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Société - Éclairage

À l’approche des législatives, le scrutin révélateur de l’USJ

Si les groupes indépendants antisystème, dont le plus large est le club laïc et sa liste Taleb, ont revendiqué la victoire avec 118 des 187 sièges à pourvoir, les Forces libanaises ont réalisé une percée significative passant de 24 à 49 sièges.


À l’approche des législatives, le scrutin révélateur de l’USJ

La liste Taleb du club laïc qui s’était présentée aux élections à la faculté de droit à l’USJ. Photo prise du compte Instagram de Taleb

À quelques mois des élections législatives, et après la LAU et l’AUB, c’était au tour des étudiants de l’USJ vendredi dernier de déposer un bulletin électronique afin de choisir leurs représentants. Initialement prévu pour le 15 octobre, le scrutin avait été repoussé suite aux événements du 14 octobre à Tayouné, quand des affrontements miliciens ont opposé des partisans du tandem chiite Hezbollah-Amal à des éléments présumés proches des Forces libanaises (FL) chrétiennes. L’administration craignait en effet des dérapages émanant de la polarisation politique aiguë qui a suivi ces combats ayant fait sept morts et une trentaine de blessés. Et polarisation il y a eu. Car si les groupes indépendants antisystème, dont le plus large est le club laïc et sa liste Taleb, ont revendiqué la victoire avec 118 des 187 sièges à pourvoir (contre 101 sièges remportés l’année dernière), les Forces libanaises ont réalisé une percée significative, passant de 24 à 49 sièges et se réappropriant le campus de la rue Huvelin. Ce dernier, abritant entre autres les facultés des sciences politiques, de droit et de gestion, revêt une valeur symbolique importante. Les FL y ont emporté la faculté de droit par un seul vote d’écart.

Les FL doublent leur score
« Huvelin, c’est la mère des batailles », affirme Tony Badr, responsable du secteur de la jeunesse des Forces libanaises. Si le parti de Samir Geagea accorde autant d’importance à ce campus, c’est d’abord parce qu’il est associé à Bachir Gemayel, fondateur de la formation et figure chérie par la rue chrétienne, qui y a fait ses études. Ensuite, le campus est perçu comme étant plus « politique » que d’autres, à en croire Tony Badr. « Dans certaines facultés plus ou moins petites, les élections sont plus un phénomène étudiant ou social, où les gens votent pour leurs connaissances et leurs amis. Dans les facultés de Huvelin, la bataille électorale est plus politique et idéologique », explique-t-il. Toutefois, pour les FL, la percée qu’ils ont enregistrée n’est pas liée aux événements de Tayouné. « Nos bons résultats ne sont pas liés à la tentative d’invasion de Aïn el-Remmané. Preuve en est, nous avons également réalisé de très bons scores à la LAU, et cela avant le 14 octobre. Les FL ne capitalisent pas sur la violence, et nous sommes toujours chagrinés par la mort de nos concitoyens », affirme Tony Badr. Lors des affrontements de Tayouné, deux civils et cinq combattants du tandem chiite ont été tués.

« La thaoura s’inscrit dans la durée »
Mais du côté des indépendants antisystème, on balaie d’un revers de main cette version. « La campagne des FL à l’USJ capitalisait particulièrement sur le repli confessionnel. Le parti se positionnait comme seul rempart face au Hezbollah suite à ce qui s’est passé le 14 octobre », estime Rola Hadi, élue présidente de l’École supérieure d’ingénieurs de Beyrouth (ESIB) en tant que candidate du mouvement ESIB Solidaire. Au total, Taleb et les autres mouvements indépendants revendiquent la présidence de 13 facultés, contre 12 l’année dernière. Les indépendants antisystème ont donc réalisé une percée remarquable, même de l’aveu de ceux qui contestent les résultats. Mais au-delà des chiffres, les indépendants se félicitent surtout d’avoir réussi à consolider leur position à l’université. « L’année dernière, on nous avait dit que notre victoire n’était qu’une vague qui allait passer. Aujourd’hui, nous avons prouvé que non, nous sommes un poids politique lourd à l’USJ et dans toutes les universités. La thaoura s’inscrit dans la durée ! » s’enthousiasme Rola Hadi. À l’AUB, les indépendants avaient également réalisé une victoire écrasante le 14 octobre dernier. Du côté de la LAU, le paysage était plus effrité, mais les indépendants s’étaient également positionnés comme un bloc de taille aux côtés des FL et du mouvement Amal (de Nabih Berry). Mais dans ces trois universités, des partis lourds, comme le courant du Futur (de Saad Hariri) ou le Hezbollah, n’ont pas participé aux scrutins. Résultat, la victoire des indépendants avait été perçue, par certaines formations traditionnelles, comme étant illégitime. Mais pour Mohammad Mansour, responsable des Kataëb à l’USJ, le boycott des élections est un indicateur de la fragilité de ces formations. « Les partis traditionnels qui ont boudé les scrutins l’ont fait parce qu’ils ont peur d’être humiliés par les résultats. Ils veulent donc délégitimer la victoire des forces du changement », suppute-t-il.

Les Kataëb pris en sandwich
À mi-chemin entre les FL – la formation rivale sur la scène chrétienne mais avec qui ils partagent un discours radicalement opposé au Hezbollah – et les partis de la contestation populaire qu’ils rejoignent dans leur opposition au système et à la classe politique, les Kataëb (de Samy Gemayel) se sont retrouvés en troisième position, revendiquant la présidence de 2 facultés ainsi que 15 sièges, ce que d’autres groupes, comme Taleb, contestent. Malgré leurs résultats qu’ils jugent satisfaisants, en progrès de 5 sièges par rapport à 2019, le positionnement hybride des Kataëb les a pris en sandwich entre deux grandes tendances. « Nous n’avons pas eu recours à la rhétorique de repli confessionnel qui a profité aux FL après le 14 octobre », témoigne Mohammad Mansour, qui affirme que son parti transcende les barrières confessionnelles et milite pour un Liban souverain, dans une critique aux armes du Hezbollah et aux ingérences iraniennes dans le pays. « Aujourd’hui, et d’après les chiffres, nous sommes le porte-étendard de la cause souverainiste », rétorque le responsable FL, qui dit tendre la main à toutes les formations antisystème, tout en qualifiant les ambitions de ces dernières de changer le système politique d’« utopiques ». Les Kataëb, qui se sont alliés, de l’autre côté de l’échiquier, avec certains indépendants, ne sont pas parvenus à se mettre d’accord avec les formations d’opposition, dont certaines considèrent que le parti est enraciné dans le système politique. « Regardez les élections à l’ordre des ingénieurs et des architectes. Nous avons tous fait front commun, et les Kataëb ont apporté beaucoup de savoir-faire et d’expérience qui nous ont permis de gagner », estime Mohammad Mansour, qui appelle à la mise sur pied d’une grande coalition des partis du changement, en cas d’accord sur les principes souverainistes. En juillet dernier, la coalition baptisée L’Ordre se révolte, regroupant une liste hétérogène de partis politiques, allant du Parti communiste libanais aux Kataëb, en passant par Citoyens et citoyennes dans un État, le Bloc national et Beyrouth madinati, avait en effet réussi à faire élire tous ses 14 candidats lors du second tour des élections de l’ordre des ingénieurs et des architectes.

Pour mémoire

Unifier l’opposition : la course contre la montre commence

À l’approche des législatives, prévues en principe en mars 2022, l’enjeu du scrutin dépasse l’enceinte de l’USJ. Le débat a conduit à des échanges acerbes entre le think tank Kulluna Irada et la plateforme Nahoua el-Watan suite à l’échec de la fusion entre ces deux groupes en vue des législatives. En effet, le premier était partisan d’une alliance entre les partis proche du mouvement de contestation et les enfants repentis du système comme les Kataëb ou le député Michel Moawad, contrairement à Nahoua el-Watan. Reste que si le scrutin universitaire reflète les dynamiques politiques libanaises, ses conclusions sont à prendre avec des pincettes. « L’USJ représente une division socio-économique et démographique particulière et non pas tout le pays, mais les résultats peuvent quand même donner un avant-goût de l’échéance électorale prévue au printemps à l’échelle national », illustre Rola Hadi.

À quelques mois des élections législatives, et après la LAU et l’AUB, c’était au tour des étudiants de l’USJ vendredi dernier de déposer un bulletin électronique afin de choisir leurs représentants. Initialement prévu pour le 15 octobre, le scrutin avait été repoussé suite aux événements du 14 octobre à Tayouné, quand des affrontements miliciens ont opposé des partisans du...
commentaires (5)

j'insiste et je signe ( qui suis je pour insister ? ), une occasion inesperee se presente aux laics & allies ainsi qu'a ttes autres forces SERIEUSEMENT patriotes vs la revolution d'oct 019, mais aussi aux 2 partis pro LIBAN, FL & Kataeb -les uns ayant besoin des autres- s'allier HONNETEMENT afin de minimiser les chances des aounistes pro hezb - essentiellement- et augmenter la chance de faire elire un bien plus grand nombre parmi eux tous. EST CE QUE ces 2 groupes sont desireux & capables d'y parvenir ou est ce que le DNA libanais l'emporterait, qui veut que le MOI en est l'ideologie principale ?

Gaby SIOUFI

10 h 29, le 10 novembre 2021

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Commentaires (5)

  • j'insiste et je signe ( qui suis je pour insister ? ), une occasion inesperee se presente aux laics & allies ainsi qu'a ttes autres forces SERIEUSEMENT patriotes vs la revolution d'oct 019, mais aussi aux 2 partis pro LIBAN, FL & Kataeb -les uns ayant besoin des autres- s'allier HONNETEMENT afin de minimiser les chances des aounistes pro hezb - essentiellement- et augmenter la chance de faire elire un bien plus grand nombre parmi eux tous. EST CE QUE ces 2 groupes sont desireux & capables d'y parvenir ou est ce que le DNA libanais l'emporterait, qui veut que le MOI en est l'ideologie principale ?

    Gaby SIOUFI

    10 h 29, le 10 novembre 2021

  • CEUX QUI REPOSENT LEUR ESPOIR DE FINIR AVEC LA TRINITE DIABOLIQUE DU MAL SUR LES LEGISLATIVES SERONT DESILLUSIONNES UNE FOIS LES ELECTIONS FINIES ET LES PRETENDUS MOUMANA3ISTES ET LES TRAITRES CHRETIENS LEURS COMPLICES SORTIS DEFAITS DE LES VOIR METTRE EN DOUTE LE DEROULEMENT HONNETE DES ELECTIONS, DEMANDER LEUR ANNULATION ET DECLARER LEUR NON PARTICIPATION A AUCUN GOUVERNEMENT. LA CRISE D,AUJOURD,HUI ET DE TANT DE FOIS AVANT SE REPETERA. CA S,IL Y AURA DES ELECTIONS. LES COMPLICES CHRETIENS ET MEMBRES DE LA TRINITE DIABOLIQUE DU MAL TRAVAILLENT AVEC TOUTES LEURS FORCES POUR LES ANNULER.

    LA LIBRE EXPRESSION

    21 h 03, le 09 novembre 2021

  • voyez utile surtout que tous les libanais ne connaissent pas les subtilités de vos différences, le plus important, c'est de rejoindre ts ceux qui privilégient l'intérêt national, à l'intérêt personnel .... et que toutes les fonctions régaliennes soient aux mains de l'état. JUstice, décision de guerre ou de paix, la sécurité intérieure et extérieure et L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE du Clergé au plus simple citoyen (l'affaire Labaki)

    Élie Aoun

    18 h 30, le 09 novembre 2021

  • votez utile à ts ceux qui st anti système, ne vs trompez pas d'ennemis, votez pour la souveraineté et la justice

    Élie Aoun

    18 h 14, le 09 novembre 2021

  • Bon, que tous ces jeunes se donnent la main maintenant pour faire front uni contre les vendus et les corrompus, pas besoin de les citer, ils se reconnaîtront.

    Christine KHALIL

    17 h 53, le 09 novembre 2021

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