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Monde - Guerre en Ukraine

Des « centaines » de personnes sous les décombres d’un théâtre bombardé à Marioupol

Xi appelle Biden à œuvrer ensemble pour la paix mondiale.

Des « centaines » de personnes sous les décombres d’un théâtre bombardé à Marioupol

Un immeuble éventré à Kiev, suite aux bombardements aveugles de l’armée russe sur la capitale ukrainienne, le 18 mars 2022. Sergei Supinsky/AFP

Des « centaines » de personnes étaient toujours vendredi sous les décombres d’un théâtre bombardé par les forces russes à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, selon le président ukrainien, et des missiles russes ont frappé les abords de Lviv, la grande ville jusqu’alors épargnée de l’ouest du pays.

Deux jours après le bombardement d’un théâtre à Marioupol, Volodymyr Zelensky a annoncé que « plus de 130 personnes ont pu être sauvées. Mais des centaines d’habitants de Marioupol sont toujours sous les décombres », a-t-il ajouté dans une vidéo, alors même que l’armée russe a annoncé se battre désormais dans le centre-ville de ce port sur la mer d’Azov, assiégé depuis des jours. M. Zelensky a promis la poursuite des opérations de secours « malgré les bombardements » qui se poursuivent dans cette ville. Les autorités ukrainiennes avaient accusé mercredi l’aviation russe d’avoir « sciemment » bombardé un théâtre de Marioupol où étaient réfugiés des centaines d’habitants, ce que la Russie a démenti.

La mairie de Marioupol a signalé que la situation était « critique » en ville avec des bombardements russes « ininterrompus » et des destructions « colossales ». Selon les premières estimations, environ 80 % du parc de logements de la ville a été détruit.

L’armée russe a affirmé hier avoir réussi à pénétrer dans la ville et y mener des combats, aux côtés de troupes de la « république » séparatiste de Donetsk. Ces troupes « resserrent leur étau d’encerclement et combattent les nationalistes dans le centre de la ville », a affirmé à Moscou le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov. La prise de Marioupol serait un important tournant dans le conflit et permettrait à la Russie d’assurer une continuité territoriale entre ses forces venues de la Crimée annexée et les troupes du Donbass.

Des missiles contre Lviv

Près de Lviv, à des centaines de kilomètres à l’ouest, « des missiles ont frappé le quartier de l’aéroport », a écrit sur son compte Facebook Andriy Sadovy, le maire de cette grande ville située près de la frontière polonaise, jusque-là épargnée par les combats. Il a assuré que la frappe n’avait pas touché directement les installations aéroportuaires mais une usine de réparation d’avions, sans faire de victime. « C’est une frappe sur la ville de Lviv, un hub humanitaire où se trouvent plus de 200 000 déplacés » et cela montre « qu’ils se battent non pas contre des militaires mais contre la population », a affirmé Maksym Kozytsky, le gouverneur régional de Lviv, faisant état d’un blessé léger.

Entretien Xi-Biden

Lors de son entretien de près de deux heures vendredi avec Joe Biden, le président chinois a assuré que la Chine et les États-Unis ont la responsabilité d’aider à la paix mondiale. Un conflit « n’est dans l’intérêt de personne », a-t-il affirmé, selon la télévision chinoise. « La crise ukrainienne n’est pas quelque chose que nous souhaitions voir » arriver, a-t-il ajouté. Le ton avait été donné jeudi par le secrétaire d’État Antony Blinken. « Le président Biden (...) lui dira clairement que la Chine portera une responsabilité pour tout acte visant à soutenir l’agression russe et que nous n’hésiterons pas à lui imposer des coûts. » Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine, avait exposé clairement l’enjeu de la conversation, hier sur CNN : « Nous voulons que le Parti communiste chinois, qui est une puissance très importante sur la scène internationale (...) comprenne que son avenir est avec les États-Unis, avec l’Europe, avec d’autres pays développés et en développement. Leur avenir ce n’est pas de soutenir Vladimir Poutine. »

Pour Joe Biden, les deux superpuissances sont certes vouées à se livrer à une concurrence impitoyable sur le plan économique et stratégique, mais en maintenant un dialogue suffisant pour que cet affrontement ne soit pas facteur de chaos au niveau international. Mais cette vision du président américain ne résisterait pas à un soutien ouvert de la Chine à la Russie, se manifestant par des livraisons d’armement, ou par des accords économiques et financiers donnant à Moscou les moyens de contourner en partie au moins les très sévères sanctions occidentales.

Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, le régime communiste chinois, partageant avec la Russie une profonde hostilité envers les États-Unis, s’est abstenu d’exhorter le président russe Vladimir Poutine à retirer ses troupes d’Ukraine. Mais la Chine a peut-être déjà commencé à prendre ses distances avec Moscou car, d’après des diplomates à l’ONU, la Russie a renoncé jeudi soir à tenir le lendemain un vote au Conseil de sécurité sur une résolution liée à la guerre en Ukraine, faute de soutien de ses plus proches alliés.

M. Biden n’a pas mâché ses mots à l’égard de M. Poutine, le traitant de « voyou » et de « dictateur sanguinaire » après l’avoir qualifié la veille de « criminel de guerre ».

Outre Marioupol, les bombardements se poursuivaient aussi à Kiev et à Kharkiv, deuxième ville du pays, dans le nord-est, où au moins 500 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre. Selon le service d’urgence ukrainien, des tirs russes ont fait un mort et 11 blessés à Kharkiv hier.

La capitale s’est vidée d’au moins la moitié de ses 3,5 millions habitants. Selon la mairie, 222 personnes, dont 60 civils, ont été tués à Kiev depuis le début de l’invasion.

Dans la banlieue de Zaporojie (Sud-Est), Moscou a indiqué avoir tiré deux missiles balistiques de courte portée sur des positions ukrainiennes d’où auraient été tirés des missiles en direction de Melitopol (Sud), investie par les forces russes.

Aucun bilan global précis n’a été fourni même si le président Zelensky a mentionné le 12 mars la mort d’« environ 1 300 » militaires ukrainiens, tandis que Moscou a seulement rapporté près de 500 morts dans ses rangs le 2 mars. D’après le décompte au 16 mars du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) en Ukraine, soulignant que ses chiffres sont probablement très inférieurs à la réalité, au moins 780 civils – dont 58 enfants – ont été tués en Ukraine et plus de 1 250 blessés.

Faire traîner

Trois semaines après le début de l’invasion, Moscou ne donne aucun signe de répit dans son offensive et accuse Kiev de « faire traîner » les pourparlers entre les belligérants. La Russie a indiqué vouloir négocier avec Kiev un statut de neutralité et démilitarisé. Les autorités ukrainiennes, sans balayer l’idée d’une neutralité et en semblant renoncer à une adhésion à l’OTAN, ont, elles, réclamé la désignation de pays garants de sa sécurité et qui la défendraient militairement en cas d’agression par Moscou. Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a affirmé sur la chaîne Russia Today que Moscou « ne ferme pas la porte à l’Ouest », tout en dénonçant une « tentative » de Washington de créer un « monde unipolaire ». M. Blinken a, quant à lui, estimé jeudi que la Russie n’avait pas démontré jusqu’ici « d’effort significatif » pour trouver une sortie de crise.

Plus de 3,2 millions d’Ukrainiens ont pris les routes de l’exil, dont près des deux tiers vers la Pologne, parfois seulement une étape avant de continuer leur exode.

Les besoins humanitaires en Ukraine se font « de plus en plus urgents », avec plus de 200 000 personnes privées d’eau rien que dans la région de Donetsk et de « graves pénuries » de nourriture, d’eau et de médicaments dans des villes comme Marioupol ou Soumy, a déclaré hier un porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh.

Source : AFP

Des « centaines » de personnes étaient toujours vendredi sous les décombres d’un théâtre bombardé par les forces russes à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, selon le président ukrainien, et des missiles russes ont frappé les abords de Lviv, la grande ville jusqu’alors épargnée de l’ouest du pays.Deux jours après le bombardement d’un théâtre à Marioupol,...
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