Le chef druze libanais Walid Joumblatt. Photo d’archives Anwar Amro/AFP
Le leader druze et chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a affirmé dimanche qu’il "ne votera ni pour Gebran Bassil ni pour Sleiman Frangié" à l’élection présidentielle d’octobre, alors que les leaders du Courant patriotique libre et du mouvement Marada, tous deux alliés du Hezbollah, sont pressentis comme de sérieux présidentiables. L’heure ne semble donc pas à la cohabitation, mais plutôt à la confrontation, d’où l’escalade verbale pour laquelle a opté le leader druze qui a ouvertement critiqué le parti de Dieu et son arsenal. Cette dernière escalade du chef druze face au Hezbollah à moins d’un mois d’un scrutin législatif dans le cadre duquel la bataille s’annonce corsée entre le camp de l’ex-14 Mars – rassemblant le PSP, les Forces libanaises, Samir Geagea, et l’ancien Premier ministre Fouad Siniora – et le camp du parti de Dieu et de ses alliés. Elle intervient aussi quelques jours après le retour de l’Arabie saoudite sur la scène libanaise, un développement qui pourrait changer la donne et profiter au camp hostile au parti pro-iranien.
"Je ne voterai ni pour Gebran Bassil, ni pour Sleiman Frangié", s'est promis Walid Joumblatt lors d'une discussion avec des Libanais expatriés, dont les propos ont été rapportés par le média du PSP, al-Anba'. "Il faut qu'une force souverainiste reste au Parlement, pour refuser tout candidat proche du camp syro-iranien à la présidence", a-t-il poursuivi. Il a ainsi appelé à ce qu'il y ait "au moins un minimum d'équilibre entre les partis souverainistes et ceux de la classe dirigeante". "Si nous ne parvenons pas à imposer au minimum notre parole, que vont-ils faire ? Nous tuer ?", a-t-il lancé. "En principe, les armes sont dirigées contre l'ennemi israélien, mais nous pouvons imposer notre avis via les lois et les nominations. Sinon est-ce qu'ils nous tueront ?", a-t-il insisté. "Ils constituent un parti et un régime qui ne croit pas au dialogue, et nous en avons vu la preuve avec Rafic Hariri et Lokman Slim", a-t-il ajouté, en référence à l'ancien Premier ministre assassiné en 2005 et à l'intellectuel et activiste anti-Hezbollah notoire tué par balles au Liban-Sud en 2021.
Retirer ses armes au Hezbollah... mais pas par la force
Critiquant ainsi l'arsenal du parti de Hassan Nasrallah, Walid Joumblatt a affirmé qu'il "n'a pas abandonné sa proposition de désarmer le Hezbollah". "Je ne parle pas de lui retirer ses armes par la force, car cela est impossible et nous entraînerait vers une guerre civile", a-t-il précisé. Se réclamant de l'axe arabe face au régime syrien et à l'Iran, le chef druze a exprimé sa satisfaction des conséquences possibles du retour des ambassadeurs des pays du Golfe au Liban et la concrétisation de "l'initiative franco-saoudienne", évoquant "un retour à l'équilibre, afin de ne pas rester sous la coupe syro-iranienne".
M. Joumblatt a encore dénoncé l'intention selon lui de Gebran Bassil "de compromettre le vote des Libanais de l'étranger via le ministère des Affaires étrangères". Comme d'autres observateurs, le leader druze soupçonne ainsi le CPL d'influencer les diplomates chargés de la tenue du scrutin à l'étranger, prévu pour avoir lieu les 6 et 8 mai. Alors que les diplomates avaient entamé une grève ouverte il y a plus d'une semaine pour réclamer leur droit à des permutations et nominations que le gouvernement n’a toujours pas tranchées, ils ont finalement suspendu leur mouvement mercredi dernier.
Se penchant en outre sur les questions économiques et à la crise aiguë que traverse le Liban depuis bientôt trois ans, le chef du PSP a estimé que "le plus important réside dans le sérieux du travail du gouvernement concernant son approbation d'un protocole avec le Fonds monétaire international (FMI), car l'accord préliminaire ne suffit pas s'il ne se traduit pas réellement par un accord du Parlement". Le gouvernement avait annoncé il y a près de deux semaines un accord préliminaire avec l'instance internationale, qui devrait allouer sous conditions 3 milliards de dollars pendant quatre ans pour aider le Liban à faire face à ses multiples crises.
À l'approche des élections du 15 mai, les prises de position se multiplient notamment autour de la question du Hezbollah. Le président Michel Aoun, qui s'était entretenu hier avec le patriarche maronite Béchara Raï avant l'office religieux de Pâques, a critiqué le tandem chiite Amal-Hezbollah mais sans le nommer, et l'a tenu pour responsables du blocage de l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth.



L'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur les baleines au large de l'Afrique du Sud
À L' ENTENDRE : ESPÉRONS QU'IL VOTERA JOUMBLAT! DITES MAIS C'EST SON FISTON ( HONTEUX NON?? ) .....
15 h 35, le 19 avril 2022