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Nos lecteurs ont la parole - Courrier

Faut-il changer les politiques ! Ou bien changer le peuple !

Depuis que l’humanité existe, différents systèmes étatiques se succèdent. La nature humaine avec ses variantes s’est adaptée ou bien s’est révoltée soit pour changer, soit pour améliorer les systèmes. C’est toujours la caste politique ou militaire avec sa dynamique, sa vision, son idéologie qui arrive à façonner la société. Les confrontations et les tiraillements entre les personnages politiques, leur personnalité, leurs intérêts vont imprimer les transformations sociales. L’adhésion populaire suivra soit par conviction, soit par une force contraignante. De cette dynamique va émerger les systèmes ou les régimes étatiques. Différentes Constitutions seront établies aboutissant à un bon ou mauvais fonctionnement des institutions. Les régimes démocratiques font cohabiter des groupes sociaux respectant les choix populaires, les lois et l’alternance de pouvoir suivant la majorité électorale du moment. Une séparation des pouvoirs respectera les limites entre pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire. Il s’y ajoute le quatrième pouvoir des médias, presse et réseaux sociaux. Les appellations des régimes politiques pullulent : régime d’assemblée, régime parlementaire, régime présidentiel et régime mixte. À côté de ces régimes démocratiques il y a les royautés, les dictatures civiles ou militaires, les régimes théocratiques, les régimes communistes, etc. D’autres organisations existent en fonction des idéologies ou des groupes sociaux, tel un régime centralisé ou bien un système fédéral ou confédéral. De tous ces régimes lequel prévaut au Liban soit par le nom, soit par la pratique ? On hésite entre un gouvernement par les sages et les philosophes (préconisé par Platon qu’on appelle « noocratie » où domine la raison pure) et un gouvernement qu’on appellera « voyoucratie » ou « mafiacratie ».

Ce n’est pas le régime politique qui est en cause mais plutôt les tenants, les politiques, les décideurs qui pervertissent la pratique. Le personnage politique peut refléter toutes les nuances de la personnalité – personnalité caméléon. Selon les classifications, il peut être mégalomane, paranoïaque, obsessionnel, agressif, ambitieux, rigide ou autoritaire. D’autres sont narcissiques et pervers. La personnalité du responsable dictera le destin d’un pays, ses choix, ses décisions et ses prises de position ou son action. Le peuple ne décide pas mais plutôt les politiques. L’actualité nous montre que le président russe agresse l’Ukraine, c’est sa personnalité dont on dit qu’elle est agressive. Les responsables israéliens agressent le peuple palestinien. Les néolibéraux et les militaristes avec Bush ont combiné la guerre contre l’Irak. Les justificatifs de la guerre sont les visions agressives des responsables et les intérêts non toujours avoués. Faire la politique, c’est pour l’amour du pouvoir. À croire ce qu’en disait Henri Kissinger « le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême », ce qui explique tout l’appétit des politiciens et leur pérennité. Quant au niveau du peuple, la psychologie politique est incapable de tout cerner pour expliquer les choix des électeurs au moment des élections. Un peuple non éclairé par les partis politiques, non encadré par les syndicats, mal informé par les politiciens qui n’ont aucun programme social ne peut choisir normalement. Le peuple est souvent guidé par le facteur émotionnel, relationnel, les petits intérêts personnels, loin des choix rationnels. Il y a comme un obscurantisme qui enveloppe l’espace rationnel et une hyperexcitation de l’espace émotionnel. Les gens votent pour les séducteurs, les enjoliveurs, les menteurs, comme si leurs défauts nous rassurent sur nous-mêmes. Nous votons pour ceux qui nous ressemblent plutôt que pour les rationnels, les rigoureux ou les plus honnêtes. Nous votons pour ceux qui nous payent en services ou en argent. Que deviennent nos hommes politiques au Liban ! Ils excellent dans le théâtre des apparences dans les magazines ou à la télévision. Incapables d’établir des plans d’avenir. Incapables de gérer les affaires courantes. Incapables de rassembler le pays. Incapables d’incarner le destin du peuple libanais. Incapables de mettre le peuple en mouvement vers les nobles valeurs humaines. Incapables de piloter le pouvoir centralisateur. Il faut d’autres politiques, d’autres acteurs, d’autres penseurs. Ces personnes honnêtes existent et elles doivent s’exprimer plus haut. Des rencontres, des dialogues doivent se mettre en place pour appliquer les accords de Taëf ou les modifier. Appliquer les plans de décentralisation et donner le pouvoir aux régions sans honte et sans peur. Discuter la fédération ou la séparation. Actuellement, l’emprise d’un groupe armé dominant bloque les institutions de l’État et fige le pays dans la misère. La manipulation du pays par les forces de l’extérieur doit s’arrêter et laisser le Liban recouvrer sa liberté. Le pouvoir du pays doit revenir à la justice, à l’armée, aux responsables respectueux des libertés et des grands principes. Les mystificateurs, les profiteurs, les arrivistes ne peuvent que nous mener à l’abîme. Entre l’enfer qu’on nous promet et la république de Platon luttons pour faire parvenir de nouveaux dirigeants à la direction du pays. Un Liban rêvé, apaisé, libre et véritablement démocratique est tout à fait possible.

Adel AKL

Psychiatre-Psychanalyste

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Depuis que l’humanité existe, différents systèmes étatiques se succèdent. La nature humaine avec ses variantes s’est adaptée ou bien s’est révoltée soit pour changer, soit pour améliorer les systèmes. C’est toujours la caste politique ou militaire avec sa dynamique, sa vision, son idéologie qui arrive à façonner la société. Les confrontations et les tiraillements entre les personnages politiques, leur personnalité, leurs intérêts vont imprimer les transformations sociales. L’adhésion populaire suivra soit par conviction, soit par une force contraignante. De cette dynamique va émerger les systèmes ou les régimes étatiques. Différentes Constitutions seront établies aboutissant à un bon ou mauvais fonctionnement des institutions. Les régimes démocratiques font cohabiter des groupes sociaux respectant...
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REPONSE : lorsqu'on l' aura trouvee a la question de la poule et de l'oeuf !

Gaby SIOUFI

10 h 01, le 28 février 2022

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Commentaires (1)

  • REPONSE : lorsqu'on l' aura trouvee a la question de la poule et de l'oeuf !

    Gaby SIOUFI

    10 h 01, le 28 février 2022

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