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Monde - Conflit

L’Ukraine accepte des pourparlers avec Moscou, la dissuasion nucléaire russe en alerte

L’UE annonce qu’elle allait financer la livraison d’armes à Kiev, une première pour l’Union.

L’Ukraine accepte des pourparlers avec Moscou, la dissuasion nucléaire russe en alerte

À Vasylkiv, près de Kiev, un homme passe devant un immeuble détruit par un missile russe, le 27 février 2022. Dimitar Dilkoff/AFP

L’Ukraine a confirmé hier, au quatrième jour d’une invasion russe à laquelle elle résiste avec acharnement, de premiers pourparlers, Vladimir Poutine annonçant, lui, mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire, accusant l’Occident d’être « belliqueux ».

La présidence ukrainienne n’a pas précisé la date des pourparlers, mais la Russie a indiqué qu’ils auraient lieu dès dimanche. Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans « conditions préalables » à la frontière ukraino-biélorusse, « dans la région de la rivière Pripiat », près de Tchernobyl. Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne « capitulera pas » face à Moscou. « Je ne crois pas trop à un résultat », mais « il faut qu’on essaie », a quant à lui déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé que la rencontre aura lieu dans la région de Gomel en Biélorussie, qui est frontalière de celle de Pripiat. Moscou a désigné pour diriger sa délégation un ex-ministre de la Culture et conseiller à la présidence, Vladimir Medinski, et non son habituel négociateur pour l’Ukraine, Dmitri Kozak.

Le dirigeant biélorusse Alexandre Loukachenko a assuré à M. Zelensky que « les avions, hélicoptères et missiles (russes) déployés sur le territoire de la Biélorussie resteraient au sol pendant l’arrivée, les négociations et le départ de la délégation ukrainienne », selon la présidence ukrainienne, alors que la Biélorussie sert de base arrière à l’invasion russe.

Dissuasion nucléaire en alerte

Parallèlement, Vladimir Poutine a ordonné de « mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte », invoquant « les déclarations belliqueuses de l’OTAN » et les sanctions « illégitimes » prises contre la Russie par les Occidentaux. Les États-Unis ont aussitôt dénoncé une escalade « inacceptable », accusant le président russe de « fabriquer des menaces qui n’existent pas afin de justifier la poursuite d’une agression ». Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a lui dénoncé une attitude « irresponsable » de Moscou.

Sur le terrain, le flot de réfugiés fuyant l’Ukraine enfle. Depuis jeudi, quelque 368 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins et leur nombre « continue à augmenter », a annoncé le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. La Pologne en a accueilli plus de la moitié et l’Allemagne a rendu gratuits les trains pour tous les Ukrainiens venant de ce pays. L’UE a dit s’attendre à plus de 7 millions de personnes déplacées.

Kharkiv résiste

Les forces ukrainiennes ont repris le plein contrôle de Kharkiv (1,4 million d’habitants), deuxième ville d’Ukraine dans le nord-est à la frontière russe, selon le gouverneur local Oleg Sinegoubov.

« Vassylkiv, Kiev, Cherniguiv, Soumi, Kharkiv et beaucoup d’autres villes vivent dans des conditions qu’on n’avait pas vues sur nos terres (...) depuis la Seconde Guerre mondiale », avait lancé tôt dimanche M. Zelensky, accusant la Russie de considérer les zones habitées « comme une cible légitime ». L’Ukraine a fait état de quelque 200 civils tués et de dizaines de militaires morts au combat, mais n’a pas publié de bilan précis. L’ONU recensait de son côté samedi au moins 64 morts parmi les civils et des centaines de milliers de personnes sans eau ou électricité. Selon l’état-major ukrainien, l’armée russe « n’a pas atteint » son « principal objectif qui est de verrouiller Kiev » et a recours « au sabotage » avec « des groupes de reconnaissance qui détruisent l’infrastructure civile ».

À Kiev, sous couvre-feu jusqu’à lundi 8h00, la journée d’hier a été calme après des affrontements durant la nuit « avec des groupes subversifs », selon le bureau du maire.

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir encerclé deux grandes villes du Sud, Kherson et Berdiansk, qui comptent respectivement 290 000 et 110 000 habitants. Il revendique également des gains territoriaux pour les séparatistes prorusses dans l’Est, soutenus par l’armée russe. L’armée russe a pour la première fois dimanche reconnu des pertes humaines, sans les chiffrer pour autant. Kiev, selon qui l’armée ukrainienne a tué plus de 4 300 soldats russes, a lancé un site internet permettant aux proches des soldats russes tués de connaître leur sort.

Nouvelles sanctions de l’UE

Face à la violence de l’invasion russe, l’Union européenne a annoncé hier qu’elle allait financer la livraison d’armements et d’autres équipements à l’Ukraine. Bruxelles va proposer d’utiliser une ligne de financement d’urgence de l’UE « pour fournir aux forces ukrainiennes des armes létales ainsi que du carburant, des équipements de protection et des fournitures médicales », a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. L’UE envisage également de fermer son espace aérien à tous les avions russes, y compris les « jets privés des oligarques », a annoncé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen (voir par ailleurs). Bruxelles va aussi interdire dans l’UE les médias d’État russes en langues étrangères RT et Sputnik, qui « ne pourront plus diffuser leurs mensonges pour justifier la guerre de Poutine et semer la division dans notre Union », a déclaré Mme von der Leyen. Enfin l’UE prendra de nouvelles sanctions contre la Biélorussie en interdisant les exportations des « plus importants secteurs économiques » du régime de Minsk, « complice » de l’invasion russe.

Première décision frappant le secteur pétrolier, la major britannique BP a annoncé dimanche sortir du capital du géant russe Rosneft dont elle détient une participation de 19,75 %.

La plateforme Swift

Samedi, les Occidentaux, suivis du Japon, ont exclu certaines banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale. Ils ont aussi promis davantage d’armes à l’Ukraine. Hier, les États-Unis et l’Italie ont pour leur part annoncé des aides humanitaires.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a estimé quant à elle que le conflit pourrait durer « plusieurs années » et devenir très meurtrier. « Cela pourrait bien être le début de la fin pour Poutine, et je crains qu’il ne soit déterminé à utiliser les moyens les plus détestables », a-t-elle dit.

Source : AFP

L’Ukraine a confirmé hier, au quatrième jour d’une invasion russe à laquelle elle résiste avec acharnement, de premiers pourparlers, Vladimir Poutine annonçant, lui, mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire, accusant l’Occident d’être « belliqueux ».La présidence ukrainienne n’a pas précisé la date des pourparlers, mais la Russie a indiqué qu’ils auraient lieu dès dimanche. Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans « conditions préalables » à la frontière ukraino-biélorusse, « dans la région de la rivière Pripiat », près de Tchernobyl. Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne « capitulera pas » face à Moscou. « Je ne crois pas trop à un résultat », mais « il faut qu’on essaie », a quant...
commentaires (1)

des sanctions appliques a CERTAINES BANQUES RUSSES....???? pour quoi a certaines banques et pas a toutes les banques ? Garder une porte ouverte-ou plusieurs- dans leur language diplomatique sera toujours de rigueur. envers et contre toute logique vue du cote ukrainien !

Gaby SIOUFI

09 h 43, le 28 février 2022

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Commentaires (1)

  • des sanctions appliques a CERTAINES BANQUES RUSSES....???? pour quoi a certaines banques et pas a toutes les banques ? Garder une porte ouverte-ou plusieurs- dans leur language diplomatique sera toujours de rigueur. envers et contre toute logique vue du cote ukrainien !

    Gaby SIOUFI

    09 h 43, le 28 février 2022

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