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Sport - Football

Le 7e Ballon d’or de Messi fait grincer des dents

Alexia Putellas troisième Ballon d’or féminin de l’histoire, après Ada Hegerberg (2018) et Megan Rapinoe (2019).

Le 7e Ballon d’or de Messi fait grincer des dents

Le photomontage ci-dessus montre Lionel Messi brandissant ses sept Ballons d’or lors de leur réception au fil des années, ainsi que le trophée exposé au théâtre du Châtelet à Paris lundi soir lors de la cérémonie de remise des prix.Photo AFP

Le septième Ballon d’or de Lionel Messi n’est pas célébré universellement : en Allemagne, qui croyait dur comme fer à une victoire de Robert Lewandowski, la déception est immense, mais ailleurs aussi, le palmarès dévoilé lundi soir laissant parfois un goût amer.

« Choix scandaleux ! » a titré hier le quotidien allemand Bild, jamais à court d’une outrance : « Depuis des années la star du Bayern est performante, accumule les buts et les titres (...), mais ça ne suffit visiblement pas. » Bien que polonais, Lewandowski a été définitivement adopté par l’Allemagne, où il joue depuis 2010 et son arrivée à Dortmund, à l’âge de 21 ans. Désigné meilleur joueur FIFA (Fédération internationale de football association) en 2020, après avoir été meilleur buteur de la Ligue des champions (C1), il n’avait pas gagné le Ballon d’or cette année-là, le concours ayant été annulé en raison de la pandémie de Covid-19. Mais la saison dernière, il a inscrit 41 buts en Bundesliga, battant le record mythique de Gerd Müller (40 buts en 1971-1972). Cet exploit, qui a enflammé l’Allemagne, n’a toutefois pas eu le même écho à l’étranger, où la Copa America de Messi avec l’Argentine a évidemment beaucoup plus marqué les esprits.

Dans la soirée de lundi, d’anciennes ou d’actuelles gloires du football ont réagi à chaud, sur les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision. « Honnêtement, je n’y comprends plus rien », a lâché l’Allemand Lothar Matthäus. « Avec tout le respect que je dois à Messi et aux autres grands joueurs nommés, aucun ne l’avait autant mérité que Lewandowski. Certes, Messi a gagné la Copa America avec l’Argentine, mais à Paris il est transparent », a ajouté le Ballon d’or 1990. Même sans soutenir Lewandowski, d’autres ont tiqué devant leur télévision : « Il m’est à chaque fois plus difficile de croire en ces récompenses dans le football », a ainsi dit Iker Casillas, le légendaire gardien espagnol désormais retraité. « Pour moi, Messi est l’un des cinq meilleurs joueurs de toute l’histoire, mais il faudrait commencer à savoir distinguer ceux qui ont été les meilleurs à l’issue d’une saison. Ce n’est pourtant pas difficile, punaise ! » a conclu le portier. Même scepticisme pour Toni Kroos, du Real Madrid, qui soutenait son partenaire de club Karim Benzema, finalement quatrième au classement : « Pourquoi Benzema n’a-t-il pas gagné le Ballon d’or ? Dans une élection, ce qui importe, c’est surtout la première place. Et Leo (Messi) ne la mérite pas. Il n’y a pas de doute qu’avec Cristiano (Ronaldo), il a été le joueur de la dernière décennie, mais cette année, d’autres auraient dû passer devant lui. »


Alexia Putellas succède au palmarès du Ballon d’or féminin à Ada Hegerberg (2018) et Megan Rapinoe (2019). Franck Fife/AFP

Mauvaise blague

La presse spécialisée elle-même émet désormais des doutes sur la philosophie du prestigieux concours de son confrère France Football : « Ce prix est devenu une farce », s’exclamait lundi la Gazzetta dello Sport, en Italie, avant même de connaître le verdict : « Le moment est venu de réévaluer la valeur de cette reconnaissance qui semble devenir toujours plus un prix récompensant la carrière plutôt que la saison en cours. Et elle ne tient pas compte de la fantastique année 2020 du Polonais Lewandowski. Quelle mauvaise blague pour Robert, la deuxième place n’est qu’une inutile compensation. »

Messi lui-même a rendu un hommage appuyé à son malheureux dauphin : « C’est un honneur d’être ici avec toi, tu as battu des records et tu mérites aussi de gagner le Ballon d’or », lui a-t-il lancé pendant la cérémonie. « Tout le monde est d’accord que l’an dernier, ça aurait dû être toi le vainqueur. Ça n’a pas été possible à cause de la pandémie, mais je crois que tu mériterais qu’on te donne ce trophée, pour que tu l’aies chez toi, à la maison », a poursuivi le joueur du Paris Saint-Germain. Au sommet de sa forme à 33 ans, Lewandowski ne rêve sans doute pas d’autre chose. « Je sais qu’avec mon corps, je peux encore jouer des années au plus haut niveau », a-t-il assuré, comme pour signifier qu’il n’a pas encore renoncé à décrocher le Graal.

Dans les autres distinctions distribuées lundi soir, le FC Barcelone, qui a vu partir Messi à Paris cet été, a toujours un trophée dans ses rangs puisque sa capitaine Alexia Putellas a soulevé le troisième Ballon d’or féminin de l’histoire, et Pedri a remporté le trophée Kopa de meilleur jeune (joueurs de moins de 21 ans). Putellas succède au palmarès à Ada Hegerberg (2018) et Megan Rapinoe (2019). Enfin, Gianluigi Donnarumma, gardien de l’Italie championne d’Europe et du Paris Saint-Germain, a remporté le trophée Yachine de meilleur portier.

Un huitième sacre ?

Gala maussade en revanche pour Cristiano Ronaldo, seulement sixième de l’édition 2021, qui a boudé la cérémonie présentée par Didier Drogba et Sandy Heribert et maugréé sur son compte Instagram, écrivant tout de même : « J’envoie toujours mes félicitations à ceux qui gagnent. » Avec cinq trophées, le Portugais prend du retard dans sa compétition avec Messi et les années filent, rendant de moins en moins probable que l’Argentin soit rattrapé. Et ce dernier imagine déjà la quête d’un 8e Ballon d’or. « Je n’avais pas pensé au sixième, au septième, au huitième... J’ai très envie de commencer cette étape dans ma vie au PSG et d’atteindre de nouveaux objectifs », a conclu le maître absolu du football mondial.

Source : AFP

Le septième Ballon d’or de Lionel Messi n’est pas célébré universellement : en Allemagne, qui croyait dur comme fer à une victoire de Robert Lewandowski, la déception est immense, mais ailleurs aussi, le palmarès dévoilé lundi soir laissant parfois un goût amer.« Choix scandaleux ! » a titré hier le quotidien allemand Bild, jamais à court d’une outrance :...

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