Plusieurs pays européens ont décidé de fermer leur espace aérien aux compagnies russes, en représailles à l’invasion de l’Ukraine décidée par Moscou. Maxim Shemetov/Reuters
De l’Allemagne à la Suède en passant par la France et l’Italie, les pays européens ont décidé de fermer leur espace aérien aux compagnies russes, en représailles à l’invasion de l’Ukraine par Moscou, avant que les ministres européens des Affaires étrangères ne décident de fermer l’espace aérien de toute l’UE à la Russie.
Hier, le ministère allemand des Transports a « décrété une interdiction de vol pour les avions et les exploitants d’avions russes dans l’espace aérien allemand » à partir de 14h00 GMT. Berlin a précisé que cette interdiction était valable pour trois mois mais ne concernait pas d’éventuels vols humanitaires.
Après avoir semblé hésiter, la France a finalement, elle aussi, annoncé en milieu de journée une mesure similaire : « La France ferme son espace aérien à tous les avions et compagnies russes à partir de ce (dimanche) soir. À l’invasion russe en Ukraine, l’Europe répond par une unité totale », a souligné le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, sur Twitter.
Même décision de l’Irlande, de l’Espagne, de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Italie, de Malte, de l’Autriche et de la Macédoine du Nord.
« En Europe, le ciel est ouvert (...) à ceux qui connectent les peuples, pas à ceux qui commettent des agressions brutales », a justifié sur Twitter le Premier ministre belge Alexander De Croo.
« Il n’y a pas de place dans l’espace aérien néerlandais pour un régime qui applique une violence inutile et brutale », a souligné de son côté le ministre hollandais de l’Infrastructure, Mark Harbers.
Le gouvernement du Luxembourg, plateforme majeure pour les avions-cargos et l’acheminement de fret en Europe, a aussi indiqué « préparer les notifications nécessaires pour fermer » son espace aérien aux compagnies russes dès dimanche.
En Europe du Nord, la Finlande, qui a une frontière de plus de 1 300 kilomètres avec son voisin russe, la Suède, le Danemark, la Norvège et l’Islande ont également annoncé dimanche de telles mesures. Ces pays rejoignent notamment la Pologne, la République tchèque, l’Estonie, la Bulgarie, la Moldavie ou encore le Royaume-Uni.
Hors continent européen, le Canada, deuxième plus vaste pays de la planète, a aussi annoncé une telle décision. Il n’existe actuellement aucune liaison directe entre les aéroports canadiens et russes, mais cette décision risque de compliquer grandement les vols opérés par la compagnie russe Aeroflot entre la Russie et les États-Unis, et d’autres pays américains, via le ciel canadien.
Énormes détours
Avec les nombreux pays ayant déjà fermé ou annoncé la fermeture de leur espace aérien, le trafic aérien russe se retrouve face à une très vaste zone de non-survol, contraignant les vols à d’énormes détours.
Plusieurs pays, dont la France, l’Italie, le Danemark et la Suède, ont appelé à une réponse européenne coordonnée. Lors d’une réunion hier soir des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, il a été décidé que « l’UE ferme son espace aérien aux avions russes », a annoncé en soirée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « Nous pousserons pour une fermeture à l’échelle de l’UE », avait déclaré auparavant sur Twitter le chef de la diplomatie danoise Jeppe Kofod. L’invasion russe de l’Ukraine « doit être contrée par les sanctions internationales les plus fortes possibles », a-t-il appelé. « Nous voulons que (la fermeture de l’espace aérien) puisse être faite le plus vite possible, et le mieux et plus rapide serait que ce soit fait au niveau européen », avait également affirmé le ministre suédois des Affaires européennes Hans Dahlgren.En représailles, Moscou a commencé à interdire le survol de son territoire aux avions liés aux pays européens ayant annoncé de telles décisions ces derniers jours, comme le Royaume-Uni, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la République tchèque.
À l’unisson d’un nombre croissant de compagnies occidentales, Lufthansa – premier groupe européen avec les marques Lufthansa, Condor, Swiss, Brussel Airlines – avait décidé samedi de suspendre ses vols vers et au-dessus de la Russie pour une semaine, disant anticiper des mesures de rétorsion de Moscou. Air France a annoncé de son côté hier suspendre temporairement « la desserte et le survol de la Russie » et n’assurera plus ses liaisons vers Moscou et Saint-Pétersbourg jusqu’à nouvel ordre, « compte tenu de la situation dans la région ». En conséquence, la compagnie aérienne suspend également ses vols de et vers la Chine, la Corée et le Japon, « le temps d’étudier les options de plan de vol permettant d’éviter l’espace aérien russe ».
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Les Européens se tirent des balles dans les pieds!
12 h 09, le 28 février 2022