À 35 ans, Rafael Nadal devient le seul détenteur du record de Majeurs (21 sacres) chez les hommes. Martin Keep/AFP
L’Espagnol Rafael Nadal a remporté hier dimanche un historique 21e titre du grand chelem en battant le Russe Daniil Medvedev en finale de l’Open d’Australie de tennis, en 5h24 de jeu (2-6, 6-7 (5/7), 6-4, 6-4, 7-5). À 35 ans, Nadal devient le seul détenteur du record de Majeurs chez les hommes, avec désormais une longueur d’avance sur le Suisse Roger Federer et le Serbe Novak Djokovic (20 Majeurs chacun). Nadal devient aussi le second joueur de l’ère Open (depuis 1968), le 4e dans l’histoire, à avoir remporté au moins deux fois chacun des Majeurs. Un exploit réalisé par Djokovic l’an dernier, quand il a gagné Roland-Garros pour la seconde fois. Trois femmes ont fait mieux dans l’histoire du tennis : Margaret Court (24 Majeurs), Serena Williams (23) et Steffi Graf (22).
Cette finale à Melbourne entre Medvedev et Nadal était une revanche de celle remportée en cinq sets par l’Espagnol à l’US Open en 2019. C’était, à l’époque, la première fois que le Russe parvenait au match pour le titre dans un grand chelem et, malgré une résistance héroïque, il avait cédé et permis à Nadal de remporter son 19e Majeur.
Cette année, Medvedev pouvait se prévaloir de l’expérience de deux finales majeures supplémentaires jouées en 2021 : l’une perdue sur le court Rod Laver australien face à Djokovic et une gagnée sur le court Arthur-Ashe new-yorkais face au même Serbe. Et Nadal (5e mondial) a tout de suite pu sentir la différence : après trois premiers jeux serrés, le Russe a nettement pris le dessus dans la 1re manche. L’Espagnol a tout tenté : allonger les échanges, les écourter, monter au filet, jouer court, long... rien ne parvenait à déstabiliser Medvedev, qui a facilement remporté le 1er set. Dans la 2e manche, qui a duré 84 minutes à elle seule, le Russe a perdu de sa superbe au service et s’est retrouvé sous pression : Nadal a réussi deux fois le break, mais son adversaire est revenu (à 5-5). Les deux hommes en sont arrivés au tie-break, où Medvedev a conclu à sa première occasion. Pour rester dans le match, Nadal – qui se remet d’une blessure à un pied qui lui a coûté six mois de compétition l’an dernier et d’un Covid-19 très fatigant contracté en décembre 2021 – était condamné à l’exploit sur quasiment chaque point, comme cette amortie en début de 2e set qui lui a permis de remporter un point après 40 coups échangés. Or, avec Nadal, rien n’est impossible ! Dans le 3e set, il a sauvé trois balles de break pour revenir (à 3-3). Et c’est lui qui a pris le service de son adversaire pour mener (5-4) et servir pour le set. Il a conclu sur un coup droit rageur le long de la ligne. L’Espagnol a ensuite réussi le break décisif pour mener (3-2) sur sa 7e balle de break et il a égalisé à deux sets partout. Et le set décisif est devenu irrespirable. Ayant réussi le break pour mener (3-2), Nadal s’est fait rejoindre (à 5-5) alors qu’il servait pour le match et qu’il n’était qu’à 2 points de la victoire. Medvedev est donc revenu, mais il a de nouveau perdu son jeu de service et, cette fois, Nadal s’est offert trois balles de match et a conclu.
« Ce trophée restera à jamais dans mon cœur », a commenté le champion après le match. « C’est fou ! Il y a un mois et demi, je ne savais pas si je rejouerais. Et là, je soulève ce trophée », a lancé Nadal au public en retenant ses larmes. « C’est un des matches qui m’a procuré le plus d’émotions dans ma carrière et, le partager avec toi (Daniil Medvedev), c’est un honneur », a-t-il dit, en promettant au Russe qu’il soulèverait « sans aucun doute ce trophée plusieurs fois dans (sa) carrière ».
La veille, samedi, l’Australienne Ashleigh Barty (n° 1 mondiale) a enfin remporté « son » tournoi du grand chelem en battant en deux sets (6-3, 7-6 (7/2)) l’Américaine Danielle Collins (30e mondiale), pour devenir reine en son pays, elle qui règne depuis 2019 sur le monde du tennis. Ce match aura été le plus compliqué pour Barty, qui avait avalé les tours précédents en surclassant ses adversaires. « C’est un rêve qui se réalise, je suis si fière d’être australienne ! » a lancé la joueuse de 25 ans en soulevant le trophée remis par son idole Evonne Goolagong. « En tant qu’Australienne, le plus important dans ce tournoi, c’est de pouvoir partager avec autant de monde et vous, le public, vous avez été simplement exceptionnels », a ajouté Barty. Ainsi, poussée par la foule du court Rod Laver, elle a décroché son troisième titre majeur après Roland-Garros en 2019 et Wimbledon en 2021. Elle attendait ce titre dans son Majeur national depuis ses débuts sur le circuit en 2014. Le peuple australien, lui, en rêvait depuis 44 ans et le titre de Chris O’Neil en 1978. « C’est incroyable. Plusieurs fois nous nous en sommes approchés, mais de poser mes mains sur ce si beau trophée après un tournoi exceptionnel est simplement incroyable », a encore commenté l’Australienne qui, à son habitude, utilise le « nous » de préférence au « je » pour englober l’intégralité de son équipe, à commencer par son coach Craig Tyzzer. Elle participait à son 9e Open d’Australie, où elle avait atteint les demi-finales en 2020 et les quarts de finale en 2021. « Pour moi, l’important ce ne sont pas tant les trophées que les souvenirs, les souvenirs que l’on se forge sur le chemin » qui mène aux trophées, a-t-elle insisté.
Ashleigh Barty attendait le titre dans son Majeur national depuis ses débuts sur le circuit en 2014. William West/AFP
Djokovic reste n° 1
Sur sa route triomphale, Barty a vaincu quatre Américaines coup sur coup : Amanda Anisimova en 8es de finale, Jessica Pegula en quarts de finale, Madison Keys en demi-
finales et, donc, Danielle Collins en finale. Elle avait dominé les mêmes à Roland-Garros en 2019 : Pegula au 1er tour, Collins au 2e tour, Keys en quarts de finale et Anisimova en demi-finales. En outre, avec l’Américaine Serena Williams, Barty est devenue la seconde joueuse en activité à avoir remporté des Majeurs sur toutes les surfaces (dur, gazon et terre battue).
Dans les tournois du double, c’est les enfants terribles du tennis australien Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis qui ont été sacrés chez les messieurs, en battant en finale leurs compatriotes Matthew Ebden et Max Purcell (7-5, 6-4). Kyrgios et Kokkinakis ont notamment battu dans le tournoi les têtes de série n° 1 (Nikola Mektic/Mate Pavic) et n° 3 (Marcel Granollers/Horacio Zeballos). Chez les dames, les Tchèques Barbora Krejcikova et Katerina Siniakova ont ajouté un quatrième titre du grand chelem à leur palmarès commun. Finalistes l’an dernier à Melbourne, elles ont cette fois décroché le trophée en battant en finale la Kazakhe Anna Danilina associée à la Brésilienne Beatriz Haddad (6-7 (3/7), 6-4, 6-4). Depuis qu’elles ont commencé à jouer ensemble en 2016, Krejcikova et Siniakova ont déjà remporté Roland-Garros (2018 et 2021) ainsi que Wimbledon (2018). Krejcikova (4e mondiale en simple) a également remporté Roland-Garros en simple l’an dernier.
Par ailleurs, à l’issue de cette édition de l’Open d’Australie dont il a été expulsé avant même le début du tournoi, dont il détenait le titre, Novak Djokovic est certain de conserver sa place de n° 1 mondial aujourd’hui. Le classement établi par l’ATP roule sur un an. Or, l’Open d’Australie 2021 avait été décalé en février de l’an dernier, si bien que Djokovic conservera ses points jusqu’au 21 février prochain. Il entamera donc aujourd’hui sa 358e semaine record en tête du tennis mondial.
Source : AFP


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