convaincue de la nécessité de venir en aide aux pays les plus vulnérables, elle regrette que le projet de résolution se soit d’abord heurté à une certaine résistance au sein de l’ONU, du fait « des divisions actuelles dues à la guerre en Ukraine », entre notamment les Européens, qui n’en « voulaient pas » et les pays en développement qui au contraire appelaient à l’adopter.

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« J’ai pu rassembler un groupe de base de 19 pays, et nous avons travaillé ensemble. Nous avons fait face à de nombreux défis, que nous avons en fin de compte pu surmonter. Les États-Unis ont rejoint le groupe ainsi que d’autres pays comme le Canada, le Mexique, les pays africains, du Moyen-Orient, etc. Nous avons travaillé ensemble pour trouver un compromis dans la mouture d’une résolution mutuelle, non politisée, qui ne n’aborderait pas du tout la guerre en Ukraine. Parce que si nous (abordions) cette guerre, la Russie (aurait mis) son véto », a expliqué la représentante du Liban.

« A travers cette résolution, nous voulions envoyer un message de solidarité et d’unité : malgré la guerre en Ukraine, malgré toutes les divisions, nous pouvons encore travailler ensemble sur une question importante pour tout le monde en particulier pour les pays en développement. Et ce message est important vu que cela fait deux à trois mois que l’ONU ne parvient plus à prendre de décision en raison des divisions en son sein », dit-elle avant d’ajouter : « L’ONU reste le lieu du multilatéralisme où le monde entier se rassemble et où il y a des défis. Et le plus important défi auquel nous sommes tous confrontés aujourd’hui est la famine ». « Nous avons prié le secrétaire général d’établir à l’adresse des États membres un rapport périodique sur l’évolution de la situation. Et nous demanderons au G7 et au G20 d’en faire une priorité », assure Amal Moudallali.

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La soumission de cette résolution au vote de l’Assemblée générale de l’ONU avait été annoncée la semaine dernière par le ministre libanais des Affaires étrangères et des Émigrés, Abdallah Bou Habib. Il s’était rendu à New York pour participer aux réunions ministérielles s’inscrivant dans le cadre d’une série de journées d’action sur la sécurité alimentaire mondiale organisée au siège de l’ONU, à l’initiative des États-Unis.


L’Assemblée générale de l’ONU a adopté par consensus lundi à New York un projet de résolution axé sur « l’état de l’insécurité alimentaire mondiale », initié par le Liban, aux côtés du Brésil, de l’Égypte, des îles Fidji, du Kenya, du Pakistan, du Sénégal, de l’Afrique du Sud, ou encore de la Tunisie. Les États-Unis, qui assurent ce mois-ci la présidence du...

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