C’est la baisse en glissement annuel de la vente de voitures neuves au Liban en 2021, selon l’Association des importateurs d’automobiles libanais (AIA). Le secteur a en effet vendu 4 702 véhicules en 2021, contre 6 152 l’année précédente. Des chiffres très faibles comparés à ceux des années précédentes : 21 991 en 2019 et 33 012 en 2018. À noter que c’est en 2018 que la crise économique que traverse le Liban a débuté, selon plusieurs analystes, dont la Banque mondiale, même si elle n’a été palpable pour une grande partie de la population qu’en 2019, lorsque la livre libanaise a commencé à se déprécier. La monnaie nationale a ainsi perdu plus de 90 % de sa valeur en deux ans, réduisant de manière dramatique le pouvoir d’achat de la population, dont 74 % vit sous le seuil de pauvreté selon l’Escwa.
À toutes ces raisons, l’AIA ajoute les restrictions bancaires sur les dépôts en devises, imposées de manière illégale par les banques depuis la fin de l’été 2019, qui ne permettent plus aux déposants d’avoir accès à leur argent et entravent donc la consommation des ménages, qui constituait 92,3 % du PIB entre 2015 et 2018, selon la BM. En parallèle, la crise a poussé les banques à diminuer sévèrement les crédits octroyés aussi bien aux consommateurs qu’aux entreprises. L’AIA a par exemple indiqué que les entreprises qu’elle représente n’arrivent plus à obtenir un financement de la part des banques pour importer de nouvelles voitures ou des pièces de rechange.

L’année 2021 a également été impactée par les restrictions sanitaires imposées pour contrer la pandémie de Covid-19, les autorités libanaises ayant décrété un confinement strict du 14 janvier au 8 mars, empêchant les commerces d’ouvrir leurs portes. C’est la raison pour laquelle il n’y a eu qu’une seule voiture vendue en février, d’une marque européenne selon l’AIA sans donner plus d’explication, soit une baisse de 99,89 % comparé à la même période en 2020 (897 voitures neuves vendues).
Néanmoins, la crise économique n’est pas la seule raison à la baisse des ventes de voitures neuves, dont la chute a en effet débuté depuis 2015. Cette année-là, le secteur avait vendu 39 361 voitures, un record depuis 2008, selon les plus anciennes données. Ceci constitue donc une baisse de 88 % en six ans.
Au vu de ces chiffres et de la situation, l’association a mis en garde contre une probable fermeture d’entreprises, entraînant le licenciement « d’un grand nombre d’employés et d’ouvriers », venant grossir les rangs des chômeurs au Liban, dont le taux a atteint 37,7 % entre mai et juillet 2021, selon les chiffres de la BM obtenus via une enquête téléphonique. Un taux presque égal à celui de décembre 2020, toujours selon la BM (près de 40 %).

