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Société - Grève

Des routes bloquées hier dans tout le Liban par des chauffeurs en colère

Le président du syndicat des transporteurs, Bassam Tleiss, a annoncé hier en soirée que le mouvement, qui aurait dû durer trois jours, serait gelé aujourd’hui.

Des routes bloquées hier dans tout le Liban par des chauffeurs en colère

Des camions bloquant une autoroute hier. Mohammad Azakir/Reuters

Des transporteurs routiers ont manifesté hier matin à travers le territoire afin de protester contre la détérioration de leurs conditions de vie et de travail, au vu de l’effondrement du pays et de l’absence de réformes dans ce secteur.

À Beyrouth, la circulation a été bloquée au niveau de l’avenue Béchara el-Khoury, à Hamra, en face du siège de la Banque du Liban, au croisement de Borj el-Ghazal et sur l’autoroute du quartier dit de la Quarantaine. Dans la banlieue sud de la capitale, le carrefour dit des « Kafaat » a été bloqué, tout comme celui de l’ambassade du Koweït. Dans le Kesrouan, des protestataires ont bloqué l’autoroute de Nahr el-Kalb dans les deux sens de la circulation, ce qui a provoqué des embouteillages monstres, cet axe reliant Beyrouth au nord du pays. À l’entrée nord et est de la capitale, l’autoroute de Dora ainsi que l’intersection de Mkallès ont été bloquées. À Saïda, des chauffeurs de taxi, de bus et de camion se sont rassemblés à l’entrée nord de la ville et ont garé leurs véhicules aux bords de la route sans bloquer la circulation, alors que l’armée était déployée sur les lieux. Des transporteurs routiers se sont également regroupés aux entrées des villes de Tyr et de Nabatiyé.

Ibrahim el-Boukhari, membre du syndicat des chauffeurs de taxi au Sud, a plaidé en faveur de meilleurs soutiens aux transporteurs routiers, déplorant le fait que les dépenses des chauffeurs sont en dollars pour réparer leurs véhicules alors qu’ils sont payés en livres libanaises.

À Tripoli, des chauffeurs ont bloqué, dès 5h, la route menant de la capitale du Nord à Beyrouth en face de l’hôtel Palma, rapporte notre correspondant Michel Hallak. La circulation a également été interrompue sur l’autoroute de Tripoli au niveau de la localité de Douar Salam et de l’autoroute du Koura. Le chef du syndicat général des chauffeurs du Nord, Chadi el-Sayyed, a relevé le fait que « tous les citoyens se trouvent dans la même situation » dans un pays en pleine crise. Des ouvriers du port de Tripoli (Nord) ont, en solidarité avec le secteur des transports, tenu un sit-in devant le siège de leur syndicat. Ils ont notamment dénoncé la suppression des subventions qui étaient accordées, jusqu’à il y a quelques mois, sur les produits de nécessité comme le carburant et les médicaments.

Recours à l’escalade

Présent à Dora, le président du syndicat des transporteurs routiers, Bassam Tleiss, a déclaré à l’occasion de cette mobilisation qu’il « espère parvenir aujourd’hui (hier) à un accord » avec les autorités, sans quoi les transporteurs « seront obligés d’avoir recours à l’escalade ». Il a toutefois souligné que cela « ne se fera pas au détriment des citoyens ». « Le Conseil des ministres doit se pencher sur tous les dossiers urgents et surtout approuver un soutien au secteur des transports, selon le mécanisme sur lequel nous nous étions entendus, qui prévoit notamment des exemptions de la taxe sur la mécanique et des frais d’inspection pour les taxis », a-t-il ajouté.

Au cours du Conseil des ministres hier, le sujet a été soulevé par Abbas Halabi, ministre de l’Éducation et ministre de l’Information p.i., qui a annoncé que le ministre des Transports Ali Hamiyé se chargera des pourparlers en vue d’une solution à cette affaire, prenant en compte les revendications des transporteurs mais aussi les finances de l’État.

M. Tleiss avait appelé à une grève générale les mercredi 2, jeudi 3 et vendredi 4 février afin de rappeler à l’ordre le gouvernement qui « ne respecte pas l’accord du 26 octobre 2021 » portant sur la réallocation d’un prêt de 295 millions de dollars de la Banque mondiale, approuvé en 2018, au bénéfice du secteur des transports publics. Le secteur du transport routier avait déjà observé le 13 janvier dernier une journée de grève pour faire pression sur le gouvernement, mais sans résultat. Hier soir, Bassam Tleiss a annoncé le gel du mouvement de grève aujourd’hui et le ministre Halabi a décrété la réouverture des écoles et universités, qui avaient été fermées mercredi en raison de la grève.

Des transporteurs routiers ont manifesté hier matin à travers le territoire afin de protester contre la détérioration de leurs conditions de vie et de travail, au vu de l’effondrement du pays et de l’absence de réformes dans ce secteur. À Beyrouth, la circulation a été bloquée au niveau de l’avenue Béchara el-Khoury, à Hamra, en face du siège de la Banque du Liban, au croisement de Borj el-Ghazal et sur l’autoroute du quartier dit de la Quarantaine. Dans la banlieue sud de la capitale, le carrefour dit des « Kafaat » a été bloqué, tout comme celui de l’ambassade du Koweït. Dans le Kesrouan, des protestataires ont bloqué l’autoroute de Nahr el-Kalb dans les deux sens de la circulation, ce qui a provoqué des embouteillages monstres, cet axe reliant Beyrouth au nord du pays. À l’entrée nord et...
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