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Sport - Éclairage

Chelsea dans le flou après la mise en retrait de Roman Abramovitch

Le club londonien a longtemps surfé sur la fortune de son richissime propriétaire russe, mais va peut-être désormais devoir chercher à s’éloigner de l’homme qui l’a mis au sommet du football européen.

Chelsea dans le flou après la mise en retrait de Roman Abramovitch

« Vos contributions et votre passion l’ont rendu possible » : l’hommage à Roman Abramovitch de Thomas Tuchel, l’entraîneur de Chelsea (sur la photo), illustre la dépendance absolue du club de football londonien envers son richissime propriétaire russe. Selon Fordstam Ltd, la maison mère du club, les prêts bonifiés d’Abramovitch à Chelsea se chiffrent à plus de 1,5 milliard de livres sterling (près de 1,8 milliard d’euros). Glyn Kirk/AFP

« Vos contributions et votre passion l’ont rendu possible » : l’hommage à Roman Abramovitch de Thomas Tuchel, l’entraîneur de Chelsea qui a remporté à la mi-février le Mondial des clubs de football, illustre la dépendance absolue du club londonien envers son richissime propriétaire russe, qui s’est mis en retrait après l’invasion de l’Ukraine.

À peine deux semaines après ce sacre, le futur de Chelsea et de l’oligarque, propriétaire de l’équipe depuis 2003, apparaît plus incertain que jamais : au moment où l’étau se resserre sur les oligarques et les intérêts russes, Roman Abramovitch a confié samedi dernier la gestion du club aux administrateurs de la fondation caritative de ce dernier. L’annonce, aux conséquences réelles encore floues, a suscité critiques et confusion pour le club sacré champion d’Europe la saison dernière, le milliardaire de 55 ans, devenu l’un des hommes les plus riches de Russie sur les ruines de l’URSS et dont la fortune est estimée par Forbes à plus de 13 milliards de dollars, comptant bien rester propriétaire et conserver ses parts.

Selon Thomas Tuchel, qui s’est exprimé dimanche dernier, le fonctionnement du club ne va pas pâtir du retrait d’Abramovitch, la directrice générale du club Marina Granovskaïa et son conseiller technique Petr Cech restant à leur poste. Mais le journal britannique The Telegraph et la chaîne BBC assurent que certains membres de la fondation caritative de Chelsea ont exprimé leur malaise à reprendre la gestion du club.

Car malgré de nombreuses sanctions annoncées par le Royaume-Uni visant les banques et les oligarques russes liés au président Vladimir Poutine, Abramovitch est jusque-là passé entre les mailles du filet. Mais la députée libérale-démocrate Layla Moran a déjà demandé au Parlement que le milliardaire russe, en tant que proche-« clé » de Poutine, soit sanctionné. Si des sanctions à son encontre étaient décidées, comment se positionnera Chelsea ? « Légalement, la gestion ne signifie rien d’autre que la supervision ou la prise en charge de quelque chose », selon l’avocat du sport Stephen Taylor Heath. « Si le gouvernement venait à décréter qu’Abramovitch ne doit pas contrôler le club, la Premier League devra immédiatement décider si la propriété du club a été dans les faits transférée à la fondation », a-t-il ajouté. Selon la maison mère du club, Fordstam Ltd, les prêts bonifiés d’Abramovitch au club se chiffrent à plus de 1,5 milliard de livres sterling (près de 1,8 milliard d’euros).

Succès sans précédent

Depuis l’arrivée d’Abramovitch en 2003, Chelsea connaît un succès sans précédent : à son palmarès, cinq Premier Leagues et autant de Coupes d’Angleterre, deux Ligues des champions, autant de Ligues Europa et une Coupe du monde des clubs. Avant le rachat du club par Abramovitch – le premier du genre avant que les investissements étrangers n’affluent dans le football anglais et ne fassent exploser les transferts et les salaires –, les Blues comptaient seulement un titre de champions d’Angleterre à leur palmarès.

Pendant les années dorées avec José Mourinho comme entraîneur, Abramovitch se déplaçait régulièrement à Stamford Bridge, mais ses apparitions au Royaume-Uni sont devenues plus rares depuis que son visa d’entrepreneur n’a pas été renouvelé en 2018. Depuis, le projet de rénovation du stade a aussi été mis de côté. Mais quand la pandémie a décimé la trésorerie de nombreux clubs européens, Chelsea a dépensé environ 220 millions de livres sterling (plus de 260 millions d’euros) de transferts à l’été 2020, qui ont pesé lourd dans l’obtention de sa seconde Ligue des champions, au printemps suivant. Lors de la finale au Portugal contre Manchester City,

Abramovitch, qui possède un passeport portugais, avait célébré la victoire aux côtés des joueurs sur le terrain. Le 12 février dernier, le club a également remporté pour la première fois le Mondial des clubs à Abou Dhabi, remportant ainsi sous l’ère Abramovitch le dernier titre qui manquait à son palmarès. « Photo parfaite », avait tweeté le club sous une photo du Russe brandissant le trophée.

Mais après des années à surfer sur la fortune d’Abramovitch, Chelsea va peut-être désormais devoir chercher à s’éloigner de l’homme qui l’a mis au sommet du football européen. Dimanche dernier, lors d’un match à Wembley contre Liverpool, joueurs et supporteurs ont exprimé leur solidarité avec l’Ukraine. Dans un communiqué publié le matin même, le club avait indiqué « prier pour la paix », mais n’avait pas mentionné la Russie.

Source : AFP

« Vos contributions et votre passion l’ont rendu possible » : l’hommage à Roman Abramovitch de Thomas Tuchel, l’entraîneur de Chelsea qui a remporté à la mi-février le Mondial des clubs de football, illustre la dépendance absolue du club londonien envers son richissime propriétaire russe, qui s’est mis en retrait après l’invasion de l’Ukraine.À peine deux semaines après ce sacre, le futur de Chelsea et de l’oligarque, propriétaire de l’équipe depuis 2003, apparaît plus incertain que jamais : au moment où l’étau se resserre sur les oligarques et les intérêts russes, Roman Abramovitch a confié samedi dernier la gestion du club aux administrateurs de la fondation caritative de ce dernier. L’annonce, aux conséquences réelles encore floues, a suscité critiques et confusion pour le...
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