En France, les « convois de la liberté » qui comptent converger sur Paris à partir de vendredi s’inspirent du mouvement lancé au Canada contre les restrictions sanitaires, depuis une semaine. Matthew Hatcher/Getty Images/AFP
Les « convois de la liberté », qui comptent converger sur Paris à partir de vendredi en s’inspirant du mouvement lancé au Canada contre les restrictions sanitaires, y seront interdits pour « empêcher les blocages », ont annoncé hier les autorités françaises.
Les organisateurs de ce mouvement qui semble prendre de l’ampleur entendent protester contre le passe vaccinal entré en vigueur le 24 janvier et se réclament des « gilets jaunes », la mobilisation de protestation populaire de 2018-2019, déclenchée par une hausse des prix de l’essence qui avait tourné à la révolte contre le président Emmanuel Macron.
Plusieurs convois sont partis mercredi de Nice (Sud-Est), Bayonne ou Perpignan (Sud-Ouest), d’autres devaient se mettre en marche jeudi. Tous prévoient de se retrouver à Paris vendredi soir, avant de rallier Bruxelles pour une « convergence européenne » lundi 14 février.
Les autorités belges ont toutefois décidé hier d’interdire l’accès du convoi à la capitale belge, une manifestation pour laquelle aucune autorisation n’a été demandée, a annoncé le bourgmestre (maire) de la capitale belge, Philippe Close.
« Des moyens sont mis en place pour empêcher le blocage de la Région de Bruxelles-Capitale », a ajouté M. Close, sur Twitter. Ce convoi de véhicules était attendu lundi à Bruxelles, selon l’appel à manifester circulant sur les réseaux sociaux.
Consignes de fermeté
À Paris, la préfecture de police a annoncé dans un communiqué l’interdiction, de vendredi à lundi, de cette mobilisation pour « risques de troubles à l’ordre public » et la mise en place d’un « dispositif spécifique (...) pour empêcher les blocages d’axes routiers, verbaliser et interpeller les contrevenants ». Le préfet Didier Lallement a donné « des consignes de fermeté » aux policiers, selon le texte. La préfecture a rappelé que l’entrave à la circulation était passible de deux ans d’emprisonnement, d’une amende de 4 500 euros, de l’immobilisation et de la mise en fourrière du véhicule.
Ces sanctions ne semblent guère dissuader les plus déterminés, comme Adrien Wonner, un éboueur et gilet jaune de 27 ans qui partira de Normandie (Nord-Ouest). « On ira sur la capitale quoi qu’il arrive », a-t-il affirmé, assurant juste vouloir « faire entendre nos voix » mais « ne pas bloquer ».
Aucun lieu précis de regroupement n’a été mentionné par les participants, qui s’organisent sur les réseaux sociaux pour trouver des sites où se reposer à chaque étape et ne prévoient pas nécessairement d’entrer dans la capitale.
Rémi Monde, l’un des initiateurs du mouvement, a indiqué que leur revendication principale était « le retrait (...) du passe sanitaire et de toutes les mesures de contrainte ou de pression liées à la vaccination », en plus de mesures sur le pouvoir d’achat ou le coût de l’énergie. Après des manifestations sans résultat « nous voulons essayer autre chose, et voir quelle sera la réponse du gouvernement face à des gens pacifistes et joyeux », a-t-il expliqué.
Lassitude de la population
Dans le convoi de quelques dizaines de véhicules parti mercredi de Bayonne, Nathalie, 52 ans, disait vouloir « défendre la liberté des Français et la démocratie ».
Les autorités françaises, conscientes de la lassitude de la population après deux ans de crise sanitaire, ont évoqué mercredi la fin du passe vaccinal « d’ici à la fin mars » ou « début avril ».
Une nouvelle crise de type « gilets jaunes » tomberait particulièrement mal pour le pouvoir, avant une annonce officielle de candidature du président Macron attendue d’ici à la fin du mois.
Le chef de file des députés de la majorité présidentielle, Christophe Castaner, a dit sur la radio privée RTL entendre « la fatigue, l’usure » face à la durée de la pandémie mais dénoncé un « convoi des libertés bien mal nommé quand on cherche à bloquer Paris ou les Français ».
À l’extrême droite, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen estime que « les revendications sont parfaitement légitimes » et traduisent une « colère sociale très forte ». De son côté, le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) a « encouragé » ses militants qui le souhaitent à se joindre à ce mouvement.
Source : AFP


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