Nikita Mazepin, photographié ici le 9 décembre 2021 à la veille du dernier Grand Prix de F1 de la saison passée, à Abou Dhabi. Évincé de l’écurie américaine Haas car il est russe, Mazepin a créé une fondation pour soutenir les sportifs perdant leur emploi « pour des raisons politiques ». Giuseppe Cacace/AFP
Le pilote russe Nikita Mazepin, évincé la semaine dernière de l’écurie de F1 Haas après l’invasion de l’Ukraine par son pays, a annoncé hier mercredi la création d’une fondation pour soutenir les sportifs perdant leur emploi pour des raisons politiques. Cette fondation « se consacrera à aider les athlètes qui, pour des raisons politiques indépendantes de leur volonté, perdent leur capacité à concourir au plus haut niveau », a ainsi expliqué le pilote âgé de 23 ans, lors d’une conférence de presse virtuelle. « Elle sera financée par Uralkali, en utilisant l’argent qui avait été prévu pour le partenariat en F1 cette saison », a-t-il poursuivi.
Sponsor titre de Haas depuis 2021, le groupe russe Uralkali a vu son contrat rompu « avec effet immédiat » par l’écurie américaine samedi dernier, en même temps que le contrat de Mazepin. Nikita est le fils du milliardaire et oligarque russe Dmitry Mazepin, actionnaire du groupe Uralkali, spécialisé dans la production de potasse.
Nikita Mazepin a encore indiqué que « la fondation allouera des ressources financières et non financières à ces athlètes qui ont passé leur vie à se préparer pour les Jeux olympiques ou paralympiques, ou d’autres événements de haut niveau, pour découvrir qu’ils sont finalement interdits de compétition et sanctionnés collectivement simplement en raison du passeport qu’ils détiennent ». Baptisée We Compete As One, le nom de la fondation rappelle celui de l’initiative de la F1 en faveur de la diversité, We Race As One. La fondation aidera les « athlètes de toutes les zones de conflit » et « commencera avec l’équipe paralympique de Russie, qui a été bannie des Jeux de Pékin », a-t-il précisé.
La décision « injuste » de Haas de se séparer de lui « n’était pas fondée sur une directive de l’organe directeur du sport ou dictée par des sanctions prises contre moi, mon père ou sa société », a en outre relevé Mazepin, alors que la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a décidé d’autoriser les pilotes russes ou biélorusses à participer sous drapeau neutre. « J’étais prêt à courir sous bannière neutre », a-t-il assuré, questionné sur cette faisabilité, vu les liens entre son père et le président russe Vladimir Poutine.
De son côté, dénonçant dans un communiqué une décision « déraisonnable », Uralkali « entend protéger ses intérêts conformément aux procédures légales applicables et se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires et de réclamer des dommages-intérêts. Comme la majeure partie du financement du sponsoring pour la saison 2022 a déjà été transférée à Haas (...), Uralkali demandera le remboursement immédiat des sommes perçues par Haas ».
Parallèlement, l’écurie américaine va rater ce matin le début des tests hivernaux à Bahreïn à cause d’un retard d’acheminement de son fret, et espère commencer dès l’après-midi avec le pilote brésilien Pietro Fittipaldi pour remplacer Nikita Mazepin. Fittipaldi, petit-fils du double champion du monde Emerson Fittipaldi (1972, 1974) et jusque-là pilote de réserve au sein de Haas, remplacera Mazepin au moins pour les trois jours d’essais, jusqu’à samedi. Peu expérimenté, le Brésilien âgé de 25 ans n’est en revanche pas en pole position pour faire toute la saison, qui débutera à Bahreïn le 20 mars. L’Italien Antonio Giovinazzi, l’Allemand Nico Hülkenberg ou le Danois Kevin Magnussen comptent parmi les prétendants, selon la presse spécialisée.
D’autre part, le GP d’Émilie-Romagne sera couru sur le circuit d’Imola pour trois années supplémentaires, jusqu’à la saison 2025, a annoncé le promoteur du championnat du monde, Formula One. « Cela fait suite à deux Grands Prix réussis à Imola pendant la pandémie (de Covid-19) et à l’inclusion de la course dans le championnat de cette année », a expliqué le promoteur dans un communiqué. Ajouté au calendrier 2020 pour pallier diverses annulations pour cause de pandémie de coronavirus, il se disputera cette année le 24 avril, en remplacement du GP de Chine à Shanghai, absent du calendrier à cause de la situation sanitaire.
Nom mythique de l’histoire de la F1, Imola a accueilli 27 Grands Prix entre 1980 et 2006. C’est là que le pilote brésilien Ayrton Senna s’est tué en 1994, lors d’un week-end cauchemardesque qui a également coûté la vie au pilote autrichien Roland Ratzenberger. Le GP d’Émilie-Romagne sera suivi d’un autre Grand Prix sur les terres italiennes, à Monza, le 11 septembre.
Source : AFP


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