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Nos lecteurs ont la parole

Lettre ouverte au peuple libanais

Je suis chrétien, je suis musulman, je suis druze, mais, avant tout, et tout simplement je suis un citoyen libanais et un seul drapeau me représente, c’est celui du pays du Cèdre.

Mon Liban, tu as résisté à toutes les tornades, à tous les orages, à tous les conflits et les guerres. Les diverses communautés de ton peuple t’ont fait saigner et ton peuple lui-même a saigné de douleur, de sang, de rancune et de malveillance causés par tes dirigeants qui ne convoitaient que leurs intérêts personnels sans tenir compte de toi, de leur patrie.

Et malgré toi, tu as, à chaque fois, rebondi pour donner à tes citoyens une autre chance, mais hélas une partie de ton corps, et sans le vouloir, reste connectée par des chefs communautaires, une partie de ton corps est devenue malgré toi, souillée par des « pions » assoiffés de pouvoir, et a sombré dans le coma en te faisant perdre ton identité.

Jusqu’à quand vas-tu survivre mon Liban ? Tu as été, indépendamment de ton vouloir, victime de tes voisins de frontières, et victime des puissances étrangères. Tu as accueilli généreusement des réfugiés et tu es devenu la cible d’autrui qui réglait des représailles sur ton sol.

De par ta naissance, tu as été et tu as représenté un État-tampon : un lieu d’évacuation et de dérivation dans les conflits régionaux et internationaux.

Au sein de ta nation se sont créés d’autres États. Sur tous les fronts, ta nation défaillante s’est décomposée au gré de la politique intérieure et extérieure.

Tu t’es battu pour ton avenir mais ton peuple t’a trahi, il t’a coupé en deux « Beyrouth » lors de la guerre de 1975, séparant tes fils chrétiens de tes fils musulmans, une guerre fratricide chapeautée par tes dirigeants et des tiers au profit de leurs intérêts personnels.

Et pourtant, mon cher Liban, tu étais ouvert à la tolérance, toi le pays multiculturel à l’esprit créatif, ta diaspora ne manque pas de têtes pensantes, d’écrivains de talent, d’érudits, d’essayistes, mais, hélas un bon nombre de tes dirigeants t’a fait obstacle de par sa cupidité à ne s’intéresser qu’à la soif du pouvoir, son pouvoir tel un tentacule qui veut par tous les moyens amasser la fortune de ton peuple allant jusqu’à le rendre affamé, ton peuple qui jadis était et qui représentait une des élites de l’humanité.

Mon Liban, les criminels t’ont fait sortir de tes entrailles, ils ont amputé ton corps lors de l’explosion du 4 août 2020 : un crime abominable, une catastrophe de grande envergure.

Toi, mon Liban qu’on a surnommé « la Suisse du Moyen-Orient » qui jadis avait un parfum d’Orient et d’Occident, ton agenda culturel qui abondait de richesse.

« La révolution du 17 octobre 2019 » ne devait pas seulement protester et déverser la colère, il aurait fallu passer à l’action, une révolution passive, lorsqu’elle ne se fait pas entendre, doit passer à la révolution sanguinaire, car quand on a hélas des dirigeants qui ne veulent pas voir plus loin que le bout de leur nez et lorsqu’ils sont habités par la soif du pouvoir, il n’y a de choix qu’à recourir à une révolution sanguinaire quitte à envisager tout danger, comme avec le Covid qui a peut-être freiné la descente dans la rue. Mais je suis sceptique quant à cette hypothèse, car les politiciens ont fini par semer la zizanie et le trouble en incitant lâchement leurs voyous à semer les troubles pendant la révolution.

Ce qui est triste chez ton peuple, c’est que chaque communauté rejette la faute sur l’autre en osant prétendre que la diversité de ces communautés est une richesse et une ouverture d’esprit, néanmoins on est loin de la vérité.

Je reste toujours fidèle à mes dires en insistant que c’est au sein de chaque famille que l’éducation représente l’arme essentielle à inculquer à sa progéniture pour apprendre à vivre ensemble et qui se complémente par la culture à l’école.

À quand le réveil du coma mes chers compatriotes ? Cessez de rejeter les fautes aux dirigeants extérieurs et cependant, sans les innocenter, les premiers coupables sont nos politiciens qui sont en première ligne la cause du cataclysme libanais qui gardent le pouvoir, comme s’ils l’avaient enfanté et comme étant leur acquis.

Arrive un moment où se morfondre et se plaindre ne change pas la situation, il faut agir et changer la donne.

Un cri de rage, un cri du cœur, un cri des tripes, un cri libanais. Je me désole, je souffre, je peine de voir mon Liban changer de visage malgré lui. J’enrage de constater que ma patrie d’origine est tributaire de son gouvernement et de ses pions qui ont conduit « la Suisse du Moyen-Orient » à la dérive. Peuple libanais réveille-toi. Partisans de vos dirigeants, jusqu’où vont vous conduire votre manque de lucidité, votre manque de dignité, votre manque de patriotisme ? Notre pays qui jadis représentait la perle du pays du Levant sombre à présent dans le gouffre de sa peine et déclare involontairement forfait faute de patriotisme.

La fameuse citation de Joseph de Maistre « Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite » reflète hélas une partie non négligeable d’une certaine bande de charlatans, esclaves de leurs politiciens.

La patrie devient victime de ses responsables et de ses pions. Le Liban ne doit avoir qu’un seul drapeau qui reflète l’âme d’une nation. Peuple libanais réveille-toi, réveille le patriotisme au sein de la famille et de l’école : la nation n’a qu’une bannière, le drapeau libanais, il est impératif à présent d’instaurer dans les écoles le symbole de la république.

On meurt pour la patrie, pour la paix, pour la liberté et non pour les partis politiques qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt de la nation. Agissez, Libanais, avec votre cœur et votre raison pour l’âme de votre patrie.

Le Liban a perdu son visage, ses responsables l’ont amoché ! On parle de rendre son visage fédéral mais cela n’empêchera aucunement une guerre civile.

Peuple libanais, rends justice à ta religion, à ta communauté ; la devise d’une religion c’est aimez-vous les uns, les autres.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Je suis chrétien, je suis musulman, je suis druze, mais, avant tout, et tout simplement je suis un citoyen libanais et un seul drapeau me représente, c’est celui du pays du Cèdre. Mon Liban, tu as résisté à toutes les tornades, à tous les orages, à tous les conflits et les guerres. Les diverses communautés de ton peuple t’ont fait saigner et ton peuple lui-même a saigné de douleur, de sang, de rancune et de malveillance causés par tes dirigeants qui ne convoitaient que leurs intérêts personnels sans tenir compte de toi, de leur patrie. Et malgré toi, tu as, à chaque fois, rebondi pour donner à tes citoyens une autre chance, mais hélas une partie de ton corps, et sans le vouloir, reste connectée par des chefs communautaires, une partie de ton corps est devenue malgré toi, souillée par des « pions »...
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