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Vole, Goldorak !


Un commentateur disait que « l’Ukraine, c’est Taïwan ». L’Ukraine envahie par Poutine, c’est un blanc-seing donné à la Chine d’annexer à son tour. Et par-delà, à chaque pays ayant des soucis de mur mitoyen avec un voisin plus petit, une invitation à installer son barbecue sur la terrasse de l’autre. Moscou porte atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et le secrétaire général de l’ONU parle à juste titre d’un « moment de péril » pour le monde. Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines ? Le monde libre annonce qu’il ne laissera pas faire, mais Poutine n’en fera pas moins, parce qu’il ne croit ni en l’unité, ni en la fermeté, ni en la cohérence et encore moins en la liberté du monde libre.


La grande chorégraphie du rappel des ressortissants a commencé. Au Liban, nous ne savons que trop ce que ce genre d’annonce veut dire. Quand les « ressortissants » sont invités par leurs ambassades à quitter un territoire, c’est que les nationaux vont bientôt déguster. Le mot « ressortissants » à lui seul, même pas intégré dans une phrase, nous fait frémir. On ne l’a jamais lu que dans le champ lexical des conflits imminents.


Pauvre Ukraine, rien ne lui aura été épargné, ni les purges staliniennes, ni les guerres civiles, ni les révoltes réprimées dans le sang, ni le souffle atomique de Tchernobyl, ni la corruption, ni les tentations séparatistes de ses provinces russophones. Fragile carrefour entre deux mondes, son sort n’est pas sans rappeler le nôtre, à la différence qu’aucune occupation physique ou politique de notre république mitée n’a jamais mené l’Occident au seuil d’une guerre mondiale.


Bientôt mars, mois dédié au dieu de la guerre et premier de l’année dans le calendrier romain. Déjà sous nos cieux vibrionnent les drones et bourdonnent les F16. À travers le soleil qui poudroie se profilent des jours qui merdoient. L’économie du monde post-Covid, déjà à la peine, résistera-t-elle ne serait-ce qu’à la seule rumeur d’un conflit armé qui impliquerait l’OTAN et l’Union européenne face à la Russie et peut-être la Chine? Tout ce beau monde semble pressé d’en découdre, les uns pour défendre leur sécurité, les autres leurs ambitions. Ceintures attachées, nous nous préparons soit à un gros pétard mouillé, soit à un gros pétard qui va provoquer des crises intenables, entre famines, pénuries de gaz et de carburant, hausse vertigineuse des prix et difficulté d’accès aux denrées essentielles, sans compter l’insécurité, la menace des armes et davantage de destructions.


Je nous revois, enfants, encapsulés dans nos rêves pour échapper à un réel trop insupportable pour être vrai, biberonnant à même la télévision de mauvais dessins animés aux couleurs criardes, sur des musiques atroces diffusées par des haut-parleurs rudimentaires. Dans cette esthétique douteuse évoluaient nos héros. Goldorak fondait sur la terre pour y faire régner la justice, défendre les plus fragiles. Il émergeait d’une sorte de soucoupe volante dont se déployaient ses membres, et poursuivait sa trajectoire bras devant. Et tout à coup, le vacarme d’une explosion dans les environs confondait cris de terreur, sirènes d’alarme et fracas de verre et de pierre. Nous haussions le volume, la voix douce et virile de Sammy Clark chantait le générique : vole Goldorak ! Cette planète est petite, mais elle est pleine de bienfaits et de bienveillance. Nous voulions bien le croire.


Nous voilà adultes, bientôt chenus, et la Terre attend encore que se manifeste la bienveillance de son humanité.

Un commentateur disait que « l’Ukraine, c’est Taïwan ». L’Ukraine envahie par Poutine, c’est un blanc-seing donné à la Chine d’annexer à son tour. Et par-delà, à chaque pays ayant des soucis de mur mitoyen avec un voisin plus petit, une invitation à installer son barbecue sur la terrasse de l’autre. Moscou porte atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et le secrétaire général de l’ONU parle à juste titre d’un « moment de péril » pour le monde. Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines ? Le monde libre annonce qu’il ne laissera pas faire, mais Poutine n’en fera pas moins, parce qu’il ne croit ni en l’unité, ni en la fermeté, ni en la cohérence et encore moins en la liberté du monde libre. La grande chorégraphie du rappel...
commentaires (3)

QUI a mis de l'huile sur le feu? Toujours les mêmes hypocrites, qui, à présent poussent des cris de vierges effarouchées.

Politiquement incorrect(e)

18 h 00, le 24 février 2022

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Commentaires (3)

  • QUI a mis de l'huile sur le feu? Toujours les mêmes hypocrites, qui, à présent poussent des cris de vierges effarouchées.

    Politiquement incorrect(e)

    18 h 00, le 24 février 2022

  • Saint Vladimir a plus d'un tour dans son sac et plus d'une flèche à son arc , il ne fallait pas le provoquer . Ces occidentaux ne sont pas sages , ni de taille !

    Chucri Abboud

    15 h 10, le 24 février 2022

  • J’ai déjà oublié Sammy Clark. Avec l’annonce de sa mort me revient d’anciens souvenirs. Mais j’avoue que je l’ai oublié. Oui, ((Pauvre Ukraine, rien ne lui aura été épargné, ni les purges staliniennes, ni les guerres civiles, ni les révoltes réprimées dans le sang, ni le souffle atomique de Tchernobyl, ni la corruption, ni les tentations séparatistes de ses provinces russophones)). Pour les peuples qui ont connu les génocides, les Ukrainiens et Holomodor, pour ne citer que celui de l’Ukraine, je me demande comment avec de tels traumatismes, on peut se relever, quand on est incapable de relever un homme par terre, ou comme chez nous au Liban, se relever après la longue guerre (de faible intensité). Voilà le pari. Nous sommes comme ça condamné au malheur, et le pire, nous sommes responsables de notre malheur.

    Charles Fayad

    12 h 02, le 24 février 2022

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