Cristiano Ronaldo (de face sur la photo) est resté muet pour son retour à Madrid, mais Manchester United a arraché le nul contre l’Atlético (1-1) en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions de football, comme le Benfica Lisbonne face à l’Ajax Amsterdam (2-2). Après l’invasion hier de l’Ukraine par la Russie, la tenue de la finale de la Ligue des champions à Saint-Pétersbourg fin mai est menacée et pourrait être déplacée dans un autre pays par l’UEFA (instance suprême du football européen). Javier Soriano/AFP
Le monde sportif, alarmé, prépare sa riposte après l’invasion hier jeudi de l’Ukraine par l’armée russe, menaçant la tenue de plusieurs événements liés aux deux pays, à commencer par la finale de la Ligue des champions de football à Saint-Pétersbourg fin mai, qui pourrait être déplacée.
L’UEFA (instance suprême du football européen), qui a condamné « fermement l’invasion militaire » russe, a décidé de réunir en urgence, ce matin, son comité exécutif. Ses membres pourraient être amenés à chambouler le calendrier des mois à venir, voire à prendre des sanctions contre Moscou, à l’unisson de la communauté internationale qui a condamné le début du conflit. En haut de la pile, le sort de la finale de la Ligue des champions, prévue le 28 mai à Saint-Pétersbourg, dont le stade porte le nom du géant gazier Gazprom, l’un des sponsors principaux de l’UEFA depuis 2012. « Aucune décision n’a été prise » par l’UEFA à ce stade, mais la confédération européenne « travaille sur différentes options » pour relocaliser la rencontre, a expliqué une source ayant connaissance du dossier.
Mais déjà des sanctions unilatérales sont prises : en Allemagne, le club de football Schalke 04 (2e division) a précisément décidé de retirer de ses maillots le nom et le logo de
Gazprom, son sponsor principal. Pour son prochain match, demain samedi à Karlsruhe, les maillots du club seront ainsi floqués du simple nom Schalke 04. Schalke est un club historique du bassin de la Ruhr, plusieurs fois champion national au XXe siècle, mais actuellement en lutte pour tenter de remonter en 1re division (Bundesliga).
En outre, Moscou doit aussi accueillir le 24 mars la demi-finale des barrages du Mondial 2022 de football entre la Russie et la Pologne, voire la finale le 29 mars, si la Sbornaïa bat l’équipe de Robert Lewandowski. Toutefois, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait déclaré mardi déjà qu’il n’y avait « aucune chance » que la Russie puisse accueillir des compétitions internationales de football dans les prochaines semaines. Le Zenit Saint-Pétersbourg, propriété de Gazprom, devait, lui, jouer hier dans la soirée sur le terrain du Bétis Séville en Ligue Europa de football. Le match a été bien maintenu, a confirmé le club espagnol avant la rencontre.
Pas de handball en Ukraine
En plus de la finale de la Ligue des champions de football, le ministre polonais des Sports a également suggéré de retirer à la Russie l’organisation du championnat du monde de volley-ball masculin, qui débute le 26 août.
Du côté du basket, des matches d’Euroligue chez les hommes sont au programme ces prochains jours. Cependant, les basketteurs du FC Barcelone, eux, ont reporté leur voyage sur les bords de la Néva, où un match d’Euroligue face au Zenit Saint-Pétersbourg était prévu aujourd’hui. Le FC Barcelone est également censé affronter dimanche le CSKA à Moscou dans le même cadre. Les champions du monde de F1 Max Verstappen et Sebastian Vettel ne se voient pas non plus participer au Grand Prix de Russie en septembre prochain.
Jouer en Ukraine semble encore plus compliqué. La Fédération européenne de handball (EHF) a décidé de délocaliser ou de reporter les rencontres qui devaient se dérouler sur le sol ukrainien lors des quatre prochaines semaines. L’explosion du conflit a conduit hier la Ligue nationale de football à suspendre le championnat ukrainien, qui devait reprendre aujourd’hui après plus de deux mois de trêve hivernale. Plusieurs joueurs et entraîneurs étrangers se sont alarmés de la situation, pris dans le dilemme entre vouloir quitter le territoire et rester fidèle à leur club. « La situation est grave et nous sommes coincés à Kiev en attendant une solution pour partir. Nous sommes à l’intérieur d’un hôtel. Priez pour nous », a lancé sur Instagram l’attaquant brésilien (avec un passeport ukrainien) Junior Moraes, qui évolue au Shakthar Donetsk. « Je ne suis pas parti parce que je suis ici pour faire du sport et je ne pouvais pas tourner le dos au championnat et aux supporteurs qui nous suivent », a déclaré son entraîneur, l’Italien Roberto De Zerbi, à l’agence italienne Italpress.
Non à la guerre
Le Comité international olympique (CIO), qui « condamne fermement la violation de la trêve olympique », en vigueur jusqu’à sept jours après la clôture des Jeux paralympiques de Pékin (4-13 mars), « par le gouvernement russe » a mis en place un groupe de travail chargé de suivre de près la situation. Ce groupe doit aussi « coordonner, dans la mesure du possible, l’assistance humanitaire aux membres de la communauté olympique en Ukraine ».
Hors d’Ukraine, plusieurs footballeurs ukrainiens ont pris position, comme l’attaquant Roman Yaremchuk (Benfica Lisbonne), qui a célébré son but, en Ligue des champions contre l’Ajax Amsterdam (2-2), en exhibant un maillot noir arborant le blason de son pays, ou le défenseur de Manchester City Oleksandr Zinchenko. « Gloire à l’Ukraine », a écrit sur Instagram la joueuse de tennis Elena Svitolina, ancienne
n° 3 mondiale. Rare voix russe à s’exprimer, le footballeur international Fedor Smolov a écrit « Non à la guerre », suivi d’un drapeau de l’Ukraine et d’un cœur brisé, dans un court message sur Instagram. Enfin, le tennisman russe Andrey Rublev a plaidé pour « la paix » après sa victoire en quarts de finale du tournoi de Dubaï, qui n’était « pas importante » au vu du « terrible » contexte.
Source : AFP


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