« J’étais en mission pour mon pays » : jupe bleue et tee-shirt jaune (les couleurs de son pays), l’Ukrainienne Elina Svitolina (15e mondiale et tête de série n° 1, sur la photo) a battu mardi la Russe Anastasia Potapova au tournoi de tennis WTA de Monterrey, au Mexique – hier au petit matin au Liban. « Toutes les primes que je gagne ici iront à l’armée, alors merci pour le soutien », a-t-elle déclaré très émue, sous les applaudissements du public, après sa facile victoire (6-1, 6-2) contre la Russe (81e mondiale). Daniel Becerril/Reuters
Fin du suspense : les sportifs russes et biélorusses sont autorisés à participer aux Jeux paralympiques d’hiver de Pékin, qui débutent demain vendredi 4 mars et se clôtureront le 13 suivant, malgré le conflit en Ukraine, a annoncé hier mercredi le Comité international paralympique (CIP). Alors que l’ombre d’une exclusion planait sur les athlètes des deux pays, l’organisation internationale a décidé de les laisser concourir, mais sous bannière « neutre » toutefois. « Ils concourront sous le drapeau paralympique et ne figureront pas au tableau des médailles », a précisé le CIP dans un communiqué. Cela change peu de choses pour les sportifs russes, qui ne pouvaient déjà pas concourir sous le drapeau de leur pays en raison des sanctions visant la Russie pour dopage institutionnalisé.
Au diapason de la condamnation générale de nombreux gouvernements depuis l’invasion de l’Ukraine, les instances sportives internationales sont lancées dans un processus de rupture avec Moscou depuis quelques jours. Le Comité international olympique (CIO) a accusé la Russie d’avoir brisé la trêve olympique. Il a ainsi exhorté lundi dernier les fédérations à bannir de toutes les compétitions les Russes, mais aussi les Biélorusses, dont le pays collabore à l’invasion de l’Ukraine. La Fédération internationale de football Association (FIFA) a ainsi exclu la Russie de la Coupe du monde 2022 au Qatar, la Confédération européenne (UEFA) – associée à la décision de la FIFA – l’excluant de ses compétitions continentales. Et de nombreuses autres fédérations (athlétisme, patinage, rugby, boxe, natation, tennis, cyclisme ou encore volley-ball) ont annoncé des mesures d’exclusion visant les sportifs russes, et parfois biélorusses.
Le doute planait quant à leur participation aux Jeux paralympiques de Pékin, en raison de la proximité immédiate de l’événement. « C’est un moment très difficile pour le monde et le mouvement paralympique », a déclaré Andrew Parsons, le président du CIP, qui a dit comprendre la déception de ceux qui militaient pour une exclusion des sportifs russes et biélorusses. Il a toutefois expliqué que les statuts du CIP ne permettaient pas à l’organisation d’exclure ces athlètes. En tout cas pas avant l’organisation d’une assemblée générale ordinaire prévue plus tard cette année. Le CIP a également indiqué qu’il tiendrait une assemblée générale extraordinaire « courant 2022 ». Un vote aura alors lieu « sur l’opportunité de faire du respect de la trêve olympique une condition d’adhésion et de mettre fin à l’adhésion du Comité paralympique russe et du Comité paralympique biélorusse », a-t-il souligné. « Le CIP n’organisera aucune manifestation en Russie ou en Biélorussie jusqu’à nouvel ordre », a-t-il conclu.
Andrew Parsons a en outre exhorté les participants aux Jeux paralympiques à traiter les « sportifs neutres (russes et biélorusses) comme ils le feraient avec tout autre sportif ». « Contrairement à leurs gouvernements respectifs, ces athlètes et officiels ne sont pas des agresseurs », a-t-il souligné. Il a par ailleurs refusé de dire si le CIP prendrait des sanctions à l’encontre d’éventuels sportifs qui manifesteraient leur opposition aux athlètes russes durant les Jeux. Les participants pourront faire part de leur soutien à l’Ukraine sur les réseaux sociaux, dans les médias et lors des conférences de presse, a confirmé Craig Spence, le porte-parole de l’organisation internationale. Mais ils devront s’abstenir de toute déclaration ou geste politique lors des compétitions ou des cérémonies de remise de médailles, conformément aux règles définies de longue date avec les représentants des athlètes, a-t-il souligné.
L’espace aérien de l’Ukraine fermé et les transports terrestres perturbés depuis le début de l’invasion russe avaient, par ailleurs, fait planer le doute sur la venue des sportifs ukrainiens. Mais ils sont bien arrivés en Chine, a confirmé hier le CIP. « L’équipe ukrainienne, composée de vingt athlètes et de neuf guides, est arrivée sans encombre à Pékin », a déclaré Andrew Parsons.
« Neutres » aussi en F1
De son côté, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a annoncé mardi tard dans la nuit que les pilotes russes ou biélorusses pourront participer « sous drapeau neutre » à des courses, une décision qui concerne directement Nikita Mazepin, seul pilote russe en F1. « Aucune compétition internationale n’aura lieu en Russie et en Biélorussie, jusqu’à nouvel ordre » et « aucun drapeau/symbole ou hymne de la Russie/Biélorussie ne sera utilisé dans les compétitions internationales jusqu’à nouvel ordre », a par ailleurs indiqué la FIA, qui a expliqué agir « conformément aux recommandations du Comité international olympique ». « Les pilotes, les concurrents individuels et les officiels russes/biélorusses ne participeront aux compétitions internationales qu’à titre neutre et sous le drapeau de la FIA, sous réserve d’un engagement spécifique et du respect des principes de paix et de neutralité politique de la FIA, et ce jusqu’à nouvel ordre », est-il encore écrit dans le communiqué de l’instance. La FIA a aussi acté « l’annulation » du Grand Prix de Russie de F1 qui devait se tenir le 25 septembre, une décision déjà annoncée par Formula One, le promoteur du championnat du monde, la semaine dernière.
L’avenir de Nikita Mazepin en F1 reste toutefois incertain, lié notamment au sort du partenariat entre l’écurie américaine Haas et son sponsor principal, le groupe russe Uralkali, spécialisé dans la potasse. Pilote « payant » arrivé l’an dernier en F1, Nikita Mazepin (22 ans) est le fils du milliardaire Dmitry Mazepin, directeur non exécutif d’Uralkali, arrivé en même temps comme sponsor titre de l’équipe. En outre, hier, la Fédération britannique des sports mécaniques (Motorsport UK) a décidé qu’aucun pilote russe ou biélorusse ne pourra participer à des compétitions de sport automobile au Royaume-Uni. En conséquence de quoi, Nikita Mazepin ne pourra pas participer au Grand Prix de F1 de Grande-Bretagne, prévu le 3 juillet.
Source : AFP


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