7,1 % : C’est la baisse, en glissement annuel, du nombre de cartes bancaires en circulation au Liban en 2021, passant de 2 833 701 cartes en 2020 à 2 609 012 en 2021, et détenues en majorité écrasante par les résidents (97,2 %). Des chiffres en baisse depuis 2019, année record de détention de cartes depuis 2003 (les plus anciennes données disponibles de la Banque du Liban). Ainsi, la BDL fait état d’une baisse de 14 % entre 2019 et 2021 du nombre de cartes bancaires en circulation. En cause, la crise économique et financière que traverse le pays depuis plus de deux ans ainsi que la crise de confiance dans le secteur bancaire qui en a découlé, les banques ayant mis en place de manière unilatérale des restrictions sur les retraits et les transferts à l’étranger depuis les comptes en devises. Parallèlement à cette crise, la valeur de la monnaie nationale s’est effondrée de plus de 90 % (près de 21 000 livres pour un dollar la semaine dernière). Cela a eu comme effet que le nombre de cartes en circulation à fin 2021 est équivalent à celui de fin 2015 (2 754 657 cartes).

Or, ces restrictions bancaires ont également eu comme conséquence de pousser de plus en plus de commerçants à refuser toute sorte de paiement bancaire (chèques comme cartes) ou d’imposer des commissions supplémentaires à leurs clients pour compenser les frais des banques. En effet, le nombre de terminaux de paiement (points of sale en anglais, ou POS) a baissé de 3,9 % entre 2020 (45 723 machines) et 2021 (43 930) et de 9,37 % par rapport à fin 2019.

Rapportée à la superficie du pays, cela fait une moyenne de 4,2 POS au km² en 2021, soit moins qu’un an plus tôt (4,37 POS au km²) et qu’en 2019 (4,64 POS au km²). Toutefois, aucune indication n’existe pour préciser s’il s’agit de commerces qui se sont débarrassés de leur machine ou d’entreprises qui ont fermé leurs portes, en marge de la crise et de la baisse de pouvoir d’achat de la population.

En parallèle, le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB) a diminué, avec 150 machines en moins en un an et une baisse de 279 appareils en deux ans, ramenant ainsi leur nombre à 1 897 à fin 2021. Cette baisse pourrait d’une part être liée à la fermeture du nombre d’agences bancaires et d’autre part à l’arrêt d’approvisionnement de certains distributeurs dans des quartiers où éclatent souvent des révoltes populaires, expliquant pourquoi plusieurs d’entre eux ont été barricadés, en particulier dans la capitale. C’est le Mont-Liban qui possède le plus de DAB (36,8 % du total avec 634 machines), suivi de Beyrouth (34,8 % ; 600), du Liban-Nord (10 % ; 185), de la Békaa (8,2 % ; 141), du Liban-Sud (7,7 % ; 132) et de Nabatiyé (1,9 % ; 32).


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
Mon banquier m’a récemment appelé pour me proposer une carte de crédit en livres libanaises. Quand j’ai fini de rire, ils m’a dit que c’était gratuit pour la première année. Alors je lui ait demandé s’il pouvait me donner une liste des établissements qui l’accepteraient, ce qui l’a fait rire à son tour. Je vais quand même la prendre pour lui faire plaisir, et parce qu’on a bien rigolé ensemble, mais je ne renouvellerai très probablement pas dans un an…
17 h 45, le 21 février 2022