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Politique - Législatives

Les circonscriptions où les expatriés auront une influence considérable

Les régions chrétiennes ont connu une forte mobilisation au moment du vote, selon les chiffres officiels publiés par le ministère des Affaires étrangères.

Les circonscriptions où les expatriés auront une influence considérable

Des affiches électorales sur l’autoroute à Zouk Mosbeh, dans le nord de Beyrouth. Joseph Eid/AFP

Les expatriés feront-ils pencher la balance ? Cette question était sur toutes les lèvres après la forte mobilisation des Libanais expatriés à travers la planète, appelés à voter aux législatives les 6 et 8 mai courant. Si les urnes ayant recueilli les bulletins de 142 041 non-résidents (soit 63,05 % des inscrits) ne seront pas dépouillées avant le 15 mai, les chiffres officiels des taux de participation dans chaque pays et pour chacune des 15 circonscriptions, publiés hier par le ministère des Affaires étrangères, livrent déjà un premier verdict.

Forte affluence chrétienne

De l’aveu même du ministre de l’Intérieur Bassam Maoulaoui, ce sont les circonscriptions à majorité chrétienne qui ont enregistré « les taux de participation les plus élevés ». Et les chiffres le prouvent. En effet, les quatre cazas ayant enregistré la mobilisation la plus importante sont le Metn (72,25 %), le Kesrouan (71,67 %), Batroun (69,63 %) et Jbeil (69,61 %). Au Nord III (Batroun, Bécharré, Koura, Zghorta), le taux de participation de la diaspora s’élève à 65,4 %, 17 447 électeurs (sur les 26 692 inscrits) s’étant déplacés vers les bureaux de vote. Ce chiffre est d’autant plus impressionnant quand on sait que le seuil électoral en 2018 dans cette circonscription, où le scrutin a presque toujours été un avant-goût de la bataille présidentielle, était de 11 579 voix. Les Libanais de la diaspora influeront donc considérablement sur les élections dans cette circonscription, leur poids équivalant à un coefficient électoral et demi. Selon les différentes machines électorales interrogées, ces électeurs ont choisi le vote-sanction contre le Courant patriotique libre de Gebran Bassil, le mandat du président Michel Aoun ayant été ponctué par une multitude de crises. Les Forces libanaises de Samir Geagea, le député démissionnaire Michel Mouawad et les groupes de la contestation semblent, eux, à même de profiter de cette dynamique. Dans le caza du Batroun, fief de Gebran Bassil, 4 473 expatriés se sont rendus aux urnes, soit 70 % des inscrits, le taux le plus élevé de cette circonscription.

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Les sunnites finalement mobilisés

Le Nord III n’est pas la seule circonscription où le nombre de votants à l’étranger dépasse le seuil électoral de 2018. Il y a aussi le Mont-Liban IV (Chouf-Aley), où 17 066 expatriés (soit 67 % des inscrits) ont déposé un bulletin, contre un seuil électoral de 13 125 voix. La contestation espère élire jusqu’à trois députés dans cette région sur 13 sièges à pourvoir. La majorité (10 509) de ces électeurs viennent du Chouf, région rendue plus compétitive par l’absence du leader sunnite Saad Hariri, qui a décidé de bouder la consultation populaire avec son parti. C’est d’autant plus le cas à Beyrouth II, fief traditionnel de la famille Hariri. Si l’ancien Premier ministre appelle implicitement ses partisans à boycotter le scrutin, les Libanais de la diaspora semblent ne pas l’entendre de cette oreille. Ainsi, toujours selon le ministère des Affaires étrangères, 16 346 non-résidents inscrits à Beyrouth II ont voté, soit un taux de participation de 62 %. Le nombre d’électeurs dépasse largement le seuil électoral de 13 075 en 2018 et permettra donc à la diaspora de faire pencher significativement la balance, d’autant plus que ce seuil risque de baisser si les électeurs haririens (quelque 60 000 en 2018 à Beyrouth II) au Liban ne se rendent pas aux urnes. Si la mobilisation des expatriés dans ce district de la capitale dépasse de loin les attentes, il n’est toujours pas possible en ce moment de déterminer si elle va profiter aux groupes de la contestation ou à l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui mène des efforts dans les régions sunnites pour combler le vide laissé par le parti bleu.

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La quatrième et dernière circonscription où le nombre de votants non résidents dépasse le seuil électoral est Beyrouth I. Dans cette région, qui a été la seule à avoir élu en 2018 une figure de la société civile, 6 320 expatriés ont voté, contre un seuil électoral de seulement 5 458 lors du dernier scrutin. Dimanche, toutes les listes en compétition auront les yeux rivés sur les deux sièges remportés par les aounistes en 2018 et compteront sur un vote-sanction des émigrés pour faire pencher la balance en leur faveur.

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Le renouvellement des passeports approuvé uniquement pour les législatives

Le Conseil des ministres a approuvé hier le renouvellement exceptionnel des passeports non valides contre un montant de 200 000 livres libanaises uniquement pour permettre aux Libanais de participer aux élections législatives. « La Sûreté générale disposera des prérogatives pour renouveler les passeports non valides des Libanais contre un montant de 200 000 LL », indique un décret publié et signé par le chef de l’État Michel Aoun. Cette décision s’applique aux passeports biométriques et à ceux conformes au format adopté en 2003. Ces passeports « seront utilisables uniquement pour le vote des Libanais résidant sur le territoire national et dont les noms figurent sur les listes électorales pour le scrutin. Cette mesure s’applique jusqu’à la fin du vote », précise le décret. Les personnes souhaitant renouveler leur passeport devront se rendre personnellement au bureau de la Sûreté générale dans le caza où elles votent, vendredi, samedi ou dimanche entre 8h et 18h. Les électeurs doivent être munis d’une photo-passeport et d’un extrait d’état civil. Sur le terrain, près de 15 000 fonctionnaires chargés de l’organisation des législatives se sont rendus hier aux urnes dans 29 bureaux de vote répartis à travers le territoire.


Les expatriés feront-ils pencher la balance ? Cette question était sur toutes les lèvres après la forte mobilisation des Libanais expatriés à travers la planète, appelés à voter aux législatives les 6 et 8 mai courant. Si les urnes ayant recueilli les bulletins de 142 041 non-résidents (soit 63,05 % des inscrits) ne seront pas dépouillées avant le 15 mai, les chiffres...

commentaires (1)

hahahaha ! ils ne changeront jamais meme dans les circonstances les plus delicates- pas pour eux-mais pour nous ! ils passent la loi qui force les 2 secteurs publique & prive a une augmentation de salaires-decret vite fait signe par daddy, ET aussi ce truc des passports fait sur leur mesure a daddy's tout pti bo fils, maintenant que les expatries ont dit leurs mots-apparemment anti ces bonnes gens. DU BO, DU BON, DUBONNET !

Gaby SIOUFI

11 h 49, le 13 mai 2022

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Commentaires (1)

  • hahahaha ! ils ne changeront jamais meme dans les circonstances les plus delicates- pas pour eux-mais pour nous ! ils passent la loi qui force les 2 secteurs publique & prive a une augmentation de salaires-decret vite fait signe par daddy, ET aussi ce truc des passports fait sur leur mesure a daddy's tout pti bo fils, maintenant que les expatries ont dit leurs mots-apparemment anti ces bonnes gens. DU BO, DU BON, DUBONNET !

    Gaby SIOUFI

    11 h 49, le 13 mai 2022

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