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Lifestyle - Mode

Sous le label libanais « Ta Gueule », des vêtements qui l’ouvrent grand

Sous le label libanais « Ta Gueule », des vêtements qui l’ouvrent grand

Modèle de la collection Ta Gueule, Before Common Era. Photo DR

Ce n’était pas une passade. La marque de streetwear créée par Toni Sawaya l’année de la thaoura ne s’est pas arrêtée avec l’essoufflement des manifestations. Et plus que jamais, son label provocateur Ta Gueule ne signifie pas « Tais-toi ». Une nouvelle collection intitulée Before Common Era (avant notre ère) arrive à point nommé pour chahuter les lieux communs, au propre comme au figuré. « Ta Gueule est une marque de streetwear socialement engagée, créée pour inspirer une société active qui va toujours de l’avant », précise le créateur qui a mis à profit sa formation en branding pour détourner les expressions figées en les sortant de leur contexte. Toni Sawaya croit fermement que l’expression de soi est un acte de volonté et de résilience sans compromis, sachant que l’environnement y fera toujours obstacle. Lui défend passionnément l’amour et l’acceptation de soi au-delà de l’amour-propre.

Modèle de la collection Ta Gueule, Before Common Era. Photo DR

« Car c’est en vous-mêmes que vous trouverez un chez-soi, un endroit sûr où se loger », affirme-t-il. « Chaque vêtement raconte des histoires inédites et donne la parole à une génération dynamique », commente Sawaya, parlant de sa nouvelle collection. L’ère commune se définit selon lui comme l’ère des gens ordinaires. « C’est l’ère où les religions, la politique et les structures sociales remplissent leur objectif principal en unifiant les communautés et en faisant du monde un endroit meilleur et plus sûr pour tous », rêve le créateur. « Cependant, au lieu de trouver l’harmonie et la paix, nous vivons une collision entre ces trois éléments, ce qui nous maintient dans une «ère d’avant le commun». » Cette interaction entre la religion, la politique et les structures sociales a fait de l’ère commune, toujours selon Sawaya, une promesse non réalisée. « Notre société vit aujourd’hui les conséquences d’un conflit qu’elle n’a pas déclenché », ajoute-t-il, persuadé qu’attendre le surgissement d’une quelconque unité équivaudrait à attendre Godot ».


Modèle de la collection Ta Gueule, Before Common Era. Photo DR

« Cette collection de Ta Gueule, intitulée Before Common Era, place l’art du streetwear au cœur d’un éveil social », explique Toni Sawaya, qui ajoute : « Ces pièces sont un acte d’accusation contre l’état dans lequel nous vivons. Un reflet de la colère, de la peur, de la honte, de la complaisance, de l’ignorance et de l’espoir dans cette étape de l’avant. » Il explique que « Ta Gueule croit que la conscience sociale n’est pas seulement un état d’esprit, mais une série de décisions que nous prenons et qui reflètent notre état d’esprit, de ce que nous disons à ce que nous portons. Cette collection est une collaboration entre peintres, calligraphes, rédacteurs et artistes numériques utilisant leurs talents comme un acte d’autoréflexion. Parce que le changement commence de l’intérieur ».


Modèle de la collection Ta Gueule, Before Common Era. Photo DR

Ces manifestes en série sont exprimés à travers des maximes tantôt imprimées en caractères minimalistes au dos d’un sweat-shirt (« Ce vêtement vous donne un espace pour exprimer vos opinions tout en vous amusant »). Un tee-shirt reproduit une photo de la banque centrale libanaise devant laquelle flotte une banderole qui dit « Rendez-nous ce qui n’est pas à vous ». La photo est soulignée d’une brève légende : « Saint Antoine de Padoue ». Sur un autre modèle, clin d’œil aux Amants de Magritte, un personnage à la tête entourée de bandelettes et ce mot en rouge sur l’une d’elles : « La honte ». Une jeune femme, regard de braise, arbore un hoodie noir sur lequel est inscrit en blanc « Que la lumière soit ». Parfois, c’est tout simplement la rue qui dicte ses lois, et les lois sont naturellement établies pour la désobéissance.

Alors, poser devant une immense « défense d’afficher », c’est déjà s’afficher. Et qu’est-ce qu’elle a, ma gueule ?

Ce n’était pas une passade. La marque de streetwear créée par Toni Sawaya l’année de la thaoura ne s’est pas arrêtée avec l’essoufflement des manifestations. Et plus que jamais, son label provocateur Ta Gueule ne signifie pas « Tais-toi ». Une nouvelle collection intitulée Before Common Era (avant notre ère) arrive à point nommé pour chahuter les lieux communs, au propre comme au figuré. « Ta Gueule est une marque de streetwear socialement engagée, créée pour inspirer une société active qui va toujours de l’avant », précise le créateur qui a mis à profit sa formation en branding pour détourner les expressions figées en les sortant de leur contexte. Toni Sawaya croit fermement que l’expression de soi est un acte de volonté et de résilience sans compromis, sachant que...
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