L'ancien chef du gouvernement, Fouad Siniora. Photo Ani
À l'instar du Premier ministre libanais Nagib Mikati lundi, l'ancien chef du gouvernement Fouad Siniora a annoncé mardi qu'il ne sera pas candidat aux élections législatives prévues en mai 2022, tout en appelant tous les Libanais à voter lors de cette échéance. Une décision qui intervient dans le sillage du retrait de la vie politique de l'ex-Premier ministre et chef du courant du Futur, Saad Hariri, dont M. Siniora est proche.
"Arrivistes"
Après avoir critiqué ses adversaires politiques, notamment le Hezbollah et le camp politique du président de la République Michel Aoun, sans les nommer, et dénoncé "le suivisme, la tutelle, les armes illégales et la corruption omnipotente qui empêche les réformes", M. Siniora a affirmé qu'il est "temps de renouveler le sang politique et de soutenir les figures prometteuses". "(...) Pour toutes ces raisons, je renonce à me porter candidat au prochain scrutin, mais j'insiste à appeler notre public à Beyrouth, Saïda, dans le Nord, la Békaa et le Mont-Liban, ainsi que dans tout le pays, à participer à ce scrutin important et crucial, afin que les arrivistes ne parviennent pas à falsifier la représentation, et combler le vide laissé par l'appel à boycotter le scrutin", a expliqué M. Siniora.
"Ma renonciation à poser ma candidature n'est pas motivée par une volonté de boycott. Au contraire, elle a pour but de laisser la place à de nouvelles figures. Cette renonciation ne m'empêche pas de rester entièrement concerné par cette échéance électorale. C'est pour cela que j'annonce dès maintenant mon implication dans ces élections à tous les niveaux, sans toutefois être candidat", a ajouté l'ex-Premier ministre.
Interrogé sur les listes de candidats qu'il compte soutenir, M. Siniora a préféré rester vague. "Ma conférence aujourd'hui n'avait pas pour but d'annoncer des listes. Des efforts sont en cours pour former ces listes qui seront annoncées en temps voulu. Dans les prochains jours, nous y verrons plus clair et des listes seront annoncées", a-t-il indiqué.
Lundi, le Premier ministre Nagib Mikati avait pour sa part affirmé croire "au caractère inéluctable du changement et à la nécessité de laisser la nouvelle génération s'exprimer et définir ses choix, à travers les prochaines élections législatives". Des propos qui devaient justifier sa décision de ne pas présenter sa candidature aux législatives.
La surprenante décision de Saad Hariri de suspendre ses activités politiques et, par conséquent, de ne pas se présenter aux élections, avait rebattu les cartes électorales en privant la scène sunnite de son principal représentant, et a été interprétée comme un motif sérieux d’un report des élections. Mais l’écueil potentiel a été surmonté avec les appels répétés de Dar el-Fatwa et du mufti de la République, Abdellatif Deriane, à la participation massive aux élections et avec l’annonce de M. Siniora de sa volonté de participer au scrutin, soit en tant que candidat lui-même, soit en appuyant des listes, ouvrant ainsi la voie à de nombreuses candidatures de personnalités proches ou dans la mouvance du courant du Futur.
La décision de M. Hariri a eu l'effet d'un séisme sur la scène politique. Elle a mis dans l’embarras différents partis et alliés potentiels, comme le leader druze Walid Joumblatt, le président du Parlement Nabih Berry, mais aussi le Hezbollah qui entretenait ces dernières années un modus vivendi avec l’ex-chef du gouvernement.



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Sourire sournois, comme Seniora est.
20 h 35, le 15 mars 2022