Un patient atteint du coronavirus, soigné à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri, le 21 janvier 2021. Photo Reuters/Emilie Madi
Le président de la commission parlementaire de la Santé, Assem Araji, a affirmé, mardi, que près de 80% des lits d'hôpitaux dédiés au traitement du coronavirus étaient occupés, un chiffre qu'il a qualifié d'"inquiétant", dans un pays en grave crise socio-économique qui a poussé le secteur sanitaire vers le gouffre. Cette question a fait l'objet d'une réunion mardi entre le ministre de la Santé, Firas Abiad, et la commission.
A l'issue de cette réunion, M. Araji a déclaré que 913 lits d'hôpitaux, dont 369 en unités de soins intensifs, sont consacrés au traitement du coronavirus, 76% d'entre eux étant actuellement occupés, ce qui représente un taux "élevé et inquiétant". "Il faut renforcer les mesures de prévention, parce que cela permet de réduire les taux de contamination et d'hospitalisation", a déclaré le député, en incitant toute la population, y compris les personnes vaccinées contre le Covid-19, à prendre des mesures préventives.
M. Araji a appelé à renforcer l'état de préparation des hôpitaux, sachant que le secteur est frappé de plein fouet par la crise économique, et exprimé des craintes quant à une nouvelle flambée de la contamination à l'approche des fêtes de fin d'année, ce qui constituerait une réédition du scénario de 2020. "L'année dernière, les contaminations ont augmenté de 1.600 à 1.900 cas en moyenne. Nous ne voulons pas en arriver là, car nous n'avons pas les moyens d'affronter la pandémie", a indiqué le parlementaire.
"Nous avons demandé au ministre de la Santé, et à toutes les autorités concernées, à commencer par les ministères de l'Intérieur et du Tourisme, de renforcer l'application des mesures de prévention" durant la période de fêtes, a-t-il dit. Se félicitant du nombre de personnes vaccinées qui, selon lui, a atteint les 150.000 rien que la semaine dernière, M. Araji a estimé qu'il n'y a "aucun prétexte pour ne pas se faire vacciner".
Seize cas d'Omicron suspectés
Selon le dernier bilan publié lundi par le ministère de la Santé, 615 patients sont actuellement hospitalisés, dont 278 en soins intensifs. 1.474 nouveaux cas de contamination et 13 nouveaux décès ont également été enregistrés ces dernières 24 heures. Apparue en février 2020 au Liban, la pandémie a déjà causé 692.315 contaminations, dont 643.862 personnes guéries et 8.873 décédées. Le taux de positivité par rapport au nombre de tests de dépistage effectués s'élève, lui, à 11,1%.
"Les cas augmentent au Liban, de même que le nombre des admissions dans les hôpitaux. Dans les pays voisins, nous observons également une augmentation de cas. A titre d'exemple, en Jordanie, plus de 5.000 cas ont été enregistrés aujourd'hui", a mis en garde le ministre libanais de la Santé après une réunion du comité ministériel chargé du suivi des mesures de prévention du coronavirus. M. Abiad s'est également dit inquiet pour les hôpitaux libanais. "La capacité des hôpitaux a atteint 95% au Akkar et 90% à Nabatiyé. La moyenne dans tout le Liban, est elle de 75%", a-t-il noté.
Le ministre a révélé qu'actuellement, "huit cas confirmés sont arrivés au Liban, et il y a plus 16 cas d'Omicron suspectés". "Certains sont arrivés d'Afrique, d'autres de Grande-Bretagne, d'Espagne, de Turquie, des Etats-Unis et des Emirats arabes unis", a-t-il détaillé. Samedi, le ministère de la Santé avait confirmé que deux patients suspectés d'avoir contracté le variant Omicron du coronavirus souffraient bien de cette mutation, au moment où sa propagation inquiète les professionnels de santé partout dans le monde.
Côté vaccination, la campagne entamée en février dernier semble s'accélérer, après une longue période de surplace. Selon le bilan du ministère de la Santé, 40,5 % de la population éligible (de plus de 12 ans) a reçu une première dose de vaccin et 34,4 % les deux doses requises pour avoir l'immunité la plus complète avec les produits Pfizer, AstraZeneca, Spoutnik-V ou Sinopharm . L'administration d'une 3e dose de vaccin a également débuté en octobre dernier, afin de stimuler l'immunité des personnes à risque.


