Nasser al-Attiyah (Toyota) a remporté hier la 4e étape du Dakar, dans la catégorie auto, soit 464 km entre Qaisumah et Riyad, suite à une pénalité de 2 minutes infligée, après l’arrivée, à Yazeed al-Rajhi (Toyota). Toujours leader du classement général, Attiyah a ajouté 25 secondes à son avance sur Sébastien Loeb (Prodrive), 2e de cette étape devant Carlos Sainz, triple vainqueur de l’épreuve, qui avait gagné mardi la 3e étape dans son buggy Audi hybride. Loeb est toujours 2e du général, mais à 38 minutes de Attiyah. Le héros du jour, Rajhi, malgré sa pénalité, se hisse dans le trio de tête au général, à 49 minutes du leader qatari. Franck Fife/AFP
Le parquet national antiterroriste français a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour « tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste », après « l’explosion qui a touché le véhicule occupé par un équipage de cinq Français » sur le rallye-raid Dakar 2022 en Arabie saoudite. Les investigations sur cette explosion, survenue le 30 décembre dernier à Djeddah, qui a blessé « grièvement le conducteur de la voiture », sont confiées à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet dans un communiqué.
Les autorités saoudiennes, elles, ont écarté la piste d’un acte criminel pour expliquer ce qu’elles ont qualifié « d’accident ». De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a appelé ses ressortissants à la « vigilance maximale », ajoutant au contraire que « l’hypothèse d’un acte criminel » n’était « pas écartée » et rappelant que « la menace terroriste persiste en Arabie saoudite ». L’organisation de la course avait, elle, expliqué qu’un « acte malveillant » n’était pas exclu.
Depuis sa 1re édition en 1979, le Dakar – alors appelé Paris-Dakar – a dû maintes fois faire face à des menaces sécuritaires. De 1979 à 2007, le rallye-raid se disputait entre l’Europe et le nord de l’Afrique, avant de déménager en Amérique du Sud pour se prémunir de la menace terroriste ou de celle liée aux conflits armés dans le continent africain.
Deux personnes ont trouvé la mort dans ce contexte. En 1991, Charles Cabannes, pilote français d’un camion d’assistance Citroën, a été tué par balle au Mali, lors de la 9e étape entre Tilia et Gao. Sa mort semblait directement liée au conflit opposant l’armée malienne aux Touaregs, mais les auteurs du meurtre n’ont pas été identifiés. Les deux étapes suivantes jusqu’à Néma ont été neutralisées. En 1996, entre Foum el-Hassan et Smara (Maroc), Laurent Guéguen a été tué dans l’explosion d’une mine, posée par l’armée marocaine, qui a détruit son camion Mercedes lors de la traversée d’une zone disputée entre le Maroc et le Front Polisario. D’autres éditions ont connu elles aussi des menaces sécuritaires :
– 1992 : l’édition reliant Paris au Cap, en Afrique du Sud, est menacée par des rebelles tchadiens. Les organisateurs neutralisent la 7e étape (N’Guigmi-N’Djamena).
– 1993 : dernière édition où le rallye passe par l’Algérie, devenue trop dangereuse en raison des menaces islamistes.
– 1997 : après un accrochage entre des tribus touareg qui fait deux morts, les organisateurs modifient le parcours au Niger. La 6e étape, initialement prévue entre Gao et Tahoua, s’achève à Menaka et le rallye rejoint Agadez sans incident.
– 2000 : l’édition entre Dakar et Le Caire est menacée d’un attentat terroriste. Les organisateurs annulent quatre étapes et suspendent la course à Niamey, pendant cinq jours, pour mettre en place un pont aérien entre le Niger et la Libye.
– 2004 : deux étapes sont annulées au Mali. Les autos rallient Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) en convoi et les motards y sont acheminés par un pont aérien.
– 2007 : des menaces émanant du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, devenu el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), obligent les organisateurs à annuler deux étapes au Mali, entre Néma et Tombouctou, et à les remplacer par une insipide boucle autour de Néma.
– 2008 : la 30e édition, entre Lisbonne et Dakar, est annulée à la veille du départ, une première dans l’histoire du rallye, en raison de « menaces directes lancées contre la course par des mouvances terroristes ».
– Suite à l’intensification des menaces, notamment de la part d’AQMI, le gouvernement français a recommandé fermement à Amaury Sport Organisation (ASO) de ne pas faire passer le rallye en Mauritanie.
Source : AFP


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