À Yantai, les habitants se font tester pour détecter le Covid-19, le 14 mars 2022. China Out/Photo AFP
Voir le visage de ses collègues ou de sa maîtresse en entier, ne plus sortir son passe pour prendre un café au bar... l’essentiel des restrictions anti-Covid sont levées en France à partir d’hier sur fond d’appel à la prudence face au « rebond » de l’épidémie.
Toute personne qui le désire peut maintenant accéder aux cinémas, théâtres, restaurants, foires... sans justifier d’un passe vaccinal. Ou encore arpenter visage découvert les couloirs des écoles et les rayons des commerces. Il n’est pas pour autant question de la fin du masque, qui reste obligatoire dans les transports et dans les établissements de santé. De son côté, un passe « sanitaire », qui fonctionne aussi avec un test négatif au virus, est quant à lui maintenu dans les établissements de santé et les Ehpad.
Si début mars, quand ces mesures d’allègement ont été annoncées par le gouvernement, la forte et longue cinquième vague de l’épidémie redescendait clairement, ce n’est maintenant plus le cas. Ces derniers jours, le nombre de nouveaux cas positifs est même reparti à la hausse en France : la moyenne des sept derniers jours était dimanche de plus de 65 250 nouveaux cas, contre 50 646 une semaine auparavant. Cette inversion de tendance reste pour l’heure sans effet dans les services de soins critiques, même si une hausse du nombre d’hospitalisations a été enregistrée dimanche. « Il faut encore attendre un petit peu pour voir si cette tendance se confirme mais effectivement au niveau de l’Europe, on voit la même chose », a indiqué sur France Inter Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris. Ce membre du conseil scientifique y voit « trois raisons » : la présence du sous-variant BA2, « un peu plus transmissible », la « réouverture des écoles » après ses vacances et « probablement un relâchement de la population, qui est assez normal ».
Concédant qu’il y avait actuellement une « reprise des cas », le chef du gouvernement, Jean Castex, a cependant exclu, samedi, de « changer de stratégie ». Le gouvernement a également décidé d’ouvrir « dès à présent la quatrième dose de vaccin aux plus de 80 ans » et recommande « fortement aux personnes fragiles du fait de leur âge ou de leurs pathologies de maintenir le port du masque dans les lieux clos et dans les grands rassemblements ».
Reconfinement en Chine
En Chine, les 17 millions d’habitants de Shenzhen, centre technologique du sud du pays, ont passé leur première journée reconfinés lundi en raison d’une flambée record des cas de Covid-19. Les autorités de Shenzhen ont imposé un nouveau confinement dimanche après l’apparition de foyers épidémiques liés au territoire voisin de Hong Kong, où le virus cause de nombreux décès. Le géant taïwanais de l’électronique Foxconn, principal fournisseur d’Apple, a annoncé hier la suspension de ses activités à Shenzhen, sa plus grande usine, le confinement entravant l’activité manufacturière locale.
Shenzhen est l’une des dix villes de Chine à faire l’objet d’un confinement qui concerne également des centres importants, comme Dalian, Nanjing et Tianjin près de Pékin. Les autorités ont recensé hier 2 300 nouveaux cas à travers le pays. Près de 3 400 avaient été comptabilisés la veille, le chiffre le plus élevé depuis le début de la pandémie. Si le nombre de cas demeure faible comparé à d’autres pays, il reste remarquable dans le contexte de la Chine où les autorités n’ont de cesse, depuis 2020, d’appliquer une politique « zéro Covid » face à l’épidémie.
Ces derniers jours, au moins 26 responsables de trois provinces ont été limogés en raison de leur mauvaise gestion de l’épidémie, ont rapporté des médias d’État.
Un responsable de la santé, Lei Zhenglong, a indiqué sur la chaîne d’État CCTV que plus de 10 000 contaminations avaient été recensées en mars dans une dizaine de provinces et a prévenu d’une situation « toujours évolutive » dans beaucoup d’endroits.
À Shanghai, métropole la plus peuplée de Chine, des quartiers résidentiels ont été bouclés même si les autorités essaient d’éviter un confinement général. Dans la province de Jilin, dans le Nord-Est, au moins cinq villes de cette province sont bouclées depuis début mars dont le grand centre industriel de Changchun où les neuf millions d’habitants sont depuis vendredi confinés chez eux.
Jusqu’à présent, la Chine est parvenue à contrôler les foyers épidémiques sporadiques au moyen de confinements locaux, de dépistages de masse, d’un contrôle de sa population par l’intermédiaire d’applications de traçage alors que les frontières du pays restent pratiquement fermées. Mais l’apparition du variant Omicron montre les limites de cette approche au moment où la plupart des autres pays ont fait le choix de vivre avec le virus, et face à la lassitude de la population et la contagiosité d’Omicron.
Source : AFP


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