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Lifestyle - La Mode

« Trois Libanaises » exportent leur talent à Paris, le temps d’un pop-up

Loulwa Abdel Baki crée, sous sa marque « Kalabsha », une mode attachée à l’esthétique et aux traditions héritées de l’Empire ottoman. Salma Mousfi Foltete dessine, sous le logo « Plumes d’ange », des bijoux et accessoires tout pleins de poésie. Nadine Tawil Abou, céramiste, reproduit dans la glaise les formes de ses rêves et souvenirs de voyage. « Trois Libanaises à Paris » joignent leurs talents pour présenter leurs œuvres et ouvrages au public parisien à l’occasion d’une vente de trois jours.

« Trois Libanaises » exportent leur talent à Paris, le temps d’un pop-up

Une céramique de Nadine Tawil Abou. Photo DR

Loulwa Abdel Baki, c’est avant tout, pour ceux qui ont vécu la fin bancale de la guerre libanaise, le premier défilé de mode dans les ruines de l’hôtel Saint-Georges. Le lieu était emblématique, la collection tout autant et l’événement donnait un avant-goût de la paix. Il y avait un besoin de retour aux sources, un souci de recoller les morceaux d’une identité dispersée, « faire nation » à défaut d’une franche réconciliation. On était en novembre 1990 et les créations de Loulwa, sous le label Kalabsha, réveillaient, entre robes de soirée orientalisées et abayas à la hauteur des souvenirs les plus glamour de Baalbeck, l’envie de vivre et même de reprendre la vie là où elle s’était arrêtée, au seuil du 13 avril 1975. Depuis, et notamment tout au long des années 1990, pas un événement élégant, à Beyrouth ou ailleurs, où l’on ne croisât une belle Libanaise drapée dans ces somptueuses créations surgies d’une époque que l’on croyait révolue et qui se trouvaient miraculeusement à l’aise dans une décennie retenue comme l’une des moins mémorables de l’histoire de la mode.


Une création « Kalabsha ». Photo DR

« Tout a brûlé »

À la veille de présenter sa nouvelle collection à Paris, dans le cadre d’un pop-up qu’elle partage avec Plumes d’ange et Nadine Tawil Abou, Loulwa Abdel Baki imagine une conversation matinale avec une amie : « Nous aurions parlé de notre pays qui saigne, des voleurs qui ont tout avalé et de leur avidité infinie, des gens qui n’espèrent plus en l’avenir, de la pauvreté, de la faim et surtout de l’explosion effroyable et insoutenable du 4 août qui restera en nous à jamais ! Un mois après la double explosion, un samedi, à 3h du matin, un incendie a ravagé Kalabsha. Tout a brûlé ! Tissus, vêtements, machines, etc. Sauf... mes patrons qui étaient dans une armoire en fer. Mes patrons, mes coupes travaillées avec amour pendant trente ans ont été épargnés. C’est la seule chose qui m’a poussée à reconstruire de zéro. Il nous a fallu un mois pour tout rénover et se remettre debout. La pandémie nous a ensuite obligés à une nouvelle fermeture de près de deux mois pendant lesquels la livre libanaise a entamé sa chute. Kalabsha était déjà sapée. L’absence d’électricité en août 2021 l’a aplatie. Je ris. Parce que c’est peut-être notre karma qui nous impose de trouver des solutions à tout. Nous passons notre temps à chercher des issues pour nous en sortir. Aujourd’hui, pour la première fois, j’envisage d’exporter ma marque. Je n’avais jamais senti le besoin de le faire auparavant. J’étais dans mon cocon, dans ma tour. Je créais, je produisais et je vendais sur place. Mais maintenant tout a changé. Je me transporte à Paris pour tâter le terrain. Si les gens aiment mes vêtements, ce sera très bien. Sinon, j’essaierai encore une fois de trouver une nouvelle solution ! »


Cabas « Plumes d’ange ». Photo DR

Du cabas à l’écharpe

Pour Salma Mousfi Foltete, la situation est nettement plus simple. Sa marque, Plumes d’ange, est française, née à Paris « à partir d’une réflexion intime et personnelle ». « Notre marque, explique-t-elle, répond aux attentes de toute personne qui privilégie le choix de matériaux nobles et se soucie de fabrication éthique. Le lin est à l’honneur à travers une ligne créée pour la maison. Il s’étend aussi aux accessoires de mode. Sets de table, tabliers de cuisine, grands cabas de courses et même des écharpes sont fabriqués à la main en Lituanie, par une manufacture familiale. Les designs et motifs sont dessinés dans notre atelier à Paris », précise l’entrepreneuse, qui ajoute que les bijoux de la marque sont fabriqués et assemblés dans son atelier parisien. « Rendre votre intérieur plus accueillant et agréable et continuer à créer de beaux objets est un de nos souhaits », commente-t-elle.


Une céramique de Nadine Tawil Abou. Photo DR

Ses mains, la glaise et l’envie de transmettre

Passionnée de céramique depuis l’enfance, Nadine Tawil Abou ne se pose pas de questions existentielles, dès lors que ses mains l’accompagnent partout où elle atterrit et que se trouve une motte de glaise pour lui permettre de poursuivre son œuvre. La céramiste qui a ouvert des années durant les portes de son atelier beyrouthin à qui voulait apprendre son art, adulte ou enfant, tente, elle aussi, sa chance à Paris. Et celle-ci semble lui sourire, puisqu’elle a trouvé un local non loin de son domicile où elle entend poursuivre son parcours. Elle y exposera bientôt ses créations, tout en gardant la porte ouverte aux apprentis de tout âge désireux de s’initier aux arcanes de son beau métier.

On peut les retrouver toutes les trois, les 10, 11 et 12 décembre, au 10 rue d’Austerlitz à Paris, dans le 12e arrondissement, de 11h à 19h.

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