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Économie - Classement

Corruption : pour Transparency International, le Liban ne cesse de s’enfoncer

Selon une étude réalisée par la Lebanese Transparency Association (LTA), ce sont les ministères des Affaires sociales, de la Santé ainsi que de l’Énergie et de l’Eau qui obtiennent les plus mauvaises notes en ce qui concerne l’application de la loi garantissant l’accès à l’information. 

Corruption : pour Transparency International, le Liban ne cesse de s’enfoncer

Julien Courson (g), directeur exécutif de la Lebanese Transparency Association (LTA), et Hazar Assi, responsable de la communication au sein de la LTA, lors de leur conférence hier au Club de la presse. Photo F.G.

Sans surprise, le Liban arrive toujours à faire pire en matière de corruption. Tel est le constat que dresse malheureusement la Lebanese Transparency Association (LTA), antenne libanaise de Transparency International (TI), une ONG qui se consacre à la lutte contre la corruption dans le monde et qui publie chaque année le classement mis à jour de son indice de perception de la corruption (CPI).

La dixième édition a été présentée mardi lors d’une conférence organisée au Club de la presse à Furn el-Chebbak. Avec un indice de 24 sur 100 pour l’année 2021, le Liban occupe désormais la 154e place parmi 180 pays retenus à cette occasion. Un résultat qui traduit une chute de 5 places par rapport au classement précédent. Le Liban campe ainsi à la plus basse position qu’il ait jamais occupée depuis le premier classement réalisé en 2012 (128e place et score de 30 sur 100 en 2012). À titre de comparaison, la moyenne mondiale du CPI en 2021 est de 43 sur 100, soit presque le double du score libanais. En 2020, le Liban occupait la 149e place parmi ces 180 pays, avec une note de 25 sur 100.

Le CPI évalue le degré de corruption dans chacun des 180 pays étudiés, qui sont notés de 0 (pour les pays jugés « extrêmement corrompus ») à 100 (pour les pays « extrêmement intègres »). L’indice tient notamment compte de la capacité des autorités à réduire la corruption et à appliquer les mécanismes qui y conviennent ; des poursuites judiciaires contre les responsables corrompus ; et du cadre légal mis en place dans la lutte contre la corruption et l’accès à l’information.

L’accès à l’information
Dans ce contexte, Julien Courson directeur exécutif de la LTA, indique que malgré l’adoption et l’amendement de plusieurs de ces lois au cours de ces deux dernières années, « le plus important reste de les appliquer ». « Or, les expériences précédentes en matière d’application de ces lois ne sont pas encourageantes », compte tenu de « l’absence de volonté politique de lutter contre cette corruption dans le secteur public », a-t-il ajouté. Résultat, le Liban fait partie des 27 pays qui ont enregistré leur pire note depuis le lancement de ce classement.

Par ailleurs, s’il a salué la récente adoption du Parlement du Code de la commande publique, indiquant que cela représente « une énorme amélioration pour la traçabilité des appels d’offres et des dépenses publiques », il a néanmoins ajouté qu’il faut encore compléter cette loi en adoptant d’autres mesures complémentaires : l’une des plus importantes étant la divulgation de la vraie identité des bénéficiaires économiques des sociétés qui participent aux appels d’offres publics.

En parallèle, Julien Courson a noté les faibles scores enregistrés par le Liban au niveau des secteurs de l’énergie, des affaires sociales et de la santé en matière de transparence, avant d’appeler les ministères concernés à diffuser « l’intégrité des documents qu’ils sont obligés de publier dans le cadre du second chapitre de la loi de l’accès à l’information ». Selon une étude réalisée par la LTA concernant l’engagement des ministères à respecter cette loi et à publier les données requises, les ministères des Affaires sociales (3 sur 12), de la Santé (3 sur 12) ainsi que de l’Énergie et de l’Eau (1 sur 12) ont obtenu les plus mauvais résultats.

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Il y a près de deux mois, Global Risk Profile, une société suisse spécialisée dans la gestion de risque, plaçait le Liban à une piètre 162e place sur 196 pays (perdant 8 places par rapport au précédent classement) et 13e sur 19 pays arabes retenus dans son classement de 2021, avec un score de 63,71 points sur 100. Contrairement au classement de Transparency International, plus le score est élevé, moins le constat est bon.

Danemark, Finlande et Nouvelle-Zélande
En ce qui concerne la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), Transparency International note que les pays de la région « peinent à obtenir des résultats tangibles dans leur lutte contre la corruption », alors que le score moyen stagne à 39 sur 100 pour la quatrième année consécutive. D’ailleurs, « aucun pays n’a enregistré d’amélioration significative de son indice de perception de la corruption au cours de la dernière décennie », ajoute l’ONG. Avec des scores de 69 sur 100 et de 63 sur 100 respectivement, ce sont les Émirats arabes unis (25e place) et le Qatar (31e place) qui se placent en tête des pays de la zone MENA, tandis que la Libye (17 sur 100), le Yémen (16 sur 100) et la Syrie (13 sur 100), tous des pays en conflits, sont les pires de la région en matière de corruption.

Au niveau mondial, le Danemark et la Nouvelle-Zélande, tous les deux en tête du classement de 2020, sont rejoints par la Finlande pour l’édition de 2021 et sont tous les trois premiers ex aequo avec un score de 88 sur 100. En bas de classement, la Somalie et la Syrie se retrouvent en avant-dernière place avec une note de 13 sur 100, juste devant le Soudan du Sud qui, lui, ferme la marche de cette nouvelle édition, obtenant la pire note de 11 sur 100.


Sans surprise, le Liban arrive toujours à faire pire en matière de corruption. Tel est le constat que dresse malheureusement la Lebanese Transparency Association (LTA), antenne libanaise de Transparency International (TI), une ONG qui se consacre à la lutte contre la corruption dans le monde et qui publie chaque année le classement mis à jour de son indice de perception de la corruption...

commentaires (3)

Heureusement qu’il y a des organisations integres qui montrent du doigt la corruption des voyous qui nous gouvernent.

Goraieb Nada

07 h 22, le 26 janvier 2022

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Commentaires (3)

  • Heureusement qu’il y a des organisations integres qui montrent du doigt la corruption des voyous qui nous gouvernent.

    Goraieb Nada

    07 h 22, le 26 janvier 2022

  • on a decouvert l eau chaude, tant que les salaires des fonctionnaires sont si bas la corruption continuera à grimper et il n y aura aucun risque de se stabiliser , rien n est gratuit au liban meme les services de l état sont payables en devise car la livre libanaise ne vaut plus rien je vous laisse imaginer le reste

    barada youssef

    23 h 56, le 25 janvier 2022

  • Attendez un an de plus et nous serons bons derniers ...

    Zeidan

    22 h 20, le 25 janvier 2022

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